RÉÉCRITURE D'UN TEXTE

 


 

L'ESPION

Cet extrait des mémoires d'un officier de la guerre de 1914-1918, raconte l'arrestation d'un espion allemand à l'intérieur d'une tranchée française.

Par un de ces beaux soirs d'été où le jour quittant à regret la terre s'endort lentement dans un crépuscule de fraîcheur et de clarté, nous étions, les officiers de la compagnie, accroupis à l'entrée de l'abri du capitaine fredonnant des couplets joyeux en attendant la soupe. La table dressée, on s'y installait à peine quand un cycliste se présenta. Il portait au col de sa vareuse le numéro du régiment voisin et sous le bras un paquet de journaux. Saluant correctement il dit :

-- Pourrais-je, mon capitaine, placer mes journaux chez vous ?

Dans la tranchée les cyclistes ont des loisirs. Ils apportent en première ligne journaux et revues. Mais le cycliste d'une compagnie suffit à la pourvoir, et on ne les voit jamais dans une autre unité, un autre régiment surtout. Le capitaine fixa notre homme.

-- Comment se fait-il que vous n'êtes pas dans votre secteur, mon ami ? Les affaires ne vont pas chez vous ?

Il répondit simplement

-- Voici, mon capitaine. J'ai acheté ce matin beaucoup trop de journaux. Il m'en reste comme vous le voyez. Alors j'ai demandé à mon commandant de pouvoir retourner par ici au cas où vous voudriez bien, mon capitaine, me permettre de liquider mon stock. J'ai des revues qui vous intéresseraient, je crois.

-- Faites voir, dit Raoul.

Notre marchand était vraiment bien approvisionné.

-- Attendez qu'on se serve d'abord ! On pilla sa boutique et on paya largement.

-- Maintenant, dit le capitaine, vous pourrez certainement placer le reste sans courir loin. Les hommes soupent; ils vous achèteront volontiers.

Il remercia gracieusement, et ramassa ses journaux épars.

-- Georges, apporte un verre, dis-je à mon ordonnance. Notre commissionnaire ne l'a pas volé.

On trinqua. Il partit.

Sans plus nous soucier du cycliste inconnu, nous nous mîmes à table. J'étais assis sur une marche, appuyé au chambranle de la porte. Nous commencions à peine, quand un homme passant devant l'abri me cria :

-- Mon lieutenant, venez donc voir le cycliste avec ses journaux. Je vous promets qu'il a perdu le sourire. Non, mais venez donc voir ça !

Je sortis. Notre marchand s'en allait tête basse entre deux hommes baïonnette au canon, soulevant sur son passage des rires moqueurs et des imprécations.

-- Eh, dis donc, vieux, faut pas t'en faire on les aura, les Boches !

-- Attends donc d'être fusillé pour prendre un air de cadavre.

-- Dis donc, toi le cabot, où que tu l'emmènes ton boche ? Tu pourrais pas l'étriper tout de suite, pour qu'on voie ce qu'il a dans le ventre? Il a avalé de nos secrets; faut qu'il les rende.

-- Ah! c'est pas moi, assurait un paysan madré, qui voulais acheter sa camelote. Son air ne me revenait pas. C'est tout de même vrai que les Boches ont pas la g... comme tout le monde. Mais il faut savoir regarder.

Qu'est-ce que tout cela voulait dire ? J'étais fort intrigué. On m'apprit que c'était un espion arrêté dans la compagnie voisine. J'y courus. Voici ce qu'on me conta :

Cet homme était venu trouver le capitaine, lui offrant avec sa marchandise les mêmes explications qu'à nous. Mais par hasard il s'était rencontré avec un officier supérieur qui, sachant que depuis quinze jours on recherchait un espion bavarois dans nos lignes, avait conçu de la défiance.

-- Attendez, mon ami, avait-il dit au cycliste. Je vais téléphoner à votre commandant pour vérifier vos dires.

Alors l'autre, froidement, avait déclaré aussitôt :

-- Ce n'est pas la peine. Voici mes papiers. Je suis, monsieur, officier bavarois de la tranchée en face !

On l'emmena. J'ignore ce qu'il est devenu.

Tout de même, c'était un brave. L'audace de son entreprise et la crânerie de son aveu forçaient l'admiration. Un soldat, qui l'avait entendu, me disait au retour :

-- C'est pas un Boche, celui-là, mon lieutenant; c'est un homme !

R. P. Richard


1. Comprendre le texte ; le découper en scènes.

2. Réécrire ce texte dans un autre genre :


Peandant la réécriture se posent sans cesse des problèmes liés à l'écriture des genres :

Voici quelques résultats, qui n'ont que valeur d'exemples de travail.


 

UN ESPION FUSILLÉ

Verdun, 7 mai 1916

Hier , un espion Allemand s'est fait arrêter dans une tranchée française. Il s'était fait passer, dans la première compagnie pour un cycliste vendant des journaux ; le capitaine ne s'était pas rendu compte de la supercherie, et il lui avait même offert un verre à boire. Cependant, lorsque le cycliste s'est présenté au capitaine de la troisième compagnie, son chemin a croisé celui d'un officier qui était au courant qu'un espion bavarois était recherché dans nos lignes. L'officier a donc voulu vérifier les dires du cycliste ,mais ce dernier a aussitô montré ses papiers et s'est rendu. L'espion est passé en conseil de guerre, et a été fusillé.

Chloè


 

Klaus von La Motte Fouqué rencontra la mort lors d'une action où il fit preuve du plus grand courage.

Sa mission était très délicate : espionner la tranchée adverse en se faisant passer pour un vendeur de journaux à vélo. En se faisant passer pour le cycliste d'une autre compagnie, en théorie, il n'y avait pas de problèmes. Demandant au capitaine de la première compagnie qu'il rencontra, s'il était autorisé à finir son stock de journaux chez lui, il put obtenir des renseignements sur d'éventuelles attaques. Malheureusement il se trouvait dans la tranchée un officier supérieur qui, sachant que depuis quinze jours on recherchait un espion bavarois. Ce dernier voulut donc contacter ses supérieurs, mais Klaus se dénonça immédiatement comme étant un espion. Quelques jours plus tard, il fut jugé, puis condamné à être fusillé. Lors du procès, Klaus garda loyalement son sans froid sans faire d'esclandre. Refusant de se laisser bander les yeux lors de son exécution, il les garda fièrement ouverts jusqu'à la fin. Son corps fut rendu à sa famille en Allemagne.

Emmanuel