GRANDE BRETAGNE
Vie et institutions politiques

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Une très vieille démocratie
La domination conservatrice
Le renouveau travailliste
L'économie contre le social
Les programmes électoraux
Tony Blair, nouveau Premier Ministre
La mort de Diana


Une très vieille démocratie

 

Malgré l'absence de constitution formelle, le Royaume-Uni est sans doute l'une des plus vieilles monarchies constitutionnelles. Le système politique britannique est régi par la coutume, par des décisions de justice et des textes réglementant les institutions (de la Magna Carta en 1215, aux derniers textes électoraux votés par le parlement...).

Quelques dates symbolisent l'évolution de la monarchie britannique:

1295: réunion d'un parlement par Edouard 1er avec outre la Chambre des lords, des représentants élus de la petite noblesse et de la bourgeoisie naissante.
1688: Glorieuse Révolution : avènement de la monarchie constitutionnelle.
1689: le bill of rights garantit notamment la liberté des débats au Parlement.
1911: la Chambre des lords perd tout droit de regard sur les lois de finances.
1949: la Chambre des lords ne peut plus retarder l'adoption d'un texte voté par la Chambre des communes que pendant un an.

Le souverain actuel, Elisabeth II, n'a plus aucun pouvoir. Agée de 71 ans, reine depuis 1952, date de la mort de son père George VI, Elisabeth soumet tous ses actes au Premier ministre (généralement désigné par les initiales PM en anglais). C'est en effet le Premier ministre qui rédige le Discours du trône, qui décide de dissoudre l'assemblée. Quant à la nomination du PM, elle est de fait automatique (le leader du parti majoritaire).
Toutefois le monarque est le symbole et le garant de l'unité nationale. En tant que chef de l'Eglise anglicane et chef du Commonwealth, il a un pouvoir charismatique : la Couronne (Crown) est la représentation officielle du pays. La ferveur qui l'entoure tourne parfois au culte monarchique, même si l'attachement des Britanniques à la Couronne semble décliner. Il faut dire que le fonctionnement de la Couronne coûte cher : la Liste civile s'élève à 10 millions de £, dont 8 millions pour la Reine. Celle-ci réside dans ses châteaux de Buckingham ou Windsor, dispose de revenus personnels sur ses propriétés, possède les plus beaux diamants d'Occident ainsi qu'une impressionnante collection d'oeuvres d'art. Mais désormais la Reine paie ses impôts, comme tout contribuable britannique !

 

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Parlement de Westminster

Le système politique britannique est basé sur la toute puissance du parlement (Chambre des lords et surtout Chambre des communes), qui légitime le pouvoir du Premier ministre. C'est un système bicaméral

 

Survivance de la monarchie, la Chambre des lords est la plus ancienne composante du parlement britannique mais son pouvoir politique est devenu quasi nul.
Cette chambre compte plus de mille membres. On peut être membre de cette noble assemblée à plusieurs titres:
soit comme lord spiritual, c'est à dire en étant archevêque ou même évêque de l'Eglise d'Angleterre;
soit comme pair héréditaire c'est à dire grâce à sa naissance. Ils sont plus de 700. Les travaillistes entendent leur supprimer le droit de vote à la Chambre;
soit comme pairs à vie grâce à une loi de 1958 qui permet à la Reine de nommer des personnes ayant rendu service à leur pays à la Chambre des lords sur proposition du PM, bien sûr.

 

C'est le coeur de la démocratie britannique, même si dans les faits, en raison du système majoritaire, elle ne sert souvent que de chambre d'enregistrement. La chambre sortante, élue normalement pour cinq ans, compte 651 députés élus dans 651 circonscriptions au scrutin uninominal à un tour. Ce système a imposé un bipartisme rigoureux qui se traduit dans la configuration de cette assemblée: elle ne se présente pas comme un hémicycle (comme en France) mais met en scène le face à face des deux partis (deux rangées qui se regardent).
Les débats sont présidés par un speaker élu par ses collègues de façon consensuelle. Le speaker est neutre.
Du fait de l'absence de constitution formelle, la chambre n'a pas de borne à ses initiatives. La Chambre des communes peut renverser le gouvernement et vote les lois.

Clef de voûte du système politique britannique, le Premier Ministre détient dans les faits la quasi totalité des pouvoirs. Sans être chef de l'Etat, c'est lui qui représente son pays au sommet de chefs d'Etat comme le G7. Le PM est le chef du parti majoritaire à la chambre devant laquelle il est responsable. Il peut décider de dissoudre la Chambre (il l'a souvent fait à quelques mois de l'échéance normale).

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à l'intérieur du 10 Downing Street

Le siège du PM est au 10 Downing Street, à Londres. Le gouvernement peut compter jusqu'à une centaine de membres, mais le Cabinet à proprement parler compte environ une vingtaine de membres (les ministres les plus importants -finances, affaires étrangères...- et des ministres choisis par le Premier Ministre en fonction de leur poids politique). Depuis 1945, le pouvoir du gouvernement et surtout du PM, "véritable roi sans couronne", s'est renforcé au détriment de celui du Parlement. On a pu qualifier le Cabinet de "dictature élective" tant ses prérogatives se sont accrues. Mais s'il perd la direction de son parti, le PM ne peut plus conduire le gouvernement.

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la salle du Cabinet

Originalité de la vie politique britannique, l'existence d'un shadow cabinet (cabinet fantôme) créé par le parti d'opposition.

Dix PM se sont succédés à la tête du Royaume-Uni depuis la fin de la deuxième guerre:

1945 : Clement Attlee (travailliste)
1951 : Winston Churchill (conservateur)
1955 : Anthony Eden (c)
1957 : Harold Macmillan (c)
1963 : Alec Douglas-Home (c)
1964 : Harold Wilson (t)
1970 : Edward Heath (c)
1974 : Harold Wilson (t)
1976 : James Callaghan (t)
1979 : Margaret Thatcher (c)
1990 : John Major (c)
1997 : Tony Blair (t)

 

bandeau PM animé

Le système électoral britannique impose un bipartisme dans lequel il est impossible à un troisième parti de prendre une quelconque importance. Dans chacune des circonscriptions du royaume, le combat électoral se résume à un duel entre le parti conservateur et le parti travailliste. Les tentatives de faire émerger des forces intermédiaires (comme le parti libéral démocrate) entre les deux partis ont toujours échoué. Si ce système accentue les clivages politiques et a tendance à figer les forces politique, il assure en revanche des majorités stables et claires.
Ce système électoral peut, cependant, provoquer, parfois, des situations très gênantes : en 1951, les travaillistes obtiennent plus de voix que les conservateurs, mais ce sont ces derniers qui obtiennent la majorité à la chambre grâce à leur victoire dans un plus grand nombre de circonscriptions.

 

1832 : une loi modernise le système électoral, résultat: le nombre d'électeurs passe de 4 à 7% de la population (masculine).
1867 : un nouveau texte permet de doubler le nombre d'électeurs grâce à l'attribution du droit de vote aux ouvriers des villes.
1872 : introduction de l'urne (ballot box).
1918 : suffrage universel pour les hommes âgés de 21 ans et pour les femmes âgées de 30 ans.
1928 : les femmes peuvent voter dès 21 ans
1948 : le vote multiple, pour les hommes d'affaires notamment, est supprimé.
1969 : droit de vote à 18 ans

 

le scrutin: le suffrage est universel sauf pour les condamnés à de longues peines, les pairs du royaume et la famille royale. Les électeurs votent dans 659 circonscriptions. Depuis 1924, les élections ont toujours lieu le jeudi (bien qu'aucune règle ne l'impose). Les élections ont lieu tous les cinq ans, sauf en cas de dissolution ou de prolongation du mandat de la Chambre (pendant la guerre par exemple). Les bureaux de vote ouvrent à 7h00 et ferment à 22h00.

Les candidats: ils doivent être âgés de 21 ans, de nationalité britannique, et proposés par huit électeurs. Ils peuvent être, théoriquement, candidats dans plusieurs circonscriptions (en cas de succès, ils doivent choisir). Une circonscription représente en moyenne 69.281 habitants (moins en Ecosse) Pour s'inscrire, il faut verser une caution de 500 livres (4.500 FF).

Les électeurs: les électeurs sont inscrits sur des listes électorales actualisées chaque année. La procédure de vote ressemble à celle en vigueur en France (carte d'électeur, bureau de vote, urne...). Le bulletin de vote comporte le nom de tous les candidats de la circonscription, l'électeur doit mettre un "x" devant le candidat de son choix.

 

 

résultat des législatives britanniques depuis 1945

 

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La domination conservatrice

 

Au pouvoir depuis 1979, le parti conservateur a dominé la vie politique britannique comme aucun autre parti depuis la guerre. Margaret Thatcher a assuré le pouvoir pendant près de 12 ans, un record. Jusqu'à cette date le parti conservateur assurait en alternance avec les travaillistes la gestion du système économique britannique basé sur un Etat, issu de la guerre, assurant le Welfare et une économie en grande partie dirigée basée sur une vieille industrie qui avait fait la force de la Grande-Bretagne. La crise économique et l'arrivée de la "Dame de fer" ont totalement modifié cet équilibre consensuel.

logo officiel des Conservateurs

Le parti conservateur et unioniste ("unioniste" marquant l'attachement des conservateurs à l'intégration de l'Irlande, puis de l'Irlande du Nord après 1922 dans le Royaume-Uni) date de la moitié du XIXe siècle. C'est en 1912 que le parti tory (autre nom des conservateurs) prend son nom actuel.
Bien implanté dans les milieux d'affaires (Big Business), la bourgeoisie et l'Establishment, il remporte aussi des suffrages parmi les classes moyennes supérieures (upper middle-class) et même dans une fraction du monde ouvrier qui échappe au Parti travailliste. Le fief électoral des Conservateurs est sans conteste l'Angleterre, où s'étend l'influence de la presse conservatrice (Sun, Today, Daily Express, Daily Mail). Les conservateurs sont ultra-libéraux en matière économique et très stricts sur le plan de la moralité. Ils incarnent les valeurs britanniques fondamentales : liberté individuelle, respect de la religion et de l'ordre social, grandeur nationale (cf épisode de la guerre des malouines). Cet attachement aux rites et traditions ne les empêche pas d'accepter les réformes sociales introduites par les Travaillistes et finalement d'entériner le système du Welfare State...du moins jusqu'à Margareth Thatcher !
Depuis 1965, le chef du parti est élu par les députés et non plus de façon obscure par les caciques du parti. Résultat, le chef du parti doit savoir rester à l'écoute de ses députés de base toujours soucieux d'être réélus. Parmi les grandes figures du parti conservateur, on trouve les noms de Disraeli, Winston Churchill, Edward Heath et enfin Margaret Thatcher et John Major qui, à la surprise générale (et celle des sondeurs en particulier) remporta les élections de 1992.

Margaret Thatcher

L'arrivée à la tête du parti conservateur de Margaret Thatcher modifie la donne politique. Dès son arrivée, après la défaite de 1974, elle fait adopter par son parti un programme d'affrontement droite-gauche très virulent. Une fois au pouvoir, en 79, la première Premier ministre femme britannique met en oeuvre un programme de privatisations et de dérégulation économique (qui provoque la faillite de nombreuses industries traditionnelles) et s'attaque frontalement aux syndicats jusque là puissants dans le pays (conflit avec les mineurs en 84-85): résultat, de 13,4 millions d'adhérents en 79, le nombre de syndiqués est tombé à 7 millions aujourd'hui.
En 1990, la Dame de fer doit finalement laisser sa place à la tête du parti conservateur en raison de la tempête déclenchée par son projet de poll tax (impôts locaux). Attaquée par Michael Heseltine, elle décide de partir. C'est finalement John Major qui remporte la mise.

John Roy Major est né le 29 mars 1943 à Merton (Surrey). Son père était trapéziste, puis artisan (il fabriquait des nains de jardin).
John a quitté l'école à l'âge de 15 ans. Professionnellement, il a été employé, homme à tout faire, chômeur, comptable et banquier. John Major est député depuis 1979, il a été ministre de Margaret Thatcher puis Premier ministre en 1990. Il aime le cricket et soutient le club de foot de Chelsea.

 

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Le renouveau travailliste

 

Le parti travailliste qui a gouverné en alternance toute la période de l'après-guerre avec les conservateurs a eu beaucoup de mal à se remettre idéologiquement et structurellement de la défaite de 1979 et de la période thatchérienne, hésitant entre un socialisme radical et la social-démocratie à l'anglaise. C'est sur ce créneau que le nouveau leader du labour, Tony Blair, entend faire gagner son parti.

logo officiel du Labour

Le parti travailliste (Labour party) est officiellement né en 1900 (il prit son nom actuel en 1906). A la fin du 19e siècle, les syndicats (officiellement reconnus en 1871) décident de se doter d'un mouvement politique autonome lors des élections plutôt que de s'en remettre aux représentants du parti libéral. Dès sa naissance, le Labour est aussi bien porteur de valeurs révolutionnaires issues du marxisme, que des projets réformistes des sociaux-démocrates. En 1899, le TUC (Trade Union Congress) réunit toutes les tendances du mouvement ouvrier, fédérant le syndicalisme et le politique

Le parti travailliste est arrivé pour la première fois aux affaires en 1924 (dans un cabinet minoritaire). Après le gouvernement d'union nationale dirigé par Winston Churchill pendant la guerre, les travaillistes obtiennent pour la première fois la majorité en 1945 (à la surprise de beaucoup dont leur leader Clement Attlee). C'est à ce moment que de très nombreuses réformes sociales et économiques sont engagées : création du N.H.S., nationalisations de l'acier, du charbon, des chemins de fer..., indépendance de l'Inde.

Jusqu'en 1981, seuls les députés élisaient le chef du parti; en 81 l'aile gauche imposa que les syndicats et les adhérents puissent aussi participer à ce vote.
Parmi les grands noms du parti travailliste, on retient : Ramsay McDonald (premier PM travailliste en 24), Ernest Bevin, Clement Attlee, Harold Wilson ou Michael Kinnock, candidat malheureux face à John Major.

 

logo Labour 97

C'est à la suite de la défaite de 1992 que le parti travailliste décida d'accentuer son recentrage symbolisé par l'élection à sa tête de Tony Blair. En avril 1995, celui-ci fait supprimer la "clause IV", jamais appliquée, qui prônait l'appropriation collective des moyens de production. Dans cette voie, il évoque un "new labour" plus proche des classes moyennes et plus ouvert aux thèses du marché.
Ce changement de discours ainsi qu'un programme électoral très prudent a créé des remous au sein du Labour provoquant même une scission avec son aile gauche.

    • Tony Blair

 

Anthony Charles Lynton Blair est né le 6 mai 1953 à Edimbourg (Ecosse). Son père était professeur de droit et magistrat. Avocat, mariée à une avocate, père de trois enfants, Tony Blair est MP (Member of the Parliament, député) depuis 1983 et a pris la tête du Parti travailliste en 94.
Il symbolise le "New Labour" qu'il a entraîné sur la voie de la rupture avec le marxisme avec la modification de la clause IV. Il affiche facilement son goût pour le rock (il a lui même joué) et le foot (il soutient le club de Newcastle). "Je veux un pays dans lequel chaque citoyen se sente bien et réussisse sa vie", affirme-t-il dans son manifeste électoral.

 

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L'économie contre le social

La cure de libéralisme pur et dur imposée par Margaret Thatcher a profondément modifié la société britannique, bouleversant sa structure industrielle et provoquant des conséquences sociales que peu de sociétés auraient acceptées.
L'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en 79 et la mise en oeuvre de son programme de privatisations et de dérégulation mettait en lumière le retard et les lourdeurs d'une économie britannique frappée par la crise par rapport aux autres pays européens aiguillonnés par un marché commun dans lequel le Royaume-Uni n'est entré qu'en 1973.

Privatisations et désindustrialisation : elles ont été massives pendant le premier mandat de Margaret Thatcher (79-83) et encore plus pendant le second rapportant des centaines de milliards de francs à l'Etat...et aux intermédiaires financiers (banques d'affaires, bourse, cabinets d'audit, avocats...). Des privatisations qui n'ont, bien sûr, pas fait l'unanimité sur le plan politique (opposition des travaillistes mais aussi de certains conservateurs modérés) mais aussi sur le plan économique (nombreuses critiques sur l'apparition de quasi-monopoles privés édifiés sur la modernisation à coups de licenciements massifs des ex-services publics privatisés).
Sur la base de cette politique, le thatchérisme devient un modèle idéologique fort prisé à travers le monde, touchant même pendant une période les néo-gaullistes français.

 

British Airways

L'envol des privatisations

Parmi les privatisations réalisées par les conservateurs : British Aerospace, British Telecom, British Gas, British Airways, British Steel, la production et la distribution d'eau, de bus londoniens... Dernière en date de ce mouvement, la privatisation de British Rail qui pourrait être celle de trop.
Résultat de cette vaste transformation du paysage économique, la Grande-Bretagne est passé d'une nation industrielle (la part des actifs dans le secondaire est tombée entre 1985 et 1995 de 41 à 31%) à un pays dont les points forts sont avant tout une bourse (et tout ce qui l'entoure) très performante (à lui seul ce secteur représente près de 20% de la PIB britannique), des services puissants (comme British Airways) ou une sous-traitance (entraînant même des délocalisations au profit du Royaume-Uni) assise sur une réduction drastique des coûts humains.

Dérèglementation : Parallèlement aux privatisations, le gouvernement conservateur dérèglemente de très nombreux secteurs (une libéralisation mise en cause avec l'émergence de la crise de la vache folle), démantèle les droits des salariés et part en guerre contre les syndicats dont le pouvoir est mis à mal.
En deux ans de thatchérisme, la désindustrialisation est massive, la production industrielle chute de 19%, la balance commerciale devient négative, l'inflation progresse fortement, le déficit public se creuse preuve que le libéralisme affiché est tempéré par la dépense publique (budgets sociaux).
La baisse de salaires (absence de salaire minimum), les procédures de licenciement très simples, des horaires de travail très souples et une fiscalité allégée transforment la société britannique, avec un coût humain important.

Social : La purge industrielle qui accompagne la crise industrielle entraîne une forte hausse du chômage (au début des années 80, il augmente d'1,5 million de personnes en cinq ans).
En l'absence de salaire minimum légal, la Grande-Bretagne compte des centaines de milliers de personnes gagnant moins de 10 F de l'heure. Dans les années 80, le nombre de personnes classées comme pauvres passe de 6 à 11 millions; celui des foyers où personne ne travaille de 1,7 à 4,5 millions.

Chômage : Le chômage après avoir atteint des sommets dans le début des années 80 s'est mis à décroître depuis le début des années 90. Aujourd'hui les chiffres du chômage sont le principal argument des conservateurs (en mars 97, le chômage est tombé à, 6,1% de la population active, soit moins de 1,7 million de chômeurs comptabilisés).
Ce bon chiffre, surtout quand on le compare aux scores des pays continentaux, est régulièrement critiqué: l'augmentation de la précarité, la multiplication des sous-emplois (temps partiel) relativise les chiffres officiels très contestés. Cette contestation provient notamment du fait que le système de comptabilisation des chômeurs a changé 10 fois en vingt ans. Aujourd'hui ne sont comptés que les personnes touchant une allocation de recherche d'emploi. Résultat: de très nombreux chômeurs ne seraient pas comptabilisés et certains économistes n'hésitent pas à estimer le vrai nombre de chômeurs à 3,9 millions, voire même 4,5 millions. Une polémique qui cependant touche tous les pays.
Signe de cette rétractation du marché du travail britannique, la population active a reculé de 3% (en France, par exemple dans le même temps, elle a progressé de 3%).

Les chiffres de l'économie :

 

    • Comparaison avec la France

chiffres 95

Grande-Bretagne

France

PIB

+ 2,4 %

+2,2 %

PIB (*)

1080

1432

inflation

+ 3,2 %

+2,1 %

chômage

+ 8,5 %

+11,7 %

(*) en milliards de dollars

    • La production (PIB) 79-96 (en pourcentage de variation par rapport à l'année précédente)

      courbe PIB
    • La balance commerciale 79-96 (en pourcentage du PIB)

      courbe balance commerciale
    • Le chômage 79-96 (en pourcentage de la population active)

      courbe chômage
    • L'inflation 79-96 (en pourcentage)

      courbe inflation

 

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Les programmes électoraux

    • Programmes comparés

Thèmes

Conservateurs

Travaillistes

Economie

Poursuite de la réduction des dépenses publiques
Objectif: supprimer tout déficit public
Privatisations des derniers services publics (le métro de Londres)
Encourager le
capitalisme "populaire

Taxe exceptionnelle sur les bénéfices des ex services publics privatisés
Aides à l'embauche des chômeurs de longue durée

Education

Liberté accrue pour les établissements scolaires
Choix plus grand pour les parents
Amélioration du niveau des écoles

Priorité numéro un de Tony Blair
Augmentation du budget de l'éducation
Réduction des effectifs par classe

Europe

Pas de signature du chapitre social européen
Rejet d'une
Europe fédérale
Non à la monnaie unique

Signature du chapitre social européen
Référendum sur la monnaie unique
Accroître le rôle de Londres en Europe

Fisc

Allègement des impôts pour les ménages si un des membres du couple cesse de travailler
Baisse de la principale tranche d'impôts (de 23 à 20%)

Pas d'augmentation des taux d'imposition
Baisse de la TVA sur le fioul
Réduction du taux le plus bas de l'impôt.

Justice

Sanctions plus rapides pour les jeunes délinquants
Peines minimales obligatoires pour les récidivistes
Vidéosurveillance dans les villes

Procédure accélérée contre les jeunes délinquants
Interdiction de toutes les armes de poing
Réforme du parquet

Social

Responsabilité financière des syndicats pour les préjudices provoqués par les grèves (ex-services publics)
Début de
privatisation des caisses de retraite universelle
Augmentation des ressources du
NHS

Instauration d'un salaire minimum (non chiffré)
Obligation de reconnaître les syndicats dans les entreprises
Indexation des retraites les plus basses
Augmentation des dépenses de santé
Création d'un organisme indépendant de contrôle des aliments

 

    • l'ambition travailliste

Le plan en dix points presenté par Tony Blair met essentiellement l'accent sur l'éducation, un domaine dans lequel le Royaume-Uni affiche un taux de scolarité très inférieur aux autres pays européens, France et Allemagne notamment.
Son programme se veut avant tout centriste et Tony Blair a basé sa campagne sur le "lien de confiance personnelle" qu'il a tenté de nouer avec les Britanniques.
"Nous promettons ce que nous pouvons tenir", affirme le leader travailliste promoteur d'un programme travailliste très prudent ne comportant aucune annonce sensationnelle ni promesses de bouleversement. On est loin du parti travailliste qui promettait des hausses d'impôts.

    • le credo conservateur

Le Parti conservateur et son leader John Major mettent avant tout en avant leur bilan économique pour convaincre les électeurs de laisser au pouvoir un parti qui gouverne depuis 18 ans. "Pourquoi avons nous besoin d'un gouvernement conservateur ? Parce que rester là où nous sommes ne suffit pas. Rester comme ça, c'est reculer", affirment les conservateurs.
Pour John Major, le programme travailliste amènerait 500.000 nouveaux chômeurs. "Risquer une alternance serait un désastre pour notre pays".

 

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Les résultats définitifs
Le raz-de-marée travailliste
L'ascension de Tony Blair Les réactions internationales

Les résultats définitifs

Le parti travailliste a remporté les élections britanniques en obtenant 419 sièges de députés et plus de 13,5 millions de voix, soit 43,09% des suffrages exprimés.

Ce sont les résultats définitifs des 659 circonscriptions publiés vendredi.

Les conservateurs obtiennent 165 sièges et les libéraux-démocrates 46 sièges.

Gerry Adams, le leader du Sinn Fein a été élu député à Belfast-Ouest.

Le raz-de-marée travailliste

Un raz-de-marée travailliste a submergé les Communes jeudi lors des élections législatives.

Les priorités de Tony Blair, le nouveau Premier Ministre, seront : l'éducation et la santé.

Le Parlement élu cumule les records :

    • plus grand nombre de femmes aux Communes,
    • plus grande majorité travailliste depuis la création du Labour en 1900,
    • plus grands gains en siège d'un parti politique depuis 1935.

 

 

Chassé-croisé Blair/Major

Major, le Premier Ministre sortant a remis sa démission vendredi alors que Blair, le leader du labour, investit par la Reine Elizabeth II s'est installé au 10 Downing Street.

Tony Blair devient à 43 ans le plus jeune Premier Ministre britannique après avoir repositionné au centre droit un parti travailliste désigné désormais de "nouveau Labour".

La démission de John Major de son poste de leader du parti conservateur ouvre déjà la voie à une bataille de succession avec l'annonce vendredi de la candidature de Kenneth Clarke.

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Les réactions internationales

Le président français Jacques Chirac a félicité vendredi Tony Blair pour son "brillant succès".

Le président américain Bill Clinton : "Il y a bon espoir qu'il y ait continuité dans les relations entre les USA et le Royaume-Uni".

Le chancelier allemand Helmut Kohl espère que les travaillistes seront "plus favorables à l'Europe".

Le ministre des Affaires Etrangères des Pays-Bas (qui préside l'UE), Hans Van Mierlo : l'Union Européenne est "pleine d'attentes".

Le président de la Commission Européenne, Jacques Santer, a demandé vendredi que le Royaume Uni joue "un rôle leader" au sein de l'UE et plus généralement en l'Europe.

Le chef de la majorité de Centre-gauche italien, Massino D'Alema, et le président du Conseil italien, Romano Prodi, ont adressé vendredi leurs félicitations à Tony Blair.

Le premier ministre israelien, Benyamin Netanyahou, a déclaré "Nous sommes arrivés à un tournant historique, où une nouvelle génération arrive au pouvoir."

L'ascension de Tony Blair

Tony Blair a réussi en trois ans à prendre en main le parti travailliste, à le réformer pour en faire une machine à remporter les élections législatives. Pari tenu : jeudi 1er Mai le Labour a remporté une victoire historique aux Législatives (près de 50% des voix) et Tony Blair est devenu le nouveau Premier Ministre. Le leader du labour devient ainsi le plus jeune Premier Ministre du siècle (43 ans) et ramène son parti au pouvoir après 18 ans de règne conservateur.

 

LE PERSONNAGE

Anthony Charles Lynton Blair est né le 6 Mai 1953 en Ecosse à Edimbourg (il va fêter sa victoire à quelques jours de son 44e anniversaire).

Il fit ses études secondaires dans un pensionnat huppé, ensuite intégra Oxford où il décrocha brillamment son diplôme d'Etat d'avocat en droit du travail.

A l'époque, ce pur produit de la "classe moyenne supérieure", cheveux longs et chemise indienne, chante dans un groupe rock et est plus intéressé par le football que par la politique.

Et à 30 ans... il devient député.

En 1983, il devient l'élu de Sedgefield (Nord), ville ouvrière.

Son ascension au Cabinet fantôme du Labour est fulgurante : portefeuille du Tresor en 1984... En 1993, il détient celui de l'Intérieur.

A la mort du leader John Smith, il écarte tous ses rivaux et réalise une O.P.A. sur le parti : il musèle l'aile gauche et prend ses distances avec les barons des syndicats.

Surnommé "Bambi" à ses débuts, il est affublé aujourd'hui de noms comme : "Blinton", "Staline", "Tory"...

 

 

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Diana révèle l'Angleterre à elle-même

 

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La princesse Diana

LONDRES, 3 septembre, Reuter - Le chagrin presque exubérant manifesté par la Grande-Bretagne à l'occasion de la mort de Diana illustre l'impact produit par une princesse passionnée et peu avare de ses sentiments sur une nation réputée réservée. "Elle était devenue le réceptacle de nos émotions les plus compliquées", note dans le Guardian l'un des biographes de la famille royale, Ben Pimlott. De nombreux autres écrivains et journalistes vont jusqu'à affirmer que Diana, par sa chaleur humaine, a largement contribué à faire évoluer les mentalités et les comportements en Grande-Bretagne. "J'éprouve davantage de chagrin à la mort de Diana qu'à la perte des membres de ma propre famille", a écrit un visiteur gallois sur l'un des registres de condoléances mis à la disposition du public. La singularité du propos n'a d'égal que celle des propos tenus récemment au journal Le Monde par la princesse, propos sur le contact physique bien éloignés a priori de la traditionnelle pruderie britannique. "Je touche, oui. Je crois que chacun en a besoin, quel que soit son âge. Appliquer la paume de sa main sur un visage, c'est entrer tout de suite en contact, communiquer de la tendresse, marquer sa proximité", déclarait-elle. "L'évolution (du comportement des Britanniques) tient pour beaucoup à une seule personne : Diana. Elle professait sa croyance en une attitude faite d'embrassades, de chaleur, de confession, toute une doctrine révolutionnaire ayant pour adversaire la froideur de notre réserve habituelle", écrit Jonathan Freedland dans le Guardian.

Un révélateur

"La réaction du public à la mort de Diana n'est pas une fabrication des media. C'est avant tout révélateur de ce que notre pays est devenu", estime John Gray, professeur de sciences politiques à l'université d'Oxford.

"Nous la pleurons parce qu'elle faisait partie de notre vie de tous les jours à tous - vieux et jeunes, riches et pauvres, de droite et de gauche, monarchistes ou républicains, féministes ou machos", analyse Ben Pimlott.

Le comportement de Diana a, par contraste, mis en relief la froideur - affectée ou réelle? - du reste de la famille royale, à l'image des deux fils de Diana, contraints à assister à un service religieux quelques heures seulement après la mort de leur mère, juge de son côté Jonathan Freedland.

Plusieurs éditorialistes font également le rapprochement entre la popularité de Diana et l'arrivée au pouvoir au printemps des travaillistes, après 18 ans de gouvernement conservateur.

"Diana était la princesse d'un pays jeune. Elle et (le Premier ministre Tony) Blair ont été les précurseurs d'un nouveau style informel, qui met fin à l'ère de la déférence", écrit Suzanne Mo