La réalisation d'un film est un véritable
événement. Très motivant, il met en cause
de nombreuses compétences disciplinaires, instrumentales
et méthodologiques.
Cependant, mettre en oeuvre un projet de vidéo numérique
à l'école fait appel à des contraintes
matérielles plus développées que pour
l'image numérique.
En effet, la création d'un film se fait en plusieurs
phases :
- la prise de vue (une fois le synopsis
écrit) fait intervenir la qualité du camescope
et ses différentes options.
- l'acquisition sur l'ordinateur demandera
une carte d'acquisition et un ordinateur performants en terme
de rapidité et de place sur le disque dur.
- le montage nécessite un logiciel
spécifique.
- la gravure nécessite également
un logiciel et la connaissance des formats d'exportation selon
le produit souhaité (et son mode de lecture).
La prise de vue : quelques conseils
1. Le public visé
Posez-vous sans cesse la question : «
Qui sera intéressé par ce que je filme
? » Si la réponse est : « Personne
à part moi. » Alors éteignez votre
caméra ou bien ne projetez pas vos créations.
Dans le cas contraire, il faut que l'on sente, dans votre
réalisation, un désir de communiquer ;
il faut que le spectateur, quel qu'il soit, comprenne que
vous vous adressez à lui, sinon, il se sentira exclu
lors de la projection et s'ennuiera.
Votre travail ne trouvera sa justification que lorsqu'il sera
soumis au jugement d'un tiers.
2. Ne pas trembler
Les plans bougés, tremblés, vibrants sont insupportables
à visionner. Alors qu'il est si simple d'obtenir une
image stable...
- Méfiez-vous des longues focales. Ce n'est pas parce
que votre caméra possède un zoom 8 ou 10 fois
qu'il faut vous croire obligé de faire à la
main des gros plans.
- Utilisez de préférence la focale la plus
courte. Sur votre caméscope, elle est à peine
assez courte pour obtenir une image stable. Vous possédez
un grand-angle ? C'est encore mieux. Votre sujet est
trop petit dans l'image ? Rapprochez-vous.
- Cherchez des appuis. Toutes les positions sont
bonnes si elles sont stables. Calez le bras qui porte la caméra
contre un meuble ou contre votre poitrine, respirez par le
ventre. Regardez les bords de votre cadre pendant que vous
filmez un plan fixe, ils ne doivent pas bouger sans raison.
Et surtout ne pas trembler.
- Si vous tentez d'épouser des mouvements comme ceux
d’une course, vous obtiendrez l'effet inverse : vous
les anéantirez.
C'est le sujet qui doit bouger, pas la caméra. Laissez
« de l'air » autour des sujets en mouvement
pour ne pas vous faire piéger par leurs déplacements.
- Travelling ? Méfiance... Ne le faites que s'il vous
paraît indispensable.
Un bon plan fixe vaut mieux qu'un travelling imparfait.
3. Cadrer
Contrairement à ce que l’on peut penser le mouvement
et le son ne compensent pas la faiblesse de la composition
de l’image.
Le cadre, c'est ce qui rend l'image intelligible.
Gros-plan, plan d'ensemble, plongée, sujet principal
à gauche ou à droite ? Avant d'appuyer
sur le déclencheur, posez-vous cette question simple : « Quels
sont les éléments que je dois inclure dans mon
image ? »
Tournez autour de votre sujet, trouvez le juste point de vue.
Ensuite, donnez aux différents éléments
de votre plan la valeur qu'ils méritent. Quelques règles
simples :
- On lit une image de gauche à droite et de haut en
bas. Les objets situés en haut et à gauche auront
plus d'importance que ceux situés en bas à droite.
Vous voulez montrer un personnage déprimé ?
Coincez-le en bas et à droite de votre image dans un
décor très grand. Un plongeur se préparant
ou grand saut ? Placez-le en haut à gauche. Il semblera
évident qu'il va se jeter dans l'espace vide devant
lui. Vertige.
- Un mouvement sera également senti comme « positif »
s'il se fait de gauche à droite, dans le sens de la
lecture (aller, dynamisme), et comme « négatif »
(retour, échec) s'il se fait de droite à gauche.
- Découpez mentalement votre image en tiers. Vous
obtiendrez neuf rectangles. Placez vos éléments
dans ces rectangles, jouez avec les lignes et les diagonales
que ce découpage dessine. Méfiez-vous des milieux
du cadre (horizontalement et verticalement) : ce
sont souvent de piètres emplacements.
4. Aller chercher le sujet
Filmer, c'est d'abord utiliser ses jambes.
Les longues focales ne peuvent servir que dans des cas extrêmes
(course de voitures, film animalier) ou pour créer
un effet.
Aller vers son sujet, c'est aussi chercher le bon point de
vue. Cette contre-plongée oblique n'est-elle pas plus
dynamique, plus agressive, plus conforme à l'image
que vous voudriez donner de votre sujet ?
5. Eviter les mouvements rapides
Les mouvements rapides, à la caméra, sont à
proscrire absolument.
Mouvements optiques (zooms) ou panoramiques incontrôlés
nuisent à l'intelligibilité de votre film. N'appuyez
sur le bouton que lorsque vous avez décidé ce
que vous alliez filmer et comment vous alliez le filmer. Et
ne changez pas d'avis en cours de plan, ne décrivez
pas soudain un 360° pour montrer le paysage autour de
vous. Coupez la caméra lors des changements de plans.
Vous filmez une conversation d'amis et vous voulez avoir votre
caméra toujours braquée sur celui qui parle
? Renoncez, c'est impossible. Le résultat - panoramique
droit, panoramique gauche, etc. - serait désastreux.
Filmez le groupe d'amis, très lentement, approchez
vous de l'un d'eux.
Ne changez pas non plus de valeur de plan sans arrêt.
Otez votre doigt de la commande du zoom. Si
vous voulez élargir ou resserrer, arrêtez la
caméra, ou bien faites-le très, très
lentement.
Bref, affectez la neutralité lorsque vous filmez.
Laissez à vos spectateurs le soin de sélectionner
eux-mêmes, dans votre image, ce qu'ils désirent
voir, ne forcez pas leur attention avec des zooms incessants,
des mouvements arbitraires.
La gloire du caméraman c'est de se faire oublier.
6. Durée des plans
Un plan ne doit jamais durer plus longtemps que nécessaire.
Le nécessaire ? C'est le temps qu'il faut au spectateur
pour en assimiler tous les éléments.
Ne sous-estimez pas ici la faculté d'analyse et de
compréhension de votre public. Son œil a été,
comme le vôtre, formé à l'audiovisuel
par la fréquentation assidue de la télévision.
L'attention du spectateur est à attiser en permanence.
Lorsqu'un plan a livré tous ses secrets, il devient
ennuyeux, il est temps de passer au suivant.
Attention également aux « plans-séquence »
improvisés. Evitez de promener votre caméra
au hasard sur les visages, les paysages, sans intention précise.
N'oubliez pas : un plan, une idée. Enchaînez
les plans fixes, montez bout à bout des plans courts.
C'est mille fois préférable.
7. Le son
A côté de l'objectif de votre caméscope
se trouve un micro.
Le son a souvent des exigences opposées a celles de
l'image et, en cas de conflit, quatre-vingt-dix-neuf pour
cent des vidéastes privilégient l'image, c'est
bien normal. Mais tout de même... ouvrez vos oreilles
en même temps que vos yeux. Ne parlez pas pendant que
vous filmez, n'attendez pas que l'on comprenne ce que raconte
l’acteur que vous avez fait marcher en plan large dans
un endroit battu par le vent.
Gardez les oreilles en alerte lorsque vous filmez ; achetez
un petit casque de baladeur que vous brancherez sur la sortie
audio de votre caméra ; n'hésitez plus
à interrompre une prise de vues si un parasite sonore
l'a gâchée, et imposez le silence aux indésirables
qui se trouvent hors champ.
Choisissez vos sons comme vous choisissez vos images !
Les formats numériques :
Choisir le support de prise de vues
Le digital 8 |
reprend les fonctions du DV d'un point de
vue numérique mais sur une cassette HI8 classique. |
|
avantages :
- coût moins élevé des camescopes
- compatibilité totale avec les cassettes analogiques
format 8 mm/HI8 |
|
inconvénients :
- diminution de la durée d'enregistrement d'environ
30 % |
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DV |
- capacité : 12,2 GO
- résolution excellente (500 lignes)
- qualité sonore identique à celle d'un
CD audio (dat) : 16 bits, 48 KHz
- permet la duplication sans perte de données (et
donc de qualité) |
|
|
Mini MV |
- capacité : 6,5 GO mais grâce au MPEG2
(qui a un taux de compression double de celui du DV) stocke
autant de données. |
Le choix d'un camescope:
Quelques points à vérifier
:
- Comme pour un APN, préférer une marque d'optique
(Canon,...)
- format miniDV
- sensibilité : 1 lux maximum
- zoom optique et numerique
- sortie et entrée video DV ieee1394
- entrée audio (12/16 bits)
- autonomie de la batterie : 45 minutes est un minimum
- De plus en plus miniaturisé, les boutons doivent
rester facilement accessibles et la prise en main confortable.
- L'équiper d'un pied conservera la stabilité
de l'image.
- Prévoir également un éclairage performant
(lampe halogène)
L'acquisition :
Une minute de video remplit environ 200 MO.
Un disque dur de 12 GO permettra donc de capturer seulement
60 min de film.
La solution optimale est de disposer de 2 disques durs dont
l'un servira uniquement à stocker la vidéo numérisée
et l'autre à conserver le montage final.
Configuration minimale requise par l'ordinateur :
- Pentium III / 400 MHz /
- 128 ou 256 MO de ram (les différences de rapidité
sont très visibles)
- DD : 15 GO (pour stocker les fichiers acquis et finaux)
- écran de 17 pouces (afin de pouvoir ouvrir toutes
les barres d'outils nécessaires au montage)
L'acquisition se fera en reliant la sortie DV du camescope
par un cable i-link (il existe 2 sortes de connexion 4c/4C
ou 4c/6c : cette dernière étant réservée
aux cartes d'acquisition) à un boîtier d'acquisition,
une carte d'acquisition ou plus facilement au port fire-wire
de votre ordinateur.
Le montage:
Sauvegarder régulièrement votre projet, car
la video nécessite beaucoup de ressources système
et les plantages lors du montage sont fréquents...
Optimiser auparavant votre système d'exploitation :
- défragmenter le disque dur
- allouer le maximum de ressources système
- N'ouvrir aucune autre application en même temps car
les temps de calcul peuvent être assez longs lorsqu'il
s'agit d'ajouter un commentaire audio ou un effet de transition.
Les logiciels de montage : fonctions essentielles
de choix
- Acquisition de la video en mode global et par lots (option
de dérushage automatique)
- Importation de divers formats (MPEG-1 et -2,...), (MP3,
dat,...)
- Pour le montage : découper, allonger, séparer
les clips et les sons
- Effets 2D et 3D de transition, visualisation de ceux-ci
- Réglage de la colorimétrie
- Contrôle des volumes audio et gestion du MP3
- Exportation en sortie directe sur cassette video en format
Avi, MPEG
- Création directe de DVD, VCD, SVCD ou de fichiers
en streaming
Pour PC
- Windows Movie Maker a l'avantage d'être
gratuit, mais produit des fichiers lisibles uniquement sur
ordinateur...
- Ulead Video Studio : à commander à
la revue Presqu'offert
- Studio 9 (Pinnacle) : la référence
du montage vidéo pour un prix moyen.
Ces trois logiciels sont vraiment très conviviaux
: leur prise en main est rapide et facile.
Un
tutoriel de studio 7
Pour Mac
Pour tout connaître de la vidéo
numérique avec cet outil véritablement fait
pour
http://www.macetvideo.com/
La gravure :
Le montage fini, reste à graver votre
projet sur un support pour le visualiser et le diffuser. Plusieurs
supports et formats s'offrent à vous selon le public
visé.
le VCD ( Vidéo CD )
: lu par la plupart des lecteurs DVD de salon
capacité : 63 minutes (qualité
VHS pour l'image et d'un CD audio pour le son.)
fichiers de type MPEG-1
taille : 352 X 288
Remarques : Il est déconseillé
de graver des VCD sur
- des disques supérieurs à 640
MO
- des CDR (les lecteurs de salon lisent plus
facilement les CDR-W)
- des CD à la surface gravable bleue
(la couche est trop fine, de faible qualité)
le SVCD ( Super Vidéo CD ) : lu par
certains lecteurs de salon, nécessité d'installer
un logiciel de lecture sur ordinateur.
- capacié : 40 minutes qualité d'image
nettement supérieure à un VCD
- fichiers de type MPEG-2 (temps de calcul plus important
pour le réaliser) taille : 480 X 576
- norme compatible au format 16/9°
- possibilité de créer des menus interactifs
(comme un DVD)
le DVD :
- capacité : 130 minutes
- taille : 720 X 576
- excellente qualité mais nécessite un graveur
de DVD.
le Divx : De plus en plus de lecteur de
salon lisent ce type.
- capacité : 90 minutes gravable sur un CD
- qualité légèrement inférieure
au MPEG-2
- taille : 720 X 576
flux (streaming) : pour exporter sur internet
format windows media
- taille : de 180 X 144 à 720 X 576
- son : de 16 KHZ (radio FM) à 44 KHz (CD audio)
format real player
- taille : de 160 X 120à 320 X 240
- son : de 16 KHZ (radio FM) à 44 KHz (CD audio)
Quelques sites
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