HISTORIQUE

1°) ORIGINES ET ÉVOLUTION DU QUARTIER

- Au 17e siècle, le voisinage de la colline des Gauds et les bords du Furan étaient couverts de prairies, de jardins et de bois. Les dames Sainte-Catherine étaient venues s’établir vers 1615 sur la colline. Vers 1635, Jean Métare achetait cet établissement qu’elles quittaient. A leur place vinrent s’installer une congrégation de religieuses, celle de Sainte-Ursule, qui venaient de Saint-Chamond, pour se consacrer à l’éducation gratuite des filles pauvres. Elles furent baptisées les Ursulines. Elles vivaient dans un couvent entouré de plants de vignes sur le versant de la colline Sainte-Barbe. Au pied de cette colline, coulait le Furan. Elles prirent possession de leur couvent stéphanois vers 1636. Le couvent des Ursulines était situé sur l’emplacement de l’Ecole de Dessin actuelle. L’ensemble des bâtiments et de l’enclos avait la forme d’une équerre dont l’angle droit se trouvait placé à l’intersection de la rue du Théâtre et de la rue St Marc. Le grand côté se prolongeait jusqu’à la tour de la place du Peuple. Le 15 juin 1807, Napoléon concédait les bâtiments de l’ancien couvent des Ursulines au Sieur Jouvin, un entrepreneur de la Manufacture Impériale d’Armes, moyennant une fourniture de fusils. Le couvent fut détruit en 1843. Quelques lettres conservées aux archives portent témoignages de cette période (cote 2H3).

- A la fin du 19e siècle, le Furan était le centre d’intérêt du quartier des Gauds. En effet, il servait à des buanderies, des tanneries, des teintureries, et plus généralement, à des industries dont l’eau était le principal besoin. Les lavandières lavaient le linge dans les eaux limpides, en ce temps là, du Furan et le faisaient sécher sur les pentes verdoyantes de la butte.

Malheureusement, avec le temps, le Furan est devenu sale à cause des commerçants qui ne respectaient pas les règles d’hygiène, puisqu’ils jetaient leurs eaux usées et leurs déchets dans le fleuve. A la moindre crue du Furan, le rez-de-chaussée des maisons, qui étaient basses, étaient inondées. Des odeurs malsaines envahissaient les habitations, toutes ces causes provoquaient des épidémies.

- Entre la place du Peuple et la place Waldeck Rousseau, est située la place des Ursules. Cette place se trouvait sur l’emplacement de l’enceinte médiévale. Le 1er Décembre 1841, la ville acquérait la place des Ursules pour établir une place publique. Sur cette place, autrefois, se tenait en permanence un important marché ambulant consacré surtout à la lingerie, aux vêtements, aux chaussures, et aux toiles des étudiants des Beaux-Arts ; mais l’on distinguait trois autres catégories : les paysans et les maraîchers, ainsi que les forains qui clamaient l’utilité des bretelles et la vertu des plantes médicinales ; mais aussi les syndicats des marchands étalagistes qui regroupaient une centaine d’adhérents et réquisitionnaient toute la semaine les trois quart de la place. L’ambiance sur ce marché était animée et folklorique. Grâce à cette atmosphère originale, il était très fréquenté, même par les gens des alentours, car unique en France. Aujourd’hui, sur la place se tient le parking des Ursules. (voir p7-13-15)

- Le 1er Novembre 1851, le conseil municipal adoptait un projet de construction d’un théâtre à titre provisoire.

 

2°) LA CRÉATION DE L’ÉCOLE

  • En 1766, des cours de gravure, de sculpture, de ciselure existaient déjà. Ces travaux étaient sous la direction d’artisans particuliers, comme Jacques Olagnier, qui fut le premier à créer un cours d’enseignement artistique dans son atelier. C’est là que se formèrent de nombreux graveurs célèbres tel qu’Augustin Dupré (graveur général des monnaies de France).
  • En 1803, les cours de dessin se déroulaient dans la sacristie de l’ancien couvent des Minimes (l’actuelle église Saint-Louis).
  • En 1805, l’Ecole de dessin est transférée dans un immeuble communal sur la place de l’Hôtel de Ville.
  • En 1830, l’enseignement avait lieu dans la galerie nord du rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville.
  • En 1844, la ville de Saint-Étienne projetait l’acquisition du clos Giraud au sieur Fleury Nicolas, héritier de M.Giraud. La vente n’a pas abouti, et en 1845, la municipalité décida l’acquisition du clos par expropriation. En revanche, la ville indemnisa Fleury Nicolas de 45000 francs.
  • En 1855, par suite de l’aménagement de la Préfecture, qui jusqu’à présent était à Montbrison, dans l’Hôtel de Ville, l’Ecole s’installa dans une maison en location rue de Roanne.
  • Le 18 août 1857, le conseil municipal approuva le projet dressé par l’architecte Etienne Boisson, pour la construction d’une école de dessin dans le clos Giraud, au flanc de la colline Sainte-Barbe, donnant sur les Ursules.
  • En 1858, les travaux de l’école actuelle commencèrent et se poursuivirent jusqu’en 1859.
  • Les élèves de l’Ecole de dessin prirent possession des lieux pour la première fois, lors de la rentrée de 1859.
  • En 1860, des crédits supplémentaires ont été accordés pour rétablir le perron et les balustres sur la place des Ursules, pour l’établissement d’une fontaine à vasque au-dessus du perron, d’une grotte en rocailles, de grilles et de clôtures au bord de la rue Sainte-Barbe, de logements pour les professeurs et de plantations dans le jardin.
  • L’aménagement du jardin de l’école s’acheva en 1865, ainsi que les aménagements complémentaires de la colline : le mur de soutènement du coteau qui créait de petites zones de végétations suspendues, les rocailles, et la statue de la Louve.
  • L’école prit le nom d’Ecole Régionale des Arts Industriels en 1884. Dans le même temps, un enseignement scientifique et technique, plus développé, fut adjoint à l’enseignement artistique, plus intelligemment donné ; ce qui se retrouvait dans la liste des matières :
    • Formation générale : l’architecture, l’anatomie, l’histoire de l’art.
    • Arts plastique : le dessin, la sculpture, la peinture décorative
    • Arts appliqués en liaison avec les industries stéphanoises : la gravure et la ciselure( sur armes), le dessin géométrique, la mise en carte, le tissage, la mécanique, la géométrie.
  • En 1924, l’école de  dessin prit le nom d’Ecole Régionale des Beaux-Arts.

Depuis cette date, l’école se situe toujours sur la colline Sainte-Barbe et porte encore le nom donné en 1924.

Autrefois, l’école était orientée vers les arts décoratifs et appliqués à l’industrie, elle préparait au CAFAS ( = Certificat d’Aptitudes à une Formation Artistique Supérieure) en quatre ans et au DNBA ( = Diplômes Nationaux des Beaux-Arts) après six ans d’études. L’enseignement technique et scientifique était obligatoire. Elle formait des dessinateurs créateurs de modèles, capables de travailler dans les industries d’arts locaux (gravure, ciselure, textile, publicité, etc…)

Maintenant l’École est orientée vers les arts, la communication, et le design.

Les cours du soir, les cours du jeudi et les cours libres n’existent plus, ainsi que les enseignements techniques et scientifiques. Seuls les arts sont enseignés.

La moyenne du taux de réussite des élèves de l’Ecole des Beaux-Arts au DNSEP s’élève à 85%. Un an après cet examen, 90% des étudiants travaillent soit comme salariés, travailleurs indépendants ou dans l’enseignement. Seulement 5% se trouvent sans emploi, tandis que 5% poursuivent leurs études.

Récemment de ces études « normales », le Conseil des métiers d’art du ministère de la Culture a choisi la ville de Saint-Etienne et son école des Beaux-Arts pour être le relais, au plan national, d’une formation aux métiers d’arts rares. Cette initiative est destinée à sauvegarder les métiers artisanaux en voie de disparition. Elle se traduit par des stages de 1 à 3 ans. Les premiers contrats ont porté sur des métiers du tissage, de la coutellerie Damas et de la restauration de la céramique et du bois doré.

Dans cette École de dessin ont été formés de nombreux artistes reconnus comme José Frappa, peintre renommé, ou encore Léon Lamaizière, grand architecte stéphanois, qui construisit notamment le dôme de l’Hôtel de Ville, mais aussi Philippe Favier et Laget, qui ont tous les deux une renommée internationale.