PRIX LYCEEN DU LIVRE DE PHILOSOPHIE
Article mis en ligne le 7 octobre 2015 par Philosophie
Imprimer cet article logo imprimer

Une nouvelle initiative prend place cette année dans la vie lycéenne : LE PRIX LYCÉEN DU LIVRE DE PHILOSOPHIE !

Le café Philo se propose d’être partenaire de cette opération en vous accompagnant dans la lecture et le questionnement de 5 oeuvres philosophiques. Dans le cadre du café Philo, cet évènement fera ainsi l’objet d’exposés sous forme de fiches de lecture et de débats autour des notions abordées dans ces ouvrages.

Le prix lycéen du livre de philosophie s’adresse aux élèves de première et terminale. Les inscriptions se font au CDI auprès de Mme Quemin (documentaliste) ou M. Brugère (professeur de Philosophie).

Les livres sélectionnés sont les suivants et peuvent être empruntés au CDI :

1) Florent Bussy, Qu’est-ce que le totalitarisme ?, Éd. Vrin.

Les régimes totalitaires sont au cœur du XXe siècle. On les confond souvent avec les despotismes qui ont dominé l’histoire, ignorant ainsi ce qui les anime et les distingue : un fantasme idéologique d’unification totale de la société, par une violence inouïe visant à faire disparaître les populations censées être responsables des crises. Cet essai rend compte du caractère révolutionnaire du totalitarisme, en montrant qu’il s’en prend non seulement à ses opposants réels, mais à l’humanité de l’homme en sa spontanéité. Les textes d’Arendt et d’Orwell étudiés montrent ainsi que, dans le totalitarisme, les lois, qui stabilisent les affaires humaines, laissent place à une mise en mouvement permanente de la société et la réalité empirique à la fiction psychotique d’une société totale.

2) Christophe Genin, Kitsch dans l’âme, Éd. Vrin.

Le kitsch, par-delà l’enjeu esthétique d’une affaire de goût ou de style, est un choix existentiel dans lequel un parvenu met toute son âme pour épater autrui. Cette âme est le coeur mis à l’ouvrage par une conscience morale en quête de bonheur plus que de vertu. La question est de comprendre cette âme de l’homme qui a opté pour le kitsch ou qui veut s’y fondre par une contrefaçon d’immortalité. Image de soi fixée à un temps de jeunesse radieuse, comme si l’instant joyeux réfractait toute l’éternité possible, comme si l’humain pouvait, dans l’ivresse d’une seconde, retrouver l’Eden d’un monde sans négativité où même les tragédies de l’histoire seraient maquillées de paillettes.

3) Catherine Kintzler, Penser la laïcité, Éd. Minerve.

La laïcité est une idée à la fois simple et difficile – ce n’est pas incompatible. C’est paradoxalement sa pauvreté (son minimalisme) qui en fait la puissance. Il ne sert à rien de dire qu’elle est abstraite : son efficacité concrète s’apprécie à la quantité de liberté qu’elle rend possible. C’est ce qu’on essaie de montrer en examinant les questions « de terrain » qui ont jalonné les deux dernières décennies, entre autres : qu’est-ce que l’extrémisme laïque ? Comment la laïcité a-t-elle été offerte en cadeau à l’extrême droite ? L’interdiction du masque intégral est-elle d’inspiration laïque ? La liberté des cultes requiert-elle un soutien public ? Une entreprise peut-elle revendiquer la laïcité ? Y a-t-il une « spiritualité laïque » ? Autant d’occasions pour l’auteur de tester une théorisation générale et d’élargir la réflexion par des échappées philosophiques – sur la nature du lien politique, les formes de la liberté, la notion de communauté, l’identité, la notion de position critique, le statut de la culture, celui de la morale et de la perfectibilité.

4) Olivier Rey, Une folle solitude. Le fantasme de l’homme auto-construit, Seuil.

Tout au long du XXe siècle, les enfants, dans leurs poussettes, ont fait face à l’adulte qui les promenait. Jusqu’aux années 70, où un retournement massif est intervenu : brusquement, on s’est mis à orienter les enfants vers l’avant. Pourquoi cette inversion ? La question, sous ses apparences anodines, nous entraîne dans une enquête inattendue et passionnante au coeur du monde contemporain. La démocratie et la science, nos références cardinales, ont contribué conjointement au retournement : l’une et l’autre privilégiant un sujet libéré du poids du passé, des entraves traditionnelles, un sujet regardant d’emblée vers l’avant et auto-construit. Sommes-nous pour autant devenus des surhommes qui tirent leur être d’eux-mêmes et élaborent de façon autonome leurs valeurs ? Ou bien sommes-nous restés des hommes qui, à récuser toutes les autorités, risquent de s’abandonner aux déterminismes aveugles et aux fantasmes régressifs que, vaille que vaille, les civilisations s’efforçaient d’apprivoiser ? Pour Olivier Rey, les récits inventés depuis un demi-siècle par la science-fiction sont moins fantaisistes qu’on ne le pense : ils nous instruisent sur un réel qui, sous des dehors rationnels, est plus que jamais gouverné par l’inconscient. Ses analyses éclairent les orientations actuelles de la biologie qui, s’emparant de la reproduction humaine, a entrepris de matérialiser des théories infantiles, de nous affranchir des chaînes généalogiques et de l’obscurité de l’origine sexuelle. L’examen des doctrines éducatives en usage, promouvant un enfant délivré de la tutelle des adultes, constructeur de ses savoirs et de lui-même, nous permet de mesurer à quel point l’utopie de l’auto-fondation a pénétré notre monde.

5) Frédéric Worms, Revivre. Éprouver nos blessures et nos ressources, Champs-Flammarion.

Un verbe exprime en français l’un des secrets de notre être et l’une des clés de notre époque maniaco-dépressive : ce verbe, c’est revivre. Il a deux sens que tout paraît opposer. Revivre, c’est en effet renaître, retrouver le sentiment d’être vivant et relié à autrui. Mais c’est aussi se laisser rattraper par « un passé qui ne passe pas » et se replier sur soi-même. Chacun de nous fait cette double expérience, souvent sans le savoir. Il faut pourtant la penser, l’affronter, résister à ce qui nous enferme, accéder à ce qui nous délivre. Inventaire de nos blessures et de nos ressources, diagnostic du moment présent, parcours dans les idées et les œuvres, ces propos renouent avec les actes les plus intenses de notre vie. Un art de vivre, c’est-à-dire de revivre, qui pourrait bien être le seul possible aujourd’hui.

Belles envolées philosophiques à vous,

M.BRUGERE

puce Contact puce Espace rédacteurs puce squelette puce RSS puce Valid XHTML 1.0 Strict
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V2
Version :