Né à Lille, le 30 Septembre 1870, Jean Perrin était le fils d'un officier
d'infanterie issu d'une famille de paysans.
Sa mère, originaire de Boulogne-sur-Mer, était apparentée à F.Sauvage, inventeur de
l'hélice marine en 1832.
Il fit son entrée au Petit Lycée de Saint Rambert, en qualité de pensionnaire,
boursier national, le 1er novembre 1879. Il devait y passer 4 années, marquées chacune
par l'obtention du prix d'excellence de la classe.
Brillant élève, il réussit aussi bien en lettres qu'en sciences, mais sa vocation
scientifique l'emportant, il vint à Paris suivre la classe de mathématiques spéciales
au Lycée Janson de Sailly.

Entré à l'Ecole Normale Supérieure en 1891, il y reste comme
préparateur. En 1895, il découvre certaines propriétés des rayons cathodiques dont il
démontre la nature corpusculaire et la charge négative; ses expériences joueront un
grand rôle dans la découverte des électrons. Peu après, en 1898, il est chargé de
l'enseignement de la Chimie physique à la Sorbonne (enseignement qu'il assurera jusqu'en
1939).
Il poursuit activement ses recherches sur l'équilibre de sédimentation des solutions
colloïdales (liquides dans lequel un corps solide est dispersé en granules dont la
dimension moyenne est comprise entre deux dixièmes et deux millèmes de micromètres) et
le mouvement brownien (dont les lois furent vérifiées par Jean Perrin à l'aide de
suspensions de gomme-gutte, dont les granules sont parfaitement visibles au microscope).
Il en déduit en 1908 la valeur précise du nombre d'Avogadro, de laquelle on put alors
déduire les masses de diverses sortes d'atomes et aussi, en utilisant les lois de
Faraday, la charge e et la masse m de l'électron.
Après la guerre, ses travaux portent principalement sur l'intervention de
la lumière dans les réactions chimiques et sur les phénomènes de fluorescence.
Il est élu le 11 Juin 1923 à l'Académie des Sciences (dans la section de Physique
générale) et obtient le Prix Nobel de Physique en 1926 «pour ses travaux sur la
structure discontinue de la matière, en particulier pour sa découverte de l'équilibre
de sédimentation».

Il est sous-secrétaire d'état à la recherche scientifique
en 1936, dans le gouvernement de Léon Blum. En 1937, à l'occasion de l'Exposition
Universelle, il crée le Palais de la Découverte.
Depuis, des expositions, des démonstrations, des expériences que le visiteur peut
lui-même réaliser, font que le Palais de la Découverte réalise le programme défini
par son fondateur : «montrer la science en train de se faire».
Comme l'a souligné le savant Louis de Broglie:
« Attirer l'attention du public sur l'importance des résultats
scientifiques, lui inspirer admiration et respect pour la grande oeuvre
poursuivie par les savants, susciter parmi les jeunes visiteurs la
vocation de la recherche, tels furent les buts poursuivis par Jean
Perrin en créan le Palais de la découverte».

Grâce aux initiatives et aux demandes de Jean Perrin, la caisse nationale
des sciences est réunie à la caisse des recherches scientifiques, pour former un service
central de la recherche scientifique, dont nait ensuite le Centre National de la Recherche
Scientifique (C.N.R.S).
Ancien combattant de la guerre 14-18, il n'accepte pas la défaite de la France en 1940,
gagne les USA pour continuer le combat et prend la direction de l'Université française
de New York. Il meurt à New York le 17 Avril 1942.
Ses cendres sont ramenées en France le 18 Novembre 1948, et solennellement transférées
au Panthéon (le même jour que celles de Paul Langevin, l'un de ses condisciples à
l'École Normale Supérieure).
Enfin Jean Perrin est le père de Francis Perrin, lui aussi éminent physicien,
spécialiste de la fission nucléaire (aux cotés de Frédéric et Irène Joliot-Curie),
et qui fut une des grandes figures du C.E.A. (Commissariat à l'Énergie Atomique), qu'il
dirigea de 1951 à 1970.