L’intelligence a-t-elle un sexe ? Les 1S2 ont assisté à la conférence de la Quinzaine régionale pour l’égalité femmes-hommes.
Article mis en ligne le 3 novembre 2013 par M. ULIANA
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Le lundi 14 octobre 2013, la classe de 1S2 du lycée a assisté à la conférence organisée par la Région Rhône-Alpes sur le thème « L’intelligence a-t-elle un sexe ? », accompagnée par Mme Lamartine, Mr Tiano et Mme Uliana, respectivement professeurs de SVT, physique-chimie et documentaliste. Ce débat entrait dans le programme de la Quinzaine pour l’égalité femmes-hommes. En effet, des inégalités et des stéréotypes persistent dans ce domaine. Comme le rappelle au début de la conférence Anne-Cécile Sarfati, directrice du programme Elle Active, il y a toujours 30% d’écart de salaire entre les hommes et les femmes et les femmes sont encore sous-représentées dans les directions des entreprises.

Alors les femmes seraient-elles moins intelligentes que les hommes ? Le but de cette conférence était de confronter les points de vue de deux spécialistes, Catherine Vidal, neurobiologiste et Serge Hefez, psychiatre.

Afin de se préparer au débat, des élèves ont réalisé des microtrottoirs sur ce thème auprès d’élèves et d’adultes. D’autres ont créé un compte twitter pour la classe, afin de livetwitter la conférence.

Pour commencer à répondre à la question, Catherine Vidal, la neurobiologiste, définit l’intelligence comme un concept regroupant des aptitudes et des capacités diverses, et notamment des capacités d’adaptation par rapport à l’environnement et d’anticipation [1] qui distingue l’être humain de l’animal. Selon Serge Hefez, le psychiatre, il existe neuf formes d’intelligence, dont l’intelligence émotionnelle qui consiste à reconnaître ses propres émotions et les gérer.

C. Vidal précise que les femmes ont en général un cerveau plus petit que celui des hommes. Mais la taille n’influe pas sur l’intelligence de la personne ! Einstein avait un cerveau de 1,2kg, ce qui est le poids moyen de cerveau pour les femmes. La neurobiologiste reprend le cliché des filles peu à l’aise en maths mais à l’aise dans la communication et les langues : non, les filles n’ont pas un cerveau incompatible avec les maths. Il s’agit d’un manque de confiance en soi dû au poids des vieux stéréotypes de plus de cinquante ans. D’ailleurs, Serge Hefez précise qu’il y a un phénomène d’identification qui joue sur les résultats des filles : avec une professeure de maths, les filles ont généralement de meilleurs notes et elles participent plus à l’oral qu’avec un professeur.

Au sujet des différences de cerveau entre les femmes et les hommes, Catherine Vidal explique qu’il y a plus de différences entre deux personnes du même sexe qu’entre deux personnes de sexe différents. Grâce aux techniques d’imagerie cérébrale, on a pu constater que les seules différences concernent les activités hormonales et celles liées à la reproduction. Toutes les autres activités cognitives sont façonnées par l’expérience et l’apprentissage. Catherine Vidal insiste sur la distinction entre inné et acquis pour dire que nos différences viennent de l’acquis : nous naissons tous avec les mêmes capacités pour connecter nos neurones mais les connexions, le câblage entre les neurones se fait en fonction des stimulations de notre entourage et la société. Serge Hefez rajoute que « le genre précède le sexe », c’est-à-dire qu’avant même que l’enfant ait conscience de son sexe, masculin ou féminin, il connaît son genre, masculin ou féminin, selon ce que lui inculquent ses parents et son environnement. Par exemple, les petits garçons sont plus allaités à la demande que les petites filles, plus souvent allaitées à heure fixe, dans le but de les rendre plus dociles ?

Le genre est l’ensemble des représentations sociales attribuées aux hommes et aux femmes. Parmi ses représentations, Serge Hefez rappelle que la femme est dirigée par l’homme et qu’elle se repose sur lui. En conséquence, les hommes se sentent plus forts, par leur virilité, et les femmes se sentent inférieures. Catherine Vidal explique aussi que les stéréotypes, c’est-à-dire les croyances que nous avons, sur la différence des sexes, impliquent forcément une classification, qui enferme tous les individus dans certains rôles selon leur sexe, et aussi une hiérarchie entre les sexes, avec des dominants et des dominés, et le plus souvent des dominées !

Certains propos ont semblé trop flous pour être relatés dans ce compte-rendu, notamment ceux de Serge Hefez sur le psychisme et la théorie du genre. Parmi les élèves, les réactions sont mitigées : les intervenants ont donné des exemples parlants, mais il n’était pas toujours évident de synthétiser tous leurs propos pour avoir une réponse claire à la question et comprendre que finalement, la réponse est à la fois oui et non : oui, il y a des différences dues à la société et non, il n’y a pas de différence entre les capacités intellectuelles des hommes et des femmes.

Cécile Cassat-Pennel et Elsa Charrion (élèves de 1S2), Mme Uliana (documentaliste)

Notes :

[1] Selon Cécile, élève de la classe, on a découvert récemment que les grands singes ont également cette capacité d’anticipation.

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