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2017-2018

Variation « à la trace » ou L’autre, un mystère à raconter

Laurence Manuard (lycée Albert Camus) Judith Rosenfeld (lycée André Cuzin)

lycées André Cuzin et Albert Camus - Caluire et Cuire / Rillieux-la-Pape (69300)



Salle Lorenti
Salle Lorenti

Devant les Célestins
Devant les Célestins

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alatrace3
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aff variations alatrace v7
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classes

Classes

Classes concernées
première L (17), terminale TBEE (18)

Disciplines
Lettres

partenaire

Partenaires artistiques et culturels

Théâtre des Célestins avec un pilotage de Marie-Françoise Palluy
Marilyn Mattei
Véronique kapoïan
Béatrice Jeanningros



details

Détails

Description du projet
Un projet inter-établissement financé par la Région Auvergne Rhône Alpes entre Le lycée Albert Camus et Le lycée André Cuzin, avec l’aide du lycée Ampère.

Lors d’une première rencontre avec Marie-Françoise Palluy, nous avons décidé de travailler autour d’un spectacle mis en scène par Anne Théron avec un texte d’Alexandra Badea, À la trace. Nous ne disposions alors pas de la pièce qui a été publiée en janvier aux éditions de l’Arche mais de la page du programme éditée par le théâtre et donc uniquement d’une courte présentation : une jeune femme découvre à la mort de son père un sac et se met en quête de sa propriétaire. Anne Théron et Alexandra Badea ont imaginé une histoire de filiation, des portraits de femmes et d’hommes qui se lient dans les solitudes d’aujourd’hui. La pièce utilise les ressorts du roman policier. Notre choix s’est donc porté sur un thème qui résonne avec nos programmes respectifs mais offrait alors suffisamment de mystères (y compris pour nous) pour permettre à nos élèves (et nous) de développer leur imagination et leur attention.

Objectifs
Le projet inter-établissement est né du désir de faire travailler ensemble deux groupes d’élèves que le parcours scolaire sépare mais qu’une culture commune doit réunir. Les élèves du lycée Camus suivent un cursus général, littéraire, alors que les élèves d’André Cuzin explorent l’univers artisanal et industriel en lycée professionnel. Les premiers sont heureux d’échapper au lycée professionnel et les seconds estiment que les destins techniques sont plus enrichissants que les chemins de la culture. Autant de stéréotypes qui entravent les échanges intelligents et citoyens entre adultes. Nous souhaitions également que les élèves découvrent des œuvres, pratiquent l’écriture et la mise en voix théâtrale, rencontrent des artistes et fréquentent une des plus belles salles de Lyon. En effet, les jeunes gens de Rillieux ont ainsi pu mieux comprendre les fonctions du théâtre et les jeunes de Cuzin l’ont découvert comme lieu social inscrit dans la cité et comme lieu de représentation.

Organisation
Un dispositif d’écriture de Marilyn Mattei

Marilyn Mattei, écrivain de théâtre est alors intervenue dans chacune des classes. Elle a proposé aux élèves, par groupes de deux, de créer des sacs à partir d’objets personnels. Les objets ont été photographiés et disposés dans des sacs de papier craft. Une classe a choisi de personnaliser des sacs en arts appliqués et nous nous en sommes servis comme accessoires tout au long du projet. Les deux classes ont échangé leurs sacs.
Les élèves ont ensuite écrit des saynètes : la découverte du sac, l’ouverture du sac, lettre contenue dans le sac (rédigée par l’autre lycée), je me demande, j’imagine que, lettre de réponse (à l’autre lycée). Nous disposions ainsi de deux pièces que nous pouvions tisser ensemble, de la découverte d’un sac d’adolescent à la rencontre.

Un travail de mise en voix et en espace de Béatrice Jeanningros et Véronique Kapoïan

À l’issue de cette première étape, deux comédiennes ont encadré la répartition des textes, la mise en voix, la mise en espace. Véronique Kapoïan a été chargée de conduire la restitution. Il a bien entendu fallu rectifier ce qui n’allait pas « en bouche », revenir donc sur les mots et s’adapter au temps de la représentation, c’est-à-dire couper les textes.

Tout en ménageant les modifications des écrits des adolescents

Il n’est pas simple de revenir sur un travail personnel, de groupe, modifié par le groupe et donc approprié. Des élèves souhaitaient revenir sur leurs écrits ce qu’ils ont fait avec Marilyn, mais il y a aussi « le passage » que l’on trouve si bien écrit, qui fait rire, sourire, rêver. Nous avons publié les textes de la phase d’écriture des deux lycées en feuilleton dans la gazette pour éviter les chagrins et les rancœurs, passer au plateau. Chaque épisode est illustré par un sac confectionné en art appliqué. Il y avait maintenant deux objets. Nous avons également évité de distribuer les textes à leurs auteurs, il est devenu ainsi définitivement commun.

Se détacher ou regarder mieux « À la trace » ?

Au mois de janvier les deux groupes d’élèves sont allés voir la mise en scène au Théâtre des Célestins d’« À la trace » et certains ont participé au bord de scène. Ils ont alors découvert l’œuvre d’Alexandra Badéa et d’Anne Théron. Ils ont vécu une mise en scène et une scénographie. Ils en ont rendu compte dans la gazette. Nous avons été surprises de leur attention à toutes les dimensions du spectacle mais aussi de l’espace du théâtre. Leur personnage n’était pas le même, la quête bien différente, les moyens autres mais l’incitation a ouvert la curiosité et soutenue l’attention à des artistes et des choix scéniques et donné envie de revenir.

Répéter ensemble et restituer.

Véronique Kapoïan a porté la délicate étape de la mise en commun du travail et la réunion des groupes en un même projet. Il nous a fallu stimuler des élèves un peu rétifs, timides, préférant esquiver la restitution, n’ayant pas envie de se fréquenter. Les séances précédant le grand jour furent plus tendues, ce qui est bien naturel.

La Célestine était inondée, il fallait changer de lieu, le lycée Ampère a mis à disposition la salle Lorenti. Nous avons été aidés par la cantine, soutenus par les d’établissements et l’équipe des Célestins. Les lycée André Cuzin et Albert Camus ont définitivement lié les groupes lors du pique-nique. Il y avait un public, cinq classes de Cuzin avaient décidé de faire le voyage, douze enseignants se sont mobilisés. Les professeurs d’ateliers étaient là. Les élèves en seconde, en plein projet venaient voir les terminales sur scène. Les autres élèves de terminale, avant leur restitution de chorale, venaient mesurer leur trac. La tension est devenue saine puis s’est transformée en concentration. Les élèves de Camus ont investi leurs acquis littéraires et leur goût de la langue, les élèves de Cuzin transféré leur esprit d’équipe, leur goût du jeu et du théâtre, le sérieux maturé en stages professionnels. Marilyn Mattei était au fond de la salle, ils se sont lancés.

Epuisés mais heureux.

L’expérience était audacieuse, fatigante mais très intéressante. Elle a nécessité un investissement important et une grande confiance mutuelle du théâtre des Célestins, des comédiennes, de l’auteur, des enseignants et des établissements. Les élèves ont dépassé leurs préjugés pour construire et proposer aux autres un objet qu’ils ont écrit et mis en voix. Les spectateurs se sont nourris de ce qu’ils voyaient pour rendre leurs propres explorations culturelles plus riches. Enseignants de lettres comme de techniques en sont sortis convaincus de l’intérêt culturel mais aussi comportemental, humain du projet. Les jeunes savent mieux comment fonctionne un théâtre. Ils y vont avec plaisir et détendus. Ils regardent ce qui se donne à voir en utilisant des connaissances mais sans s’y enfermer et savent maintenant que l’art c’est aussi beaucoup de travail et de maîtrise de soi.

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Judith Rosenfeld (lycée André Cuzin)

pour école de la confiance