Les parents en classe autour des langues en maternelle : exemple à Victor Hugo (Lyon 1)

Créer du lien, reconnaitre les langues des familles, donner confiance aux élèves/parents dont la langue n’est pas le français et ouvrir tous les élèves au plurilinguisme : tels sont les principaux enjeux de ce projet.

Article mis en ligne le 20 juin 2018
dernière modification le 3 septembre 2018

par Pascale Depuydt
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La co-éducation est très ancrée dans les pratiques de Catherine Hurtig-Delattre (PS/MS à l’école maternelle Victor Hugo) : le temps d’accueil qui laisse un vrai temps aux parents avec leur enfant dans la classe en est une illustration.
Avec la "fleur des langues" en début d’année, chaque parent est invité à identifier avec son enfant les différentes langues parlées, comprises, entendues, rencontrées dans l’environnement proche. (dispositif emprunté à ELODIL)

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la fleur des langues

De quoi planter le décor sur cette question des langues des familles. Avec "l’enfant soleil" au moment de chaque anniversaire, les parents de l’élève concerné sont présents sur un temps de classe pour donner à voir un objet culturel de la famille, qui peut être un récit ou une chanson dans la langue de la famille. Ce dispositif est mis en œuvre par d’autres enseignants dans l’école.

Cette année, un nouveau projet a vu le jour autour de l’album "La brouille" de Claude Boujon. Le récit a été étudié en français puis des parents volontaires sont venus raconter en albanais, arabe tunisien, comorien, italien et wolof.

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La brouille racontée par 2 mamans comoriennes

En parallèle des comptines et chansons ont été apprises en italien et créole de la Réunion en présence des parents. Après plusieurs séances, chacun a pu mémoriser au moins les gestes associés, certains mémorisaient également le texte.

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Entraide autour de la comptine "Alte les mani"

Des effets multiples ont pu être observés : du côté des parents, un réel enthousiasme associé au "trac" devant le public !
Du côté des élèves, la capacité, au terme du projet, pour ces très jeunes enfants d’identifier les locuteurs des différentes langues (’l’albanais c’est la langue de la famille de Justin"...) et donc d’avoir une première compréhension de ce qu’est le plurilinguisme.
Par ailleurs, un travail de discrimination auditive a été tenté avec les "Moyens" pour les amener à prendre conscience que certains mots se ressemblent d’une langue à l’autre, et ce, à partir de courts extraits de la Brouille dans les 4 langues entendues. Seuls quelques élèves (et notamment ceux habitués à entendre plusieurs langues à la maison), réussissaient à repérer des mots lors d’une première écoute. Puis leurs repérages stimulaient l’attention de quelques autres qui réagissaient à leur tour lors des écoutes suivantes. La coopération était de mise ! L’enjeu est ici de conforter l’éveil à la conscience phonologique et de commencer à construire la compétence d’intercompréhension qui sera utile pour l’apprentissage des langues.

En prolongement du projet, un sac d’histoires emporté dans les familles qui contient : l’album « la brouille » et les versions manuscrites et/ou sonores dans les langues entendues en classe (sur clé USB)



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