L’ouverture de la Section Norvégienne au lycée Édouard Herriot de Lyon fait suite à l’accord TROLL, signé entre la France et la Norvège en décembre 1986. La France mettait à disposition de la Norvège des places supplémentaires pour de jeunes norvégiens désirant passer le bac en France. Mais où fallait-il les créer ? Les sections existantes de Rouen et Bayeux jugées assez grandes pour ne pas accueillir plus d’élèves, il fallut chercher ailleurs. Pourquoi pas une ville universitaire où le norvégien était déjà enseigné, comme à Strasbourg, Caen, Paris ou Lyon ? Entre ces villes-ci, le choix semblait évident, vu que la colonie norvégienne était déjà importante à Caen, et qu’il serait difficile pour de jeunes Norvégiens de s’intégrer dans un milieu français dans des villes internationales comme Paris et Strasbourg ...Parmi les différents lycées candidats, c’est alors celui d’Édouard Herriot qui fut choisi tant par son niveau de qualité que par la proximité d’un foyer d’accueil pour les élèves.
Au mois de mai 1989 précédant la première rentrée, Kjersti Kleveland, première responsable de la section, chargée d’enseigner le norvégien et d’encadrer les élèves, est venue visiter les lieux. Elle a pu constater que les meilleures dispositions pour les accueillir étaient en place. Mme Dumont , proviseur du lycée, mettait à leur disposition une salle de classe et lui fit visiter plusieurs appartements où se loger. Des parents d’élèves, enthousiastes et curieux, se proposaient déjà pour être familles d’accueil pour les Norvégiennes. Ses futurs collègues lui manifestaient une bonne volonté prometteuse.
Arrivée en août, un mois avant la rentrée, elle a quand même du résoudre quelques problèmes avec ses collègues pour que tout fonctionne bien rapidement : Pourrait-on appliquer les modèles de fonctionnement des sections de Bayeux et Rouen, où fallait-il en trouver un, mieux adapté à la situation lyonnaise ? Quels seraient le rôle et les responsabilités des familles d’accueil ? Comment répartir les élèves norvégiennes dans les classes ? Comment gérer la vie au foyer ?
Après quelques réunions avec l’encadrement du lycée, les associations des parents d’élèves et les responsables du foyer, les solutions semblèrent plus claires. Au cours de cette première année, on put déjà voir les premiers signes de réussite : l’organisation de l’année scolaire pour les nouvelles arrivées a tellement bien fonctionné que pratiquement rien n’a été changé depuis ! Réparties en deux classes différentes, les Norvégiennes ne suivirent pas tous les cours dès le premier trimestre. En contrepartie, elles eurent des cours intensifs de français dispensés par un professeur du lycée et la responsable de la section, ce qui leur a permis dès le deuxième trimestre de suivre l’ensemble des cours. L’année suivante, les élèves furent regroupées en une seule classe, et suivirent les cours de Sciences Économiques et sociales dès le début de l’année scolaire. On s’aperçut vite qu’il était préférable de les répartir dans différentes classes, ce qui fut dès lors la règle. Par la suite il fut instauré tout au long de l’année des cours de soutien spécifique en mathématiques et physique-chimie pour les secondes, en français pour les premières préparant le baccalauréat de français. Le foyer l’Escale Lyonnaise, s’étant engagé pour un an au départ, a accepté d’accueillir huit élèves l’année suivante, bien qu’il n’admette pas normalement de mineures. Ce fut un soulagement ! En cette année 2000, il héberge sa 11èmepromotion d’élèves norvégiennes. Quant à trouver des familles d’accueil, ce fut pour cette première année les associations des parents d’élèves, PEEP et FCPE, qui s’en chargèrent, et depuis 1990, c’est Monsieur Varin, nouveau proviseur, qui l’assume. C’est à lui que revint l’honneur d’inaugurer officiellement la Section en 1990, avec la deuxième responsable de la section,Sigvor Saltnes, en présence de M. l’Ambassadeur de Norvège en France, de membres du gouvernement norvégien et de M. le Recteur de l’Académie de Lyon, d’un représentant de la Mairie et d’autres personnalités. La télévision norvégienne a tout suivi de près.
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