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Lycée Edouard Herriot Lyon
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Le lycée Édouard Herriot est un lycée général et technologique avec des CPGE (Hypokhâgnes et Khâgnes) situé en centre ville (place Edgar Quinet, Lyon 6°)...

Des témoignages
Article mis en ligne le 15 mars 2016
dernière modification le 16 mars 2016

par Annie Fabre
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Ceux qui ont Choisi ULM témoignent : Céline Anne Cyrielle

Céline P.

Je n’ai passé qu’une année en khâgne Ulm (2009-10) et quelque six ans après, je m’étonne encore de la richesse et de la qualité de cette année tant intellectuellement que personnellement.

Un des principaux atouts de la prépa Ulm à Herriot est à mes yeux le petit effectif de la classe, ce qui permet une vraie vie de classe, une proximité avec les professeurs et des cours où il est aisé de prendre la parole. Le maintien d’un équilibre entre toutes les matières, égales en importance et en coefficient, rend l’année d’autant plus exigeante, mais également d’autant plus stimulante : cette pluridisciplinarité, qui permet de croiser les connaissances, de faire dialoguer les champs disciplinaires, est une vraie chance, dont on n’a pas forcément conscience sur le moment, mais qui se révèle extrêmement importante pendant les années post-prépa.
La prépa Ulm est animée par d’excellents professeurs, pleinement investis, cherchant toujours à nous faire progresser : ils m’ont à la fois apporté un nombre incalculable de connaissances, mais également une rigoureuse méthode dont j’ai pu me servir pendant mes études et qui a une part non-négligeable dans ma réussite à l’agrégation externe de lettre modernes l’an passé. Si vous recherchez une prépa Ulm à la fois intense, exigeante, dynamique, sympathique et familiale, choisissez Herriot !


Anne W., promotion 2009

Les raisons pour lesquelles j’ai choisi de préparer la khâgne Ulm sont de deux ordres. La première est une conversation par hasard avec un élève cube ou carré (je crois que c’était cube) qui avait eu le même profil que moi en hypo : options latin, grec et théâtre. Il m’avait confirmé l’impossibilité de garder les trois en khâgne, et quand je lui dis que je voulais rester en lettres classiques, il ajouta : « c’est la meilleure formation possible pour les LC ». La deuxième raison de ce choix, c’est que cette orientation ne faisait pas un pli pour mes professeurs. Donc en fait, ce fut une orientation juste, mais pas très consciente de ma part. Cela révèle cependant les deux éléments à prendre en compte dans ce choix : la meilleure formation dans la filière que l’on souhaite suivre, et le caractère propre de chacun.

Que ce choix ait été le bon pour moi, je l’ai compris au fur et à mesure. Le premier atout de cette classe est qu’elle est petite, et le confort d’être 13 en cours était incomparable pour quelqu’un qui ne se sent à l’aise ni dans l’anonymat des grandes masses, ni dans la concurrence acharnée. Pour travailler en équipe, il faut être un groupe de taille raisonnable.

Ensuite, malgré le changement dans les modalités du concours qui eut lieu en 2008, les deux concours gardent un caractère spécifique, et la formation globalement hors programme a constitué pour moi un atout indéniable. C’est une illusion de penser que le programme obligatoire rend toujours les choses plus faciles, et dans mon cas, c’est exactement le contraire. L’exigence du concours ne s’étant posée qu’en cube, l’année de carré est sans doute celle qui m’a apporté, sinon le plus de connaissances, le plus de méthode et de réflexion. C‘était l’année d’ouverture des portes intellectuelles, celle de la curiosité et du plaisir d’apprendre dans un cadre rigoureux et exigeant.

Pour un LC, l’obligation du thème et de la version sans dictionnaire sont des atouts majeurs dans la préparation à l’agrégation, mais également des bases solides pour la recherche. Ce sont des connaissances techniques qui permettent ensuite de gagner du temps et d’aller à l’essentiel (par exemple, dans une préface en latin des vieilles éditions allemandes…). Les cours d’histoire ancienne sont également, à mes yeux, un atout, puisque un texte hors contexte devient à moitié muet. Ce sont ces éléments de la formation en LC qui diffèrent de celle proposée en Lyon, et qui ont fait la différence pour moi.

En définitive, je ne peux que répéter ce que m’avait dit mon prédécesseur : en LC, « c’est la meilleure formation possible », que cela débouche sur l’ENS ou non d’ailleurs. Et j’ajouterais : il ne faut surtout pas s’autocensurer et éliminer cette possibilité d’avance.


Cyrielle F.

Je suis rentrée en classe préparatoire dans le but de me mettre à l’épreuve : réussir le concours de l’Ecole Normale Supérieure ne m’intéressait pas particulièrement et je voulais avant tout m’améliorer dans le plus grand nombre de matières possibles. J’ai conservé cet objectif pendant mes trois ans au lycée Edouard Herriot, dont deux passés au sein de la classe Ulm en Lettres Modernes. La pluridisciplinarité de cette formation m’a permis d’acquérir des bases très solides, tant aux niveaux culturels que méthodologiques. J’ai appris à travailler vite et bien face à des exercices très différents les uns des autres.
Les professeurs que j’ai connus sont tous plus compétents et motivés les uns que les autres, ce qui engage d’autant plus à fournir des efforts autant en philosophie ou en histoire qu’en latin ou en lettres modernes, etc.
N’étant pas ce que ce que l’on appelle parfois une « bête à concours », je dois avouer que l’aspect social de cette classe a été également très important pour moi. En petit effectif, nous formions un groupe extrêmement soudé, et mes camarades sont devenus mes amis, encore aujourd’hui. C’est autant grâce à la formation théorique de cette classe qu’à la solidarité qu’elle permet que mon année de khûbe a débouché sur une admissibilité à l’ENS de la rue d’Ulm.

Colin, Jane, Aliénor

Elève-officier Colin C

Expérience de la classe Ulm.

Après une première année de classes préparatoires hypokhâgne au lycée Edouard Herriot, j’ai demandé à passer en deuxième année dans la classe Ulm afin de préparer le concours de l’ENS de Paris, plutôt que celui de Lyon.
Ce n’est pas tant la finalité du concours qui m’animait alors mais essentiellement le fait que je choisissais la même classe qu’un groupe de camarades avec lesquels je m’entendais très bien, qui étaient globalement d’un meilleur niveau que moi et dont je savais qu’ils pouvaient m’aider à progresser.
La particularité de la classe d’Ulm, outre un programme de concours légèrement différent de celui de l’ENS de Lyon (coefficients, pas de géographie, beaucoup plus de latin…etc), en particulier à Edouard Herriot (LC, LM et Théâtre uniquement), est son nombre peu élevé d’élèves. Une classe d’Ulm, de façon générale, contient moitié moins d’élèves qu’une classe de Lyon. Il en résulte un suivi plus efficace de chaque professeur, des oraux de préparation plus fréquents, une correction des devoirs écrits plus efficace et une cohésion de classe plus importante (en ce qui concerne ma troisième année de prépa, je partageais avec tous mes camarades une grande solidarité de classe).
Le soutien que s’apportent les élèves entre eux en son sein (ce qui est souvent aussi le cas dans les classes de Lyon, sous formes de petits groupes) n’est pas négligeable. Je me suis aperçu, après avoir validé les écrits du concours de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr pour accéder aux oraux, que je profitais énormément de l’expérience apportée par bon nombre de mes camarades. Je les avais vus passer devant moi leurs oraux de préparation, j’avais échangé avec eux plus que de raison sur maints et maints sujets, je reprenais leurs expressions et leurs idées et les faisais miennes.
Sans minorer l’importance du rôle de chaque professeur nous préparant aux divers concours à passer, je ne saurais trop insister sur l’importance d’être entouré de gens naturellement doués ainsi que de ‘’gros bosseurs’’. Ces personnes nous tirent vers le haut.
Le concours de l’ENS de Paris est réputé plus dur que celui de l’ENS de Lyon, au moins pour l’oral, mais le plus est qu’il est possible de passer le second en plus du premier et non l’inverse. Deux très bons amis ont intégré l’ENS de Lyon en ayant préparé pendant deux ans celui d’Ulm.
Mais cette classe n’est pas réservée qu’aux meilleurs éléments dès le début. Les professeurs acceptent ou non les élèves volontaires en fonction de leur degré d’envie et de capacité à supporter une bonne charge de travail tout en en redemandant. J’en suis, je pense, un bon exemple.
Elève moyen en première année, j’ai énormément progressé durant mes deux années en classe d’Ulm, au point d’intégrer l’École qui m’attirait depuis longtemps au terme de ma scolarité.
À Herriot, l’ambiance est studieuse mais aussi chaleureuse en Ulm, le tout mettant les élèves dans les meilleures conditions pour atteindre leurs objectifs personnels.


Jane F, chargée de communication sur internet (auto entrepreneure)

Faire hypokhâgne et khâgne au Lycée Edouard Herriot m’a permis de développer une rigueur et une capacité de travail inouïes.
Même si je ne suis plus dans le domaine des Lettres Classiques, les enseignements de la prépa me servent au quotidien et c’est là pour moi la force des CPGE.
Au delà des enseignements spécifiques à chaque matière, on y apprend à s’adapter, à travailler vite et bien, à être curieux de tout et surtout à rendre un travail de qualité. On peut dire qu’aller en prépa, c’est un investissement sur le long terme !


Alienor C.

Khâgne Ulm 2001-2003…A la manière de G.P.

Je me souviens d’une petite salle, où nous étions 10, puis 12. Les tables en U, la proximité des professeurs, l’atmosphère de travail douce qui y régnait.

Je me souviens que nous avions accroché à la porte des bêtises. Du genre « Si tu te sens mauvais…n’oublie pas que le grand chêne a aussi été un gland, comme toi ».

Je me souviens du carnaval au cours duquel nous nous étions déguisés en Apollon et ses muses. Notre professeur de philosophie, lui, avait fait une tentative pour imiter Platon et Aristote en même temps, ceux du tableau de Raphaël. Du coup, sa gestuelle était plus disco que philo…

Je me souviens des samedis où l’on travaillait de 8h à 14 heures sur des dissertations, pour ensuite sortir du lycée comme en catimini, par une petite porte privée de l’avenue de Saxe. Souvent les professeurs nous offraient les croissants…

Je me souviens difficilement du nombre de livres et d’articles dévorés pendant ces deux ans…mais je sais que ces deux années restent le socle de ma culture.

Je me souviens d’avoir découvert Emmanuel Kant (même si contrairement à ce que recommandait notre professeur la Critique de la Raison pure n’est pas devenue mon livre de chevet).

Je me souviens que j’adorais l’aspect généraliste de l’enseignement, et qu’il m’a servi au Capes de lettres modernes. C’est uniquement grâce à la khâgne Ulm, et à l’hypokhâgne qui a précédé, que j’ai pu avoir le concours brillamment, et j’avoue être fière de mon 18,5 en dissertation de littérature.

Je me souviens des cours de latin et des traductions. L’exigence du professeur n’avait d’égal que son talent à faire vivreles grands hommes. C’est ainsi que je me souviens très clairement de l’expression « Quinctili Vare, legiones Redde », prononcée par Auguste désespéré. Tellement désespéré qu’il se cognait la tête contre les portes…geste également imité par notre professeur.

Je me souviens de deux voyages, à Venise et à Naples, superbement bien organisés par nos enseignants. Visiter le musée archéologique et entendre nos professeurs se disputer à propos d’une déesse de la fertilité reste un grand souvenir. Visiter Pompei et Herculanum était un privilège.

Je me souviens du soutien que les professeurs nous apportaient, de la difficulté de ces deux années, mais aussi du plaisir que j’ai retiré à acquérir des connaissances solides, des méthodes et des structures intellectuelles. J’ai été très déçue de ne pas obtenir l’admissibilité ou la sous-admissibilité, mais j’ai compris ensuite à quel point mes deux années d’Ulm, et plus généralement mes trois années de CPGE, m’ont formée et façonnée, et m’ont permis de terminer sereinement mes études. Aujourd’hui je suis enseignante en collège, je suis très heureuse dans mon métier, et j’exploite encore très régulièrement les lectures et les méthodes que j’ai conservées de ma Khâgne Ulm.

Merci à tous mes enseignants.

Lucie, Hélène,Benoît M

Lucie
La khâgne Ulm présente l’avantage de proposer un enseignement tout aussi généraliste qu’en hypokhâgne, puisque la spécialisation y est assez peu marquée : si le volume horaire consacré à la spécialité est presque aussi élevé qu’en khâgne Lyon (pour les lettres classiques par exemple, il est même plus élevé : 5 heures de latin, 4h de grec, 2h heures d’histoire ancienne, soit 11h - contre 8h en khâgne Lyon), celui consacré aux autres matières reste très conséquent (6h de philo, 4h d’histoire, 5h de français, 5h de langue vivante – à noter toutefois l’abandon de la géographie...). La conséquence en est que l’emploi du temps des khâgneux d’Ulm est plus chargé, mais les cours sont passionnants et cette dimension généraliste est vraiment intéressante : pour ma part, j’ai pu sans aucun problème faire par la suite un master dans une discipline qui n’était pas ma spécialité en khâgne.
L’autre caractéristique de la khâgne Ulm est bien sûr l’accent mis sur les langues anciennes : il ne faut pas aller en khâgne Ulm si l’on n’est pas prêt à travailler beaucoup son latin ou son grec (et à consacrer notamment du temps à l’apprentissage de mots de vocabulaire puisque les épreuves de l’oral sont sans dictionnaire).
Mais cela permet d’acquérir une solide culture classique qui ouvre bien des horizons...
L.L.


Hélène S.

Mon année de prépa Ulm à Herriot ? Elle fut sans aucun doute difficile, plus que remplie par le travail et les lectures. Mais c’est loin d’être le seul souvenir que j’en garde.
Je me souviens d’un couloir sombre, et tout au fond de ce couloir, de “notre” salle, remplie de lumière grâce aux immenses fenêtres qui donnaient sur la place et les arbres. De la table, dans le coin, chargée d’une bouilloire, d’une collection de thés et tisanes, de gâteaux apportés à tour de rôle par chacun d’entre nous. Je me souviens du petit effectif (nous étions une grosse quinzaine), qui permettait une ambiance particulière : nous étions une classe, mais aussi un groupe où tout le monde s’entendait bien.
Je me souviens du placard, au fond de la salle, rempli de vieux livres ; et du jour où nous avions remplacé les ouvrages que notre prof de lettres avait soigneusement disposés sur le coin du bureau par ces vieux bouquins qui tombaient en morceaux. Il avait quand même mis quelques minutes avant de se rendre compte de la substitution !
Je me souviens, surtout, de ces profs, tous différents mais tous excellents à leur propre manière. Qui étaient là pour nous faire réussir, et s’attachaient vraiment à soutenir chacun d’entre nous. Qui nous disaient d’aller nous reposer quand nous nous forcions à venir en cours alors que nous étions malades. Nous proposaient tisanes et gâteaux pendant les longues épreuves de concours blanc.
Je me souviens aussi des repas de classe où nous étions tous un peu comme les membres d’une grande famille, unis dans l’”adversité” imposée par le concours.
Certes, les gâteaux, les tisanes, les cours passionnants ne changent en rien cette réalité : la prépa, c’est dur, c’est fatigant, parfois même épuisant. Mais la bonne ambiance a rendu cette année beaucoup plus vivable, et encore aujourd’hui, cinq ans après (déjà !), j’en garde un bon souvenir.
La prépa Ulm a profondément formé la professeure que je suis devenue. En me donnant envie d’enseigner, d’abord, moi qui étais entrée en prépa sans avoir de projet professionnel précis. En côtoyant ces profs passionnés et passionnants, ma vision de l’enseignement a changé pour le meilleur.
Son caractère généraliste m’a même permis de changer de matière pusique je suis passée des lettres Classiques à l’Histoire. Et c’est un gros atout de la classe d’Ulm…
Ces années m’ont appris (parfois dans la douleur, certes !) à travailler rapidement et efficacement, à synthétiser… à réfléchir, finalement. J’y ai acquis une culture générale qui m’est utile en tant qu’être humain, mais aussi en tant qu’enseignante : elle me permet de faire des liens entre ma matière (l’histoire et la géographie) et les autres, me permet d’expliquer l’origine de mots importants, de bâtir des ponts entre des disciplines encore trop cloisonnées.
Des élèves m’ont un jour demandé : “Madame, comment ça se fait que vous savez tout ?”. J’ai ri, mais j’aurais dû leur répondre : “je ne sais pas tout, mais si j’en sais tant, c’est en grande partie grâce à la prépa”.


Benoît M

Jeudi 6 juin 2013, 14H56, je me tourne vers un camarade, fond en larmes dans ses bras. Une liste de noms sur ordinateur vient de mettre fin à trois années de classes préparatoires. Mon nom n’est pas sur la liste des admissibles. Il est sur celle des « sous-ad ». Mais ce n’est pas pour ça que je pleure. C’est la fin de l’expérience la plus intense de ma (encore courte) vie. Remontons en arrière.
Mercredi 1 septembre 2010, 9H00, je commence cette expérience qu’est la prépa à Herriot. Les premiers cours s’enchaînent. Il faut lire. En Histoire. En Italien. En Philosophie. Et en Français. Le premier devoir d’histoire sur une lecture d’été, ainsi que celui de lettres, n’ont pas encore égratigné mon amour-propre : sorti d’un bac avec d’excellent résultats, plein de fierté, confiant, le couperet tombera quelque jour plus tard, avec la première dissertation de français. « Ma Matière », avec tout ce que cela peut avoir d’orgueilleux et de fier. 3,5/20. Douche froide. Révolution Copernicienne, la prépa a sur moi l’effet de Galilée sur le pape Urbain VIII : il faut tout remettre à plat. Méthode, organisation, lectures, apprentissage, tout y passe. Finalement, l’hypokhâgne se passe plutôt bien. Le travail est intense mais au moins j’apprends à travailler efficacement. Mon amour pour les Lettres se confirme. Ma passion pour l’italien se poursuit. Une année correcte en latin et en philo me dirige alors progressivement vers la classe d’Ulm. Adieu la géographie et l’anglais, je reste avec les Latins, les philosophes et les Lettres.
Lundi 5 Septembre 2011, 14h00, j’entre en « Ulm » dans la « grotte » au fond du couloir. Nous sommes douze dont trois chartistes. Nouvelle révolution copernicienne : le latin est dur et n’est pas encore une priorité dans mon esprit (le naïf !). Le programme de Lettres Modernes me passionne avec ses « voyages imaginaires ». Le programme est une chance, car il permet de se concentrer sur des œuvres diverses. J’ai été enchanté par Les Aventures de Télémaque. J’ai détesté l’Ailleurs de Michaux. J’ai découvert le monument du Quart-Livre. En plus du programme de français commun à tous, je connaissais grâce au système « Ulm » trois œuvres supplémentaires sur le bout des doigts. L’histoire m’intéresse, sans excès. Je me passionne même plus pour le programme d’oral que pour celui d’écrit, mais c’est un avantage d’Ulm : deux programmes d’histoire pour le prix d’un, dans une matière essentielle. Mais j’ai un coup de cœur : la philo. En dehors d’un programme que j’adore sur « Droit et Politique », les deux heures de préparation à l’oral sont les heures les plus formatrices de toute ma scolarité : deux heures où l’on apprend à réfléchir sur tout. Avec l’impression que j’apprends à réfléchir sur n’importe quoi, des khôlles en classe sur des sujets aussi intéressants que déroutants m’apprennent à créer une réflexion. Le musée. Le mythe. Le Loisir. Les sujets désarçonnent, perturbent, mais grâce à la bienveillance générale, les progrès arrivent vite. L’année est intense. L’Histoire et la Philo prennent beaucoup de temps. Je n’en passe pas assez sur le latin. L’effectif réduit de la classe d’Ulm a pour moi un double avantage : des cours avec des effectifs moins importantsqui permettent un suivi des professeurs extraordinaires ; et le groupe réduit m’incite aussi à m’ouvrir aux autres classes de la prépa, et notamment aux « Hypos ». Le concours arrive. Je passe les épreuves sans briller. Je m’implique surtout dans une campagne active pour attirer mes amis « hypos » en Ulm. Et ça marche. Au mois de juin les résultats tombent. Malgré quelques satisfactions, troisième révolution copernicienne : il faut que je travaille le latin.
Mardi 4 Septembre 2012, 14h00, je suis donc l’un des « vieux » khûbes de la classe d’Ulm. Je ne néglige plus latin et le groupe classe est immédiatement stimulant. Sans aucune rivalité malsaine, l’émulation s’installe. La philo continue ma formation. Le nouveau programme de Lettres Modernes m’enchante : « L’écriture au féminin ». Je prends plaisir à découvrir Le Barrage contre le Pacifique de Duras. Je m’ennuie un peu avec les Lettres de Madame de Sévigné, qui heureusement réveille en revanche mon goût pour l’histoire du XVIIe. Je m’amuse des nouvelles de l’Heptaméron de Marguerite de Navarre. Trois œuvres de plus que je maîtrise au point de les avoir encore à l’esprit aujourd’hui. L’Histoire est toujours aussi lourde, mais elle l’est pour tous, et le double programme maintient ma curiosité éveillée. Et je donne enfin au latin la place qui lui revenait. A mon grand étonnement, un travail sérieux et régulier, en prenant à bras le corps mes difficultés me fait progresser. Je change d’épreuve, spécificité des Lettres Modernes Ulm et passe de la version sèche à la version commentaire. Les résultats sont là. Le groupe classe est si stimulant qu’il nous lie profondément avec les professeurs avec qui nous nous entendons à merveille dans une ambiance studieuse et agréable. Les progrès s’enchaînent. Le concours arrive. Les résultats tombent.
Jeudi 6 Juin 2013, 14H56. Les résultats sont tombés. Je ne fais pas partie des élus mais ce n’est pas pour cela que je pleure. La prépa, et surtout la khâgne et khûbe en Ulm, ont été les plus éprouvantes et plus extraordinaires années de ma vie sur un plan intellectuel. Je n’ai pas à rougir de mes résultats. Ma plus grande satisfaction et de décrocher un 14 en latin, alors que le premier concours blanc de khâgne m’avait réservé un 1,5/20. En deux ans j’ai donc multiplié ma note par plus de 7 ! J’ai réfléchi en Philo. J’ai commenté en Lettres Modernes et Italien. J’ai traduit du latin et de l’italien. J’ai disserté en français, en histoire. Les concours sont ainsi faits que j’ai pu, en tant que Lettres Modernes Ulm, passer les concours d’Ulm et de Lyon. Mes résultats de permettront d’intégrer l’ENS Lyon en Italien, sur dossier, en tant qu’auditeur. Je ne pleure donc pas une admissibilité qui m’est passée sous le nez. Ce sont simplement les larmes de nostalgie inhérentes à toute fin heureuse : la tristesse d’une fin, mais la joie d’avoir vécu ces années « Ulmiennes », dans une petite salle, au fond du couloir.

Lucie A,Théo, Fanny

Lucie A.

Je suis rentrée en CPGE au lycée Edouard Herriot à la rentrée 2011, après un Bac L : j’étais sûre d’aimer l’ensemble des disciplines qu’on regroupe vaguement sous l’adjectif "littéraire", j’avais une nette prédilection pour la littérature et la philosophie ; en revanche, je ne savais ni vers quelle spécialité me diriger, ni vers quelle activité professionnelle tourner mes projets. J’avais de vagues envies d’être critique littéraire, chroniqueuse, prof, parfois ; rien de très réfléchi ou construit, j’imaginais peut-être quelque formation en journalisme pour l’après-prépa. Je me complaisais tout à fait dans le bain culturel généraliste de l’hypokhâgne et à cause de mes projets flous, j’ai été gênée lorsqu’il a fallu choisir, à la fin de l’année, une spécialité pour la khâgne. J’ai finalement hésité entre une candidature au Lycée du Parc pour rentrer en spécialité Philosophie – Lyon et une spécialité Lettres Modernes, au lycée Edouard Herriot, que je pouvais faire soit en préparant le concours de l’ENS de Lyon (dans les ENSL), soit en préparant le concours de l’ENS d’Ulm.

C’est parce que la spécialisation continuait de me faire peur que j’ai été attirée par les spécificités de l’enseignement de la classe d’Ulm qui, conditionné par un concours faussement spécialisant, me semblait maintenir le cadre généraliste que je souhaitais garder. Une spécialité Lettres Modernes, certes, qui représentait quatre heures par semaine, mais il y avait aussi six heures de philosophie, quatre heures d’histoire, des langues à horaires raisonnables également, le tout pour un emploi du temps qui n’était pas si lourd : l’équilibre de cette formation me convenait mieux que l’enseignement des classes ENS-Lyon où la priorité semblait être donnée à la spécialité choisie. La préparation du concours de l’ENS de Lyon en plus du concours d’Ulm me semblait en outre plus faisable dans une classe d’Ulm que l’inverse dans une classe ENSL : le pari n’était pas mauvais puisque j’ai intégré l’ENS de Lyon en 2014 après avoir préparé deux années de suite le concours de l’ENS d’Ulm.

Par ailleurs, la classe d’Ulm comportait une quinzaine d’élèves l’année avant que j’y rentre et l’effet "petite classe" a conforté ma préférence, comme un bonus. Mais je peux affirmer aujourd’hui que ce qui peut apparaître comme un détail au moment de la décision a été, en ce qui me concerne, beaucoup plus déterminant qu’un choix de parcours ou de spécialité. Sans cet entourage restreint de camarades accessibles, sans ces amitiés favorisées par l’ambiance de classe, sans ces professeurs plus disponibles (grâce au petit nombre) pour des questions, des entretiens, du soutien scolaire, mais encore des excursions, des randonnées et même des voyages, sans ces cours, enfin, où une prise de parole est rendue plus facile par le nombre et la familiarité du groupe, je n’aurais certainement pas gagné l’assurance que j’ai désormais.

Ce travail sur l’assurance, sur la confiance en soi-même, est à mes yeux le meilleur avantage de la classe d’Ulm. Cela compte peut-être plus que toutes les performances scolaires qu’apporte une classe de prépa. La diversité des épreuves à préparer et la familiarité des élèves avec les professeurs empêchent de vivre sa prépa discrètement, à moitié, en la fuyant partiellement : quel que soit le projet qu’on a pour la suite, elles cultivent la volonté, le courage et la maturité.


Théo T.

J’ai fait mon hypokhâgne dans un lycée qui ne comportait pas de khâgne classique (i. e. préparant au concours d’entrée à l’ENS d’Ulm). C’est pourquoi je suis venu faire ma deuxième année à Herriot. J’avais appris par une connaissance qu’il y avait relativement peu d’élèves dans la khâgne Ulm, et qu’ils intégraient régulièrement l’ENS, ce qui me convenait tout à fait parce que je voulais « jouer » le concours, mais pas dans les conditions qui sont celles des grandes prépas parisiennes.
Je dois dire que n’ai pas été déçu car j’ai passé deux très bonnes années, et j’ai intégré l’ENS de la rue d’Ulm au terme de mon année de khûbe !
Si j’avais choisi de faire une khâgne Ulm, c’est entre autres parce que j’envisageais de passer l’agrégation de Lettres modernes pour laquelle le latin est obligatoire. Comme j’étais débutant, je voulais faire des progrès rapidement et en effet je me suis assuré une très bonne note dans cette langue aussi bien à l’ENS que lors de l’agrégation.
Avec le recul, je me rends compte que les conditions dans lesquelles j’ai passé mes propres années de prépa étaient idéales. A Herriot, nous n’étions pas plus d’une quinzaine en Ulm, ce qui voulait dire que tout le monde se connaissait. C’est d’ailleurs durant ces années-là que j’ai fait la connaissance de deux de mes meilleurs amis, que je vois encore aujourd’hui.
Par ailleurs, les profs s’investissaient beaucoup, ce qui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’est pas le cas partout (je sais que dans certains lycées parisiens, les profs demandent à leurs élèves de travailleur seuls des pans entiers de leur programme…). Je pense aussi que cela n’a pas de prix de pouvoir entretenir un rapport personnel avec ses professeurs, comme c’était le cas ces années-là.
Attention cependant au « cocooning » : je n’ai jamais retrouvé par la suite la bienveillance dont on faisait l’objet dans cette classe !
Pour toutes ces raisons, je conseillerais la khâgne Ulm à n’importe quel élève qui souhaite disposer d’un cadre de qualité pour préparer les concours, ou tout simplement parfaire sa culture classique, quelle que soit sa vocation ! L’ENS de la rue d’Ulm offre d’ailleurs des possibilités de parcours interdisciplinaires vraiment intéressants. Renseignez-vous ;)


Fanny B.

Je suis actuellement professeur agrégé de Lettres classiques en lycée, et j’ai préparé l’agrégation à l’Université (Lyon III) après avoir suivi une année d’hypokhâgne à Herriot (2004-2005) et deux ans (oui, deux !) de khâgne Ulm (2005-2007) dans ce lycée que j’ai beaucoup apprécié. Grâce à ces trois ans, je me suis sentie très bien préparée à affronter l’Agrégation, aussi bien du point de vue technique (versions et thèmes) que du point de vue de la réflexion approfondie qu’on a exigée de moi en littérature. Bon, voilà pour l’argument « stratégique », que je me devais d’évoquer, mais qui n’est probablement pas spécifique à la classe d’Ulm.

Si je la recommande aujourd’hui, c’est peut-être davantage encore d’un point de vue personnel. Face à la difficulté du travail en classe préparatoire, et ce dans toutes les filières, il s’agissait pour moi de trouver celle dans laquelle je m’épanouirais le mieux. Et je peux affirmer, depuis que j’ai quitté Herriot, que je me suis régalée dans ces deux années de khâgne, même s’il y a eu des moments éprouvants. J’ai beaucoup aimé le hors-programme qui concernait la plupart des disciplines : pouvoir ouvrir les champs et toucher un peu à tous les pans de la réflexions. J’ai aimé approfondir le français, le latin et le grec, tout en sachant que la philosophie et l’histoire restaient importantes dans ma formation. Je vois toujours aujourd’hui les fruits de cette ouverture, aussi bien dans mon métier de professeur que dans ma vie personnelle.

Je me souviens aussi d’une très bonne atmosphère en cours, d’un petit groupe soudé qui savourait le savoir, et qui alliait travail et convivialité. Très important le petit groupe, pour organiser la pause café et le planning hebdomadaire de gâteaux ! Sous ses airs futiles, l’argument n’est pas à négliger, car ce contexte serein et bon enfant de travail a été le meilleur soutien dans ces années intenses...et intensives. Il me semble que dans la classe d’Ulm s’installait plus naturellement cet esprit d’ouverture et de liberté.
A la fin de ma première année de khâgne, j’ai sérieusement songé à cuber en ENS-Lyon. Le concours d’entrée en Lettres classiques semblait (peut-être) (un peu) plus accessible. Mais j’ai compris dans l’été que, tout d’abord, cette impression était fausse, et qu’ensuite, la façon d’aborder le savoir en Ulm me manquerait trop, même si la khâgne Lyon avait des attraits non négligeables. Moi qui suis Lettres classiques et fière de l’être, j’ai un souvenir particulièrement ému pour les 6 h de philosophie que je suis bien contente d’avoir conservées trois ans après le baccalauréat.

J’espère que ce témoignage vous paraîtra juste assez futile et confus pour vous convaincre de vous engager dans cette voie rabelaisienne !

Bien à vous,


Clémence, Jérémie, Laurette

Clémence P.

Après mon hypokhâgne, j’ai passé deux ans en khâgne Ulm Lettres Classiques, deux très bonnes années dont j’ai retiré énormément de choses. J’ai choisi la khâgne Ulm plutôt que la khâgne Lyon pour plusieurs raisons qui ont été confirmées au cours de ces deux ans. Tout d’abord : l’absence de géographie, qui n’a jamais été ma matière favorite, et, en contrepartie, le poids plus important des matières dites classiques, par exemple le latin, pour tous les élèves en khâgne Ulm, mais notamment pour les Lettres Classiques, qui ont, du moins c’est mon avis, une formation plus complète que les Lettres Classiques de la khâgne Lyon. En effet, la khâgne Ulm comporte une heure de thème latin et deux heures d’histoire ancienne (qui n’existent pas en khâgne Lyon) qui permettent de découvrir une facette très importante et, à mon sens, passionnante des études de Lettres Classiques. En outre, en grec et en latin, il n’y a pas de programme à strictement parler (seulement un thème général), ce qui permet d’aborder plus largement l’ensemble (ou presque) de la littérature grecque et latine. Ainsi, d’une façon plus générale, la khâgne Ulm permet de se constituer une solide culture classique, grâce au nombre d’heures d’histoire et de philosophie plus nombreuses qu’en Lyon (avec en histoire un programme supplémentaire qui élargit les perspectives), et de garder une certaine ouverture, puisque les cours sont moins concentrés sur la spécialité choisie que ne le sont les cours de la khâgne Lyon. Enfin, la dernière raison qui m’a poussée à m’orienter vers la khâgne Ulm, est tout simplement le choix de l’ENS d’Ulm plutôt que celui de l’ENS de Lyon. Ce sont toutes les deux de très bonnes écoles, mais la première m’a plus attirée à la fois par la liberté qu’elle assure à ses élèves, qui peuvent, une fois entrés à l’ENS Ulm, choisir leurs enseignements, voire changer de spécialité sans problème, et par sa localisation, qui la place au plus près des institutions littéraires françaises.


Je m’appelle Jérémie P. et j’ai fait trois khâgnes Ulm (2012-2015). Ces trois années, ajoutées à l’hypokhâgne (2011-2012), sont au nombre des années les plus formatrices et les plus enrichissantes que j’aie vécues.

Les années de khâgne sont à mon sens des années irremplaçables au niveau de la méthode, de la rigueur intellectuelle et de la transdisciplinarité. La khâgne Ulm présente en effet l’avantage considérable d’offrir une formation que l’on pourrait qualifier de généraliste, car les étudiants conservent presque toutes les matières de l’hypokhâgne, tout en choisissant une spécialité qui leur permet d’approfondir la ou les matières qu’ils affectionnent le plus. Pour peu qu’on passe en sus les concours de Lyon ou de Cachan — et il est toujours préférable d’être en Ulm pour sérieusementprésenter au moins deux concours, vu l’importancedu double programme d’histoire et de celui de latin, qui sont deux matières très discriminantes —, l’on devient alors une jeune personne véritablement protéiforme, intellectuellement parlant. Une pensée critique, profonde, polyvalente est, à mon sens,l’un des cadeaux promis par la classe d’Ulm.La khâgne Ulm d’Herriot propose les spécialités suivantes : Lettres Classiques, Lettres Modernes et Théâtre — les deux dernières pouvant donner lieu à une double spécialité, ce qui rend possible l’union de deux matières complémentaires.

Si le double programme d’histoire (écrit et oral), la langue ancienne obligatoire, les six heures de philosophie et les khôlles de français hors-programmevous font peur, détrompez-vous : réjouissez-vous plutôt à l’idée de devenir bientôt de nouveaux Socrates, maîtres ès cultures classiques et contemporaines, capables de déployer une réflexionpertinente sur le savoir humain, et ce, simplement en allant en khâgne Ulm : n’est-ce pas le nec plus ultra ? Sans rire, les diverses matières étudiées s’enrichissent les unes et autres et feront de vous de futurs enseignants, de futurs traducteurs, de futurs diplomates ou tout simplement de futurs adultes, si votre choix s’oriente vers un autre métier, qui sauront faire flèche et feu de toutes les connaissances acquises en terre d’Ulm.

Vous apprendrez vite qu’une des maximes du bon khâgneux (de quelque bord qu’il soit) est « On peut toujours travailler mieux » et non pas « On peut toujours travailler plus », le but n’étant pas pour vous de mourir étouffés sous des mers de fiches, de dictionnaires et de cours, manuscrits ou dactylographiés.Car c’est en forgeant qu’on devient forgeron, en lisant qu’on devient liseron ! Et pour vous, les (futurs) latinistes, je dirai même : fabricando fit faber !
La préparation à l’oral est et doit être importante, tout au long de l’année, afin de préparer au mieux l’étape-clef qui vous permettra de réussir à intégrer l’établissement dont vous rêvez : car les capacités qui sont déjà les vôtres et que vous ferez grandir et s’épanouir, ajoutées à celles que vous acquerrezau fil d’une ou deuxannées en classe d’Ulm (voire trois, pour les plus fous — c’est possible !), vous permettront de prétendre au vaste choix d’écoles proposées par la Banque d’Épreuves Communes, sans pour autant que vous oubliiezle Graal qu’est l’École Normale et qui doit aiguillonner vos efforts. Je suis actuellement normalien à la rue d’Ulm et puis vous assurer que les enseignements dispensés en classe d’Ulm, les professeurs qui s’y trouvent, dévoués, passionnants et passionnés, ainsi que les camarades, qui, pour certains, deviendront compères d’une année, amis fidèlesou aides précieuses, sont une chance inouïe qu’on ne saurait manquer.

J’étais pour ma part en spécialité Lettres classiques :en classe d’Ulm, les spécialistes de latin et de grec peuvent réellement puiser à la source la beauté du monde antique. Grammaire et civilisation s’entremêlent pour faire sourdre de l’étude des textes de véritables capacités linguistiques et littéraires. Pour les non-spécialistes, un thème général est donné chaque année (Amour et amitié, Les dieux et les hommes, Guerre et paix, Le pouvoir, Le corps…), mais les spécialistes, qui profitent de ce versant-là, ont aussi des épreuves hors-programme qui les astreignent à une étude générale des littératures grecque et latine : la formation est donc double et doublement fructueuse. Il faut aussi savoir que le lycée Herriot est un des rares lycées de France à proposer la spécialité Lettres classiques pour l’École Normale de Lyon, option que l’on peut suivre même lorsqu’on est en Ulm et qui permet de s’affronter à la traduction de quatre œuvres complètes, ce qui sera, je vous l’assure, d’une utilité incroyable pour la suite de vos études en Lettres classiques. Enfin, si ça vous botte de vous dire que vous faites partie des derniers Gaulois qui résistent et apprennent encore latin et grec, la spécialité Lettres classiques est faite pour vous !
Quid plura ? Vivent la khâgne Ulm et le lycée Herriot ! Vous êtes chaleureusement les bienvenu.e.s.


Laurette L. – Khâgne et khûbe Lettres Classiques ULM

Après avoir passé un an en classe d’hypokhâgne avec option latin et grec, j’ai effectué une khâgne et une khûbe Lettres Classiques dans la classe d’ULM du lycée Edouard Herriot. Cela a vraiment été une bonne expérience pour moi et même si on ne passe pas que des bons moments en prépa, ce sont surtout ceux-là que l’on retient.

• Pourquoi avoir choisi ULM alors que la spécialité que je voulais faire existait aussi en LYON ?
D’abord parce qu’en préparant le concours d’ULM, on garde une formation plus générale qu’en Lyon, où la spécialité prend presque la moitié de l’emploi du temps. En ULM, on a donc plus d’histoire (4h par semaine) et plus de philo (6h par semaine) en tronc commun, et le même volume horaire que les Lyon pour le français (5h par semaine). Au concours, toutes les épreuves ont le même coefficient là où l’ENS de Lyon attribue un coefficient plus fort pour le français.
Le fait qu’il y ait moins d’élèves en ULM a aussi conforté mon choix de khâgne. Quand j’étais en khârré, nous étions 14 (sans compter les élèves en Chartes) et l’année de ma khûbe nous étions 13. L’ambiance des cours était relativement bonne et on pouvait bénéficier d’un réel accompagnement de la part des professeurs.

• Quels sont les cours spécifiques aux lettres classiques en ULM ?
Pour ce qui est des Lettres Classiques, quelques heures de latin et de grec se font en commun avec les élèves inscrits en Lyon à Herriot. Comme les épreuves orales diffèrent selon les ENS, deux heures par semaine sont réservées à la préparation de l’oral de latin à ULM et il en est de même en grec. Il faut également savoir qu’en ULM nous avons deux heures d’histoire ancienne par semaine, en vue de préparer l’épreuve orale. Les cours suivent un programme défini par l’ENS à la fois pour l’histoire romaine et pour l’histoire grecque. Il y a aussi une épreuve de thème latin spécifique au concours d’ULM, à l’écrit cette fois.

• Pourquoi avoir « khûbé » en ULM ?
Parce que beaucoup de mes camarades de classe de khârrée était des khûbes et qu’ils m’avaient tous dit qu’ils avaient progressé de manière significative pendant leur troisième année de prépa. Ils n’avaient pas tort !
Pendant mon année de khûbe, j’ai progressé dans toutes les matières sans exception et j’ai obtenu de meilleures notes au concours que l’année précédente. J’ai été sous-admissible pour les deux ENS alors que je n’avais rien obtenu la première fois que j’ai passé le concours.
La khûbe permet vraiment de consolider ce qu’on a commencé à acquérir durant les deux premières années de prépa. Le travail que l’on fait est plus méthodique et plus efficace, et on devient plus exigeant avec soi-même. On passe un peu plus à l’oral pour servir d’exemple aux khârrés – notamment en philo et en français – et cela encourage notre progression.

Les gens qui nous entourent en ULM – professeurs et élèves – ont aussi leur importance. Je pense que si je n’avais pas rencontré un si bon groupe de classe en khâgne, je n’aurais pas fait une troisième année de prépa. Avoir des camarades et un corps enseignant qui vous poussent à vous dépasser tout en restant disponibles en cas de baisse de moral est quelque chose de très stimulant. De plus, j’ai participé aux voyages proposés par les enseignants de la classe d’ULM, ce qui m’a permis de renforcer mon attachement aux personnes que je côtoyais en classe et de créer de nouveaux liens en dehors du contexte purement scolaire.

Maïté, Raphaël, Thaibault

Maïté R.

Engagez-vous, rengagez-vous qu’ils disaient. J’ai passé deux ans en khâgne Ulm, la preuve que ça n’était pas si terrible – ou que je refoule mon côté masochiste, qui sait. Sur le coup, il faut bien avouer que ces deux années furent particulièrement intenses sur le plan intellectuel comme sur le plan physique, parfois éprouvantes nerveusement, souvent difficiles, toujours passionnantes.

Avec le recul, je me rends compte que ce n’était pas si dur, loin de là, en comparaison de la vie active. En fait, j’en garde un très bon souvenir, celui d’une période riche en connaissances, en apprentissages et en rencontres. Culturellement parlant, je doute que l’on fasse mieux que la classe de préparation à l’ENS Ulm. Le programme du concours est énorme, et c’est là tout son intérêt justement. Alors préparez-vous à en prendre plein la tête. Si vous n’êtes pas boulimique de savoir, passez votre chemin. Si vous n’en avez jamais assez, cette khâgne est faite pour vous. Je vous rassure, il ne s’agit pas que de bachoter bêtement. Dans cet environnement de travail, votre cerveau est constamment en ébullition. Les cours, les enseignants, vos camarades, tout vous stimule. Je n’ai jamais retrouvé un tel enthousiasme intellectuel à la fac, ni dans ma vie professionnelle. Le niveau d’exigence est très élevé. Tant mieux ! Cela vous tire vers le haut. Et puis, il y a le côté humain de cette classe si particulière : des effectif restreints, des professeurs de qualité qui vous chouchoutent, des étudiants passionnés et passionnants. C’est une véritable famille que j’y ai trouvée, des amis qui me sont toujours chers aujourd’hui, fidèles, solidaires, loin de l’image de compétition acharnée et impitoyable que l’on nous donne souvent des classes préparatoires. Ces gens m’ont beaucoup apporté, beaucoup appris. Je ne les en remercierai jamais assez.

Pour résumer tout cela, je dirai que la classe de préparation au concours de l’ENS Ulm est un marathon. C’est une épreuve, épuisante physiquement et mentalement, une course dans laquelle on se lance sans trop savoir pourquoi, sans trop savoir où cela va nous mener, mais avec l’idée aussi bizarre qu’obsessionnelle de la finir, coûte que coûte. Il y a des hauts et des bas. Vous devez puiser dans vos retranchements les plus profonds pour tenir la distance. Les derniers kilomètres sont un enfer. Vous vous demandez ce qui vous a pris de vous lancer dans une telle entreprise. Votre corps est en feu. Vous songez à abandonner. Mais non. Vous dépassez vos limites et réussissez à franchir la ligne d’arrivée. Qu’importe le classement final, vous l’avez fait. Les courbatures sont là, la douleur, les endorphines aussi, le plaisir, la fierté. Si vous jetez un regard en arrière, sur la ligne de départ, vous verrez votre ombre, le souvenir de cette personne que vous étiez avant. Vous verrez ce que vous avez accompli. Vous verrez que vous avez grandi. 42 kilomètres en petites foulées, c’est long, mais cela en vaut la peine.

En ce qui me concerne, j’ai commencé le jogging après la prépa (difficile de trouver le temps pendant). J’y suis devenue accro. Alors qui sait, un jour je courrai peut-être un vrai marathon.


Raphaël L.

Ce qui m’a d’abord attiré dans le choix de la classe d’Ulm, ce sont les heures de cours consacrées à chaque matière : beaucoup plus homogène, le quota horaire de chaque discipline permet un réel approfondissement. En raison des programmes de l’oral, qui sont légèrement différents, j’ai eu l’occasion en classe d’Ulm, que ce soit en Français, en Histoire ou encore en Philosophie de questionner des domaines et des textes avec un horizon très large. Par simple curiosité, et par désir de pousser plus loin l’acquisition d’une culture générale, j’ai aimé l’opportunité d’accorder à chaque matière, et pas seulement à ma spécialité, un nombre d’heures conséquent. A cela s’ajoute la possibilité de passer les deux concours de front, puisque les enjeux de la préparation de la géographie par rapport à ceux de la maîtrise d’une langue ancienne ne sont pas les mêmes.

Dans le même ordre d’idée, grâce aux répartitions horaires des matières, j’ai pu pendant ma première khâgne mener de front les spécialités Lettres Modernes et Etudes théâtrales : j’ai suivi les cours des deux matières pendant toute l’année et n’ai eu à faire mon choix qu’au moment de l’inscription au concours ; en plus d’être un délai supplémentaire pour le grand indécis que j’étais, cette opportunité offerte par la classe d’Ulm m’a permis d’ajouter la connaissance approfondie de trois œuvres à ma culture littéraire et d’obtenir une équivalence de 120 crédits en fin d’année, même sans l’obtention d’une sous-admissibilité. C’était une véritable chance que de pouvoir persévérer dans deux matières qui me tenaient beaucoup à cœur.

Le groupe-classe d’Ulm est nécessairement plus réduit. Les cours de langues, modernes ou anciennes, sont tout à fait différents du point de vue de la participation que sollicite le nombre restreint d’étudiants. De même, l’exigence d’entraînements oraux combinée avec le nombre plus modeste d’étudiants pousse de fait à une préparation plus régulière, plus intense, et nourrie de plus d’expériences. Et cela n’implique pas une surcharge de travail, parce que de toute façon, en prépa, quoi qu’il en soit, on travaille beaucoup ( ! révélation ! ). De plus, le petit nombre favorise la connaissance des élèves entre eux, et cela a eu comme résultat une ambiance de classe mémorable pendant mes années de khâgne.

Tout cela se ressent dans la suite du parcours, à plusieurs titres. Etant maintenant à la fac, je me réjouis d’avoir choisi le cursus d’Ulm car, ayant commencé le latin en hypokhâgne sans en avoir jamais fait avant, j’ai pu acquérir un niveau largement supérieur à la moyenne en fac. Dans la rédaction de mon mémoire de recherche, également, je convoque souvent des éléments que j’ai pu croiser grâce à l’équilibre important des matières en Ulm, et qui constituent aujourd’hui, pour moi, un socle de culture générale assez solide et immensément utile. L’horizon large de la classe d’Ulm nous pousse à convoquer une culture humaniste qui n’est pas faite d’une seule discipline, et nous aide à appréhender notre matière de spécialité avec l’éclairage d’autres domaines.


Thibault L., Lettres Classiques

Outre le fait que la préparation Ulm proposée par le Lycée Edouard Herriot m’a offert une rigueur et un socle de connaissances qui me seront indispensables toute ma vie durant, j’aimerais insister sur le fait que cette petite structure portée par des enseignants volontaires, à l’écoute et toujours présents, permet véritablement un contact humain vital dans ce genre de formation.
J’ai aimé mes années en Ulm car je ne me suis pas senti comme le rouage d’une usine à gaz mais bien comme un humain à qui l’on a magnifiquement enseigné les humanités. Et cela m’a permis d’être choisi comme auditeur libre à l’ENS Lyon, puisque j’ai pu passer les 2 concours.
A posteriori, je ne peux bien-sûr que recommander cette formation fondamentale à mon existence.

Tsolag P, Benoît L, Déborah

Tsolag P.

Aller en classe Ulm, c’est maintenir l’éventail des matières encore largement ouvert. La préparation des oraux de l’E.N.S. de Paris, qu’on la vise ou non, et qui sont sans programme spécifique, apporte dans chaque matière une variété que ne fournit pas la seule préparation des écrits. Les cours d’Histoire sont beaucoup plus riches. Si l’on aime la philosophie et qu’on ne veut pas se limiter à un seul thème toute l’année, les heures supplémentaires de philosophie amènent à traiter les sujets les plus variés chaque mercredi, sous la forme de cours non magistraux et plus participatifs, et qui ont été pour moi parmi les heures les plus stimulantes en prépa. Peu importe, en ce qui concerne ces raisons, qu’on vise l’E.N.S. ou pas.

Si l’on veut tenter l’E.N.S., parce qu’on a aussi droit d’avoir ce genre d’espoirs ou d’ambitions, il faut quand même savoir qu’il est beaucoup plus simple de préparer les deux E.N.S. quand on est en classe d’Ulm que l’inverse. Et puis, si on vise l’E.N.S. sans être convaincu de vouloir enseigner ensuite, c’est évidemment vers Ulm qu’il faut se tourner.


Benoît L., Lyonnais de cœur, éternel ancien étudiant du lycée Herriot

Quand j’étais hypokhâgneux, j’entendais souvent parler de la classe Ulm. Je savais peu de choses. Pour moi, c’était la classe « là-bas », au fond du couloir. Une salle petite, pas plus d’une dizaine d’étudiants. J’en ai retrouvé quelques-uns l’année suivante.

Je suis un passionné d’histoire d’ancienne, mais aussi de latin et de grec. Un professeur avait dit en conseil de classe : « Il est le prototype du parfait Ulmien ! » Alors j’ai sauté sur l’occasion. Et puis, il y avait de l’histoire ancienne, et encore plus de lettres classiques. Ils étaient nombreux à côté, ceux qui préparaient le concours de l’ENS Lyon. Deux classes complètes, à fort effectif. Quant à nous, pas plus de treize, si mes souvenirs sont bons.

Le latin ? Le grec ? Je n’avais pas un niveau extraordinaire. D’ailleurs, j’ai patienté longtemps, avant d’avoir de bons résultats. Enfin, on peut dire que j’ai fait patienter mes profs – au sens étymologique du terme. Je m’en sers tous les jours pourtant, quand je consulte des sources historiques pour mes recherches. J’en ai fait beaucoup, de la grammaire, et ça m’a beaucoup servi, même si c’était dur au début. La base de la réussite, c’est l’effort. Et ça a fini par payer – j’ignore encore comment – en troisième année. Cette année, c’était celle de l’épanouissement intellectuel.

Si l’on me demandait de me souvenir rapidement de tout ce que j’ai appris et fait dans cette classe d’Ulm, j’en serais bien incapable. Et pourtant, tous les jours, j’en suis encore imprégné. Des souvenirs me reviennent. Le goût du défi, comme le jour où un professeur, en distribuant les versions du concours blanc de grec, consulta rapidement le titre et l’auteur du texte, et ajouta, dans un grand sourire, « Vous êtes perdus ! »

Je n’ai pas fait que du latin ou du grec là-bas, au fond du couloir. J’ai fait bien plus, mais je ne vous apprends rien. Pour ma part, je garderai le souvenir impérissable des cours d’histoire ancienne, d’espagnol, de philosophie, de français… Tant d’autres choses.

Je n’ai peut-être pas eu le concours d’Ulm, mais une chose est sûre, la prépa m’a donné les armes pour obtenir plus tard mon agrégation d’histoire. Et une sacrée maturité intellectuelle. Ce n’était pas encore mon heure, c’est tout. Mais à chaque étape de mon parcours, à chaque moment de mes recherches, je mobilise ce formidable héritage.

Croyez-le ou non, je considère mes anciens professeurs comme des collègues aujourd’hui, et aussi comme des amis.

Je ne garde que de bons souvenirs de mon passage en prépa Ulm, pour une raison précise. C’est à ce moment-là que je suis entré dans l’âge d’homme.
Je citerai Flaubert, à la fin de l’Education Sentimentale : « C’était là ce que nous avions de meilleur… »


Déborah P., 27 ans, professeure de français à Évian-les-Bains
En CPGE à Edouard Herriot de 2006 à 2009

Une expérience essentielle de mon parcours et fondatrice dans mon identité

Mes trois années en CPGE au lycée Édouard Herriot m’ont beaucoup apporté. En entrant en terminale, j’ignorais jusqu’à l’existence des prépas. Leur mode de fonctionnement m’était ainsi totalement inconnu. Le changement entre le lycée et la CPGE est bien sûr énorme, notamment quant aux méthodes et à la somme de travail. Mais à Édouard Herriot, j’ai eu la possibilité de m’acclimater sans que cela me paraisse trop violent car les professeurs sont très présents auprès de nous et bienveillants. Pour ce qui est de l’ambiance, je préfèrerais parler d’émulation que de compétition car l’entente est plutôt cordiale et que l’on parvient généralement à travailler en équipe au sein d’un groupe pour améliorer l’efficacité et approfondir les connaissances.

Si je devais définir cette expérience en quelques mots, je dirai que ce fut très enrichissant personnellement et intellectuellement, formateur… Je dois ma réussite lors de concours ultérieurs à cette formation très complète. En sortant du lycée, on ne sait pas vraiment travailler : à Édouard Herriot, on nous l’apprend. Les cours sont passionnanst, les exercices très formateurs et les exigences élevées, mais adaptées : c’est très stimulant !

Je ne dirais pas que ce furent des années faciles, j’ai bien pleuré quelquefois, mais j’en garde un souvenir très positif. J’ai d’ailleurs choisi de khûberen prépa Ulm qui, plus généraliste, me convenait mieux, puis j’ai beaucoup regretté la prépa une fois que je l’ai quittée pour l’Université…

Sur le plan personnel, on apprend beaucoup sur soi, on se crée une culture très diversifiée, surtout en classe d’Ulm où l’oral est sans programme, on se développe, notre personnalité se forme (on ne nous « formate » pas), on repousse ses propres limites à son rythme, on noue des amitiés durables.



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