LES CONSÉQUENCES
DE LA CONSTRUCTION DU PARKING
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Cette partie nest quune retranscription des témoignages et remarques des gens que nous avons interrogés.
1°) LE MARCHÉ Le marché transféré aux Halles couvertes, a perdu ses clients et son animation peu après le début des travaux. Le 4 Janvier 1967, les fermiers exprimaient leur mécontentement. Ils ont été défavorisés parce quils ne disposaient que dun trottoir étroit pour étaler leur déballage le long de lavenue Maréchal-Leclerc. La circulation les empêchait de sétablir librement (premier problème), les clients ne retrouvaient pas leurs producteurs puisquils avaient changé de place ; ce qui constituait le deuxième problème. Pendant un certain temps, la vente était faible. Le marché a perdu également son côté pratique, puisque les vendeurs nétaient pas tous regroupés sur une même place comme auparavant. Pendant la construction du parking et après la ville donna un " trottoir " aux vendeurs pour chaque catégorie, par exemple les fleuristes étaient tous groupés derrière les barrières du monument aux morts de 1870 Le problème était quil fallait traverser la ville pour faire lensemble de ses achats, comme le disait cette dame dans la presse de lépoque " Je commencerai ma tournée à Badouillière pour voir mes paysannes, ensuite les maraîchers le long des avenues et en finale mon boucher aux Halles " A notre avis, cest cette dispersion " aux quatre coins de la ville " qui ont dissuadé les clients au fil du temps, mais aussi labsence des immenses toiles des stands qui formaient un " village de tentes ", les boniments à pleine voix, la fraîche odeur maraîchère, tout cela formait le charme et lunicité de ce marché.
2°) LE CHANGEMENT DE DÉCOR Sur lancien emplacement de ce même marché, se tient aujourdhui la terrasse du parking dénuée de tout charme, laissant place à la délinquance et à un abandon de lécole et du cadre, de la part de la municipalité. Mais ce désastre est également dû au manque de respect et de civisme des utilisateurs du parking, des étudiants, des passants et des " squatters ". En effet, cette délinquance est très présente, elle crée une insécurité, car le lieu est fréquenté en permanence par des SDF, des alcooliques, des drogués, et des perturbateurs en tous genres et sans gêne. Ces faits ont été confirmés par la police municipale, des personnes témoins que nous avons interrogé, et nous même lors de nos recherches. Nous avons interrogé dix personnes garées sur la terrasse du parking, face à lécole de Dessin ; voici ce quelles nous ont répondu :
Généralement tout le monde trouve le parking est utile mais dégrade le cadre. Heureusement certaines personnes rejettent le parking et repensent à lancienne place et à lambiance folklorique perdue désormais. Lécole est tellement endommagée et mal entretenue que de nombreuses personnes croient que lécole est abandonnée, et plus encore ne la remarque pas. Ensuite, nous avons questionné des étudiants des Beaux-Arts qui nous ont tous répondu que le parking était moche. Ils pensent aussi que du haut des jardins, la vue pourrait être magnifique sans ce parking, ils sattendraient plutôt à voir un jardin quune terrasse ; daprès eux, entre le parking et les arbres se forment un contraste énorme. Lapprobation du projet des Ursules a certes régler les problèmes de stationnement des véhicules mais en a amené dautres plus graves encore : celui dun lieu changé et déplaisant. Quelques années après la construction du parking des Ursules, le quartier des Gauds est déprécié. La place des Ursules a perdu tout caractère avec la construction du parc à voitures. Nombreuses personnes sont celles qui regrettent lancien cadre avec la fontaine, la place, le marché, et surtout lambiance animée. Un vendeur de lacets nous raconte quautrefois, il était sur la place Waldeck Rousseau emplie de gens, mais que désormais il se retrouve seul, et que depuis la construction du parking son commerce périclite. Son seul regret est de ne plus voir cette foule qui se pressait autour des étalages, davoir perdu ce contact avec les gens. Lors de nos recherches, nous nous sommes demandés si un débat contre la construction du parking avait existé, mais nous navons rien trouvé dofficiel dans la presse de lépoque. Ce qui est surprenant cest que peu des vendeurs du marché ont exprimé leur désaccord pour le projet, à part les producteurs. Sûrement à cause des belles promesses de la municipalité qui nont pas abouti aussi brillamment que prévu. Les commerçants du quartier étaient contre le projet, ainsi que M.Merlaton, un conseiller municipal, mais il était malheureusement le seul de toute lassemblée. La question que lon se pose est : faut-il rendre service à la population, en dégradant les espaces libres appréciés de tous les habitants ?
3°) LE JARDIN DE LÉCOLE DES BEAUX-ARTS Le lieu préoccupe de plus en plus les élus, car le site est de moins en moins fréquentable, et de plus en plus dangereux. Dans le jardin sorganise des ventes et consommations de drogue et dalcool. Comme il y a peu de monde sur la terrasse du parking, des gens extérieurs à lécole montent dans les jardins et les squattent sans aucune gêne. Le parking isolé de la ville, laisse le champ libre aux " perturbateurs " qui en profitent pour endommager le parking et lécole. Depuis la construction du parking, plus personne ne se promène dans le jardin. Le cadre de vie est devenu triste et banal. Une différence énorme sest formée entre la vue sur la place du marché et la vue sur la terrasse vide du parking. Celui-ci a détruit lespace et la perspective sur le jardin. Comme nous le dit un ancien étudiant des Beaux-Arts, " le site est un DESASTRE ! " Nous pensons que ce mot exprime bien létat actuel du lieu laissé à labandon, à linsécurité et à la drogue. Saint-Etienne a besoin despace de verdure et de repos. LEcole des Beaux-arts remplissait cette fonction jusquaux années 60. " Le parking des Ursules est une des plus grandes erreurs urbanistiques de Saint-Etienne. " Aujourdhui les personnes âgées, qui autrefois jouaient dans le jardin, ont peur dy retourner puisque certaines sy sont fait attaquer.
4°) DESCRIPTION DE LÉTAT ACTUEL DE LÉCOLE Lors de nos nombreuses visites à lécole nous avons constaté un contraste très marqué entre le côté donnant sur les Halles (gauche), et celui donnant sur la rue Ronsard (droite). La partie gauche est bien entretenue : les arbres et les buissons sont taillés, les allées sont propres. Mais cette propreté est due au fait que les casseurs ne viennent pas dans cette zone, car elle est trop dégagée. La partie droite est véritablement endommagée. Nous avons remarqué de nombreux débris de bouteilles de bière, des déchets, des cigarettes, des excréments danimaux (et autres ), puisque cest le lieu privilégié des chiens du centre ville, des personnes urinant sur les murs, les escaliers et la végétation. Nous avons aussi constaté un vandalisme important : la plupart des murs sont tagués, certaines vitres de lEcole sont cassées, et certaines personnes sans gêne, coupent à laide dun sécateur les branchages du jardin, alors quils ne sont pas des jardiniers municipaux, dautres même pique-niquent dans la grotte. Les dégradations sont effectuées par des bandes de jeunes qui traînent et occupent le jardin de nombreuses journées, en installant une insécurité permanente. Nous en avons fait lexpérience lorsque nous filmions le lieu. Ce jour un plus grand nombre de jeunes étaient présents dans le jardin, ils nous ont suivi, accosté, dans le but de nous dérober la caméra. Mais nous avons eu plus de peur que de mal, puisquils sen sont allés sans le matériel. Mais pour dautres personnes cette scène sest mal déroulée, puisquelles ont été agressées. Ces agressions se sont peut être déroulées sous lemprise dalcool et de drogue dont léchange et la consommation se font fréquemment dans ce lieu. |