Lycée Claude FAURIEL
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Site du Lycee Claude Fauriel, Saint Etienne , prepas, ingenieur, enseignant, chercheur, veterinaire, ECE, ECS, Lettres-Sup, CPGE, BCPST, Veto, MPSI, PCSI, MP, PC, PSI, Fauriel, seconde, premiere, terminale, ES, L, S, seconde generale

Un projet inter-académique mené par le lycée Fauriel depuis 2013
Parution du 2e volume des DÉBATS CITOYENS EN RHÔNE-ALPES
Co-édition Lycée Fauriel / ADAPT Éditions (252 pages)

Issu des Débats citoyens organisés dans plusieurs lycées rhônalpins en 2014-2015, cet ouvrage collectif vise à conserver la trace de sept des onze tables rondes publiques qui ont réuni près de 1500 lycéens, 40 intervenants et 50 enseignants.

Article mis en ligne le 23 octobre 2015
dernière modification le 24 octobre 2015

par F. Thénard-Duvivier
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Débats citoyens en Rhône-Alpes (2e édition 2014-2015) , Franck Thénard-Duvivier (dir.), Saint-Étienne, Co-édition Lycée Fauriel / ADAPT Éditions, septembre 2015, 252 p.

Préfaces de Vincent Duclert (Historien, Inspecteur général de l’Éducation nationale) et de Thierry Beaudet (président du groupe MGEN).

Avec la participation des élèves et des enseignants des lycées Fauriel (St-Etienne), ICOF (Lyon), Aragon (Givors), Lebois (St-Chamond), Montravel (Villars), Arbez-Carme (Bellignat) et Brassens (Rive-de-Gier).

Ouvrage publié grâce au soutien de la Région Rhône-Alpes et de la MGEN.

SEPT CHAPITRES

Issu des Débats citoyens organisés dans plusieurs lycées rhônalpins en 2014-2015, cet ouvrage collectif vise à conserver la trace de sept des onze tables rondes publiques qui ont réuni près de 1500 lycéens, 40 intervenants et 50 enseignants. Les sept chapitres sont le fruit du travail mené par les élèves, les étudiants et les enseignants volontaires.

1. La « ville créative » : l’innovation culturelle et architecturale comme facteur de renouvellement urbain (lycée Claude-Fauriel, Saint-Étienne)
2. Ces objets qui nous envahissent (lycée ICOF, Lyon)
3. Qui a le pouvoir aujourd’hui ? (lycée Louis-Aragon, Givors)
4. La justice est-elle la même pour tous ? (lycée Claude-Lebois, Saint-Chamond)
5. Sport et citoyenneté (lycée horticole de Montravel, Villars)
6. La ville de demain (lycée Arbez-Carme, Bellignat)
7. Réinventer la politique : les nouvelles formes de mobilisation et de pratique citoyennes (lycée Georges-Brassens, Rive-de-Gier)

PRÉFACE DE VINCENT DUCLERT

À l’initiative d’une équipe réunie par Franck Thénard-Duvivier, professeur d’histoire en classes préparatoires, les Débats citoyens organisés dans la région Rhône-Alpes ont valeur d’exemple. Ils démontrent comment s’affirme dans la République un pouvoir d’invention et d’expression d’elle-même, condition de son avenir, de sa capacité à « faire société ». À se démocratiser en d’autres termes. Ce pouvoir est intimement lié à l’école, à cet univers qui doit lui aussi se réinventer en permanence, se rendre capable de s’ouvrir à l’universalité du monde comme à la personnalité de chaque élève. Cela suppose un engagement résolu, celui qu’assument ici les enseignants du lycée Claude-Fauriel (Saint-Étienne) rejoints par beaucoup d’autres. La Région, les Académies, d’autres institutions, et derrière elles des hommes et des femmes, les soutiennent. C’est un hommage rendu ici à des enseignants attachés à la meilleure formation possible pour leurs élèves, approfondissant les savoirs pour mieux les transmettre, conscients de toutes les difficultés d’une éducation nationale qui n’abdique avec eux d’aucune de ses ambitions intellectuelles, civiques et morales.

Nés en 2013, les Débats citoyens ont atteint un grand format et touché une large audience, bien au-delà de la Région et des deux Académies de référence (Lyon et Grenoble). Les thèmes choisis sont ceux qui questionnent le vivre-ensemble républicain et qui, par leur discussion publique, érudite et critique, réincarnent le projet démocratique. De tels débats, de surcroît installés au cœur de l’école, portés par la rencontre entre professeurs, chercheurs, élèves, parents d’élèves, responsables politiques, acteurs publics, membres d’association, représentants du monde professionnel, intellectuels et penseurs, traduisent ce qu’est fondamentalement la République, un espace de connaissance, de dialogue et d’engagement, où se pensent son histoire, son présent et son avenir.

La liberté de parole et de pensée, que nous avons personnellement éprouvée lors de la table ronde du lycée Louis-Aragon de Givors le 31 mars 2014 (« Citoyenneté, justice et égalité dans le monde contemporain : un difficile équilibre »), constitue cette valeur cardinale de la démocratie républicaine, fragile et menacée comme l’ont montré les attentats de janvier 2015, mais toujours essentielle à la construction de soi et du monde. Réfléchir à la République, réfléchir à la place du citoyen et de l’humain dans la République, n’est-ce pas la meilleure occasion d’en faire une démocratie vivante, de s’engager pour elle, de défier les forces obscures de la peur et de l’ignorance qui fabriquent les haines et la violence, l’exclusion et la persécution ?

A l’heure où, dans le primaire et le secondaire, à tous les niveaux et pour toutes les classes, débute un Enseignement civique et moral (EMC), l’initiative des Débats citoyens et la publication des actes de leur 3e édition feront école. C’est par ce type d’expérience et de retours d’expérience que les élèves, que les professeurs, que tous celles et ceux qui s’investissent dans l’avenir de l’école, imagineront une nouvelle manière de faire connaître et de faire comprendre les valeurs républicaines. Cette dimension des valeurs est au cœur du nouvel enseignement où interviennent, avec les professeurs d’histoire et de géographie, tous les enseignants volontaires, pour la réussite des élèves et leur construction personnelle et politique. Des élèves devenus acteurs de leur vie comme de la cité qui les accueille. Les valeurs ainsi travaillées par la réflexion et l’action rapprochent la sphère morale de la sphère civique, elles tissent les liens qui unissent la personne au citoyen. Elles vivent dans l’échange, dans la rencontre, et dans la confiance qu’une communauté d’humains met en elles. Préfaçant le livre des « Débats citoyens », j’y retrouve l’enseignement des valeurs de la République.

Vincent Duclert
Historien (École des hautes études en sciences sociales)
Inspecteur général de l’Éducation nationale

PRÉFACE DE THIERRY BEAUDET

Promouvoir l’art du débat public, dès le lycée, est une remarquable ambition.
À celles et ceux qui ont initié les Débats citoyens au lycée Claude-Fauriel de Saint-Étienne puis les ont organisés à l’échelle de la Région Rhône-Alpes, nous devons gratitude et félicitations.
Les pouvoirs publics et les forces vives de notre pays soulignent de plus en plus fortement l’importance de la formation civique des jeunes et du parcours citoyen de l’élève. Alors, l’initiative de rencontres publiques dans onze lycées rhônalpins volontaires constitue une réponse concrète aux attentes de tous, des jeunes eux-mêmes d’abord.
Comment s’insérer dans la vie sociale sans en partager les fondamentaux, les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité ; sans comprendre la légitimité de diverses visions du monde et des règles sociales du bien-vivre ensemble ?

Pour l’ensemble de la MGEN dont on connait la force des liens avec l’Éducation nationale, jusqu’à son nom, c’est un honneur d’être partenaire d’une telle entreprise et pour son président, professeur des Écoles, un bonheur d’écrire la préface de la synthèse des travaux de cette deuxième édition des Débats citoyens en Rhône-Alpes auxquels ont participé près de 1500 élèves et étudiants.
La MGEN est fière de soutenir ce programme et ce livre, à côté des Académies, de la Région, de la Villa Gillet, du lycée Claude-Fauriel et des Éditions ADAPT.

Plusieurs observations peuvent être tirées de sa lecture.
– Le débat citoyen s’organise et donc se prépare.
– Il est un espace d’innovations pédagogiques à la mesure du potentiel inhérent aux instruments dont nous disposons aujourd’hui.
– Il met en évidence la richesse de la pluralité des regards, notamment ceux de la vie professionnelle et associative.
– Il structure les échanges entre des adultes qui assument diverses responsabilités, particulièrement des enseignants, et les jeunes.
– Il nécessite l’apprentissage des données, idées, vocables, modes de raisonnement que comportent les grands thèmes de société.

Dans cette édition, des sujets remarquables et difficiles ont été travaillés avec des intervenants de grande qualité : ville, tolérance, médias, objets, pouvoir, justice, sport, guerres, politique, patrimoine.
En l’espèce, médias et réseaux sociaux ont été et seront impliqués.
Les chapitres de ce livre, de manière originale et approfondie, dépassent le cadre de la simple recension des tables rondes. Enjeux, mots-clés et glossaire, dates et chiffres clés, projet pédagogique, communications structurées autour de plusieurs axes, questions de l’auditoire et témoignages d’élèves, et aussi concours de posters et références bibliographiques et sitographiques permettent d’approfondir. Des travaux d’étudiants sont exposés.
L’ensemble nous propose des pages novatrices sur le fond et la forme.
Avec l’appui des directions, les Débats prendront place dans les projets d’établissement.

Mutualistes, nous sommes particulièrement sensibles à la dynamique engendrée à partir d’une initiative de proximité pour se généraliser à l’échelle d’une Région puis, on peut le souhaiter, de plusieurs autres.
Je souhaite à la 3e édition des Débats un succès multiplié.
La MGEN est particulièrement intéressée et concernée par les thématiques retenues pour 2015-2016.
De la laïcité à la protection sociale et à l’économie sociale et solidaire, des médias au développement durable, il en va de notre avenir commun, de notre vivre-ensemble. Parce que le monde est ouvert et porteur de formidables attentes sur tous les registres, parce qu’il n’y a jamais eu autant de personnes instruites, l’art de communiquer les uns avec les autres est d’autant plus précieux.
Merci à celles et ceux qui, élèves et maîtres, se sont engagés dans cette voie de l’échange.

Thierry Beaudet
Président du groupe MGEN

Les partenaires de la 3e édition 2015-2016 :

INTRODUCTION

[Les notes en bas de pages ne figurent pas dans cette version en ligne]

Dresser le bilan de la 2e édition des Débats citoyens en Rhône-Alpes et réaffirmer les objectifs de la 3e édition tout en ouvrant des perspectives pour un projet repensé sous forme d’interface et de réseau d’établissements afin de consolider et d’étendre les partenariats (aux universités notamment), de gagner en efficacité (pilotage, mutualisation) tout en garantissant pour les équipes une pleine autonomie dans la mise en œuvre de leurs projets. Voici l’objet de la présente introduction.

Ce dispositif peut contribuer concrètement au parcours citoyen de l’élève grâce au débat, à la réflexion critique, aux démarches participatives et à l’engagement citoyen. Valeurs et compétences structurant l’ensemble de la formation civique des jeunes, tout particulièrement dans la perspective du nouvel enseignement d’enseignement moral et civique (EMC) à la rentrée 2015. Opératoire et novateur, ce projet offre une réponse concrète et ambitieuse aux nouveaux défis de notre École.

À cela s’ajoute l’enjeu lié à la fusion des régions Auvergne et Rhône-Alpes et, de fait, à l’ouverture du projet à une 3e académie (Clermont-Ferrand). Le soutien des autorités régionales, académiques, voire ministérielles, tout comme celui de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) et des partenaires financiers, apparaît dès lors d’autant plus indispensable pour réussir cette nouvelle étape.

Un projet pluridisciplinaire inter-lycées

Initiés par lycée Claude-Fauriel en 2013, les Débats citoyens en Rhône-Alpes consistent à permettre des rencontres publiques dans les lycées rhônalpins à l’occasion de tables rondes portant sur des enjeux de citoyenneté. Les onze débats organisés pour la 2e édition ont abordé des thématiques variées : la justice pour tous, le pouvoir aujourd’hui, la mobilisation citoyenne, les médias et les conflits, la guerre et l’opinion, la ville créative, la ville de demain, le sport et la citoyenneté, la liberté de création, le patrimoine et la mémoire, le « culte des objets ».

Ces tables rondes sont un moyen de catalyser des projets d’établissement fondés sur des synergies interdisciplinaires et sur l’implication réelle des jeunes à travers des productions concrètes. Il s’agit de permettre aux jeunes de se confronter à une pluralité de regards (chercheurs, acteurs professionnels ou associatifs, élus) et d’exercer leur propre esprit critique. Le projet vise aussi à encourager l’innovation pédagogique et les décloisonnements, à renforcer les liens secondaire/supérieur.

L’idée de ce projet a germé à l’issue d’ateliers prospectifs sur « les lycées de demain » proposés par la Région Rhône-Alpes en 2012-2013. Son but est de favoriser la coopération entre structures académiques, services régionaux et lycées, mais aussi de promouvoir les partenariats avec le monde associatif ou professionnel, les échanges entre les jeunes d’établissements différents et la mutualisation des savoir-faire entre les enseignants.

Ce projet reçoit le soutien financier de la Région Rhône-Alpes et de la MGEN, le soutien des académies de Lyon et de Grenoble.

Le lycée Claude-Fauriel assure la coordination du projet, le suivi administratif et budgétaire, la mise en place des partenariats. Les lycées engagés dans le dispositif choisissent leur thème, leur calendrier et conservent la pleine maîtrise de la mise en œuvre pédagogique. Les enseignants participent à une journée inter-académique de rencontre et de formation.

Les lycées sont volontaires et s’engagent à respecter l’esprit du projet : les tables rondes sont ouvertes au public, dans la limite des places disponibles ; elles font intervenir un chercheur, un acteur professionnel ou associatif et un élu ; elles s’appuient sur un projet pédagogique qui favorise l’implication des jeunes ; les travaux des élèves sont valorisés en fonction du projet de classe ou d’établissement et dans le cadre du dispositif inter-lycées (blog Villa Voice, publication finale) ; les participants – élèves, enseignants, intervenants – pourront être sollicités dans le cadre de l’évaluation du dispositif.

Une deuxième édition sous le signe de l’approfondissement

La première édition des Débats avait fait l’objet d’un rapport détaillé, réalisé par une étudiante, Élise Mathevon, et remis à Madame la Rectrice de l’académie de Lyon. Le bilan était globalement positif tant au niveau des élèves interrogés, dont la motivation avait pu être assez précisément mesurée, que des enseignants et des intervenants. Le cahier des charges était respecté. Néanmoins, il fallait améliorer certains « points clés » : mieux lier la préparation effectuée avec les classes en amont et l’implication réelle des élèves le jour de la table ronde ; offrir une part plus importante au débat avec l’auditoire ; renforcer la communication autour de l’événement ; mieux partager les expériences (développer la mutualisation entre enseignants) ; mieux prévoir et anticiper le calendrier.

Dès lors, cette 2e édition des Débats était placée sous le signe de l’amélioration des pratiques et de l’approfondissement du projet dans la perspective de son ouverture à de nouvelles équipes en 2015-2016. Onze lycées (sur treize) ont accepté de poursuivre l’aventure.

L’objectif n’était pas tant d’améliorer tous les points identifiés dans le rapport que de laisser les équipes plus autonomes pour mesurer leur capacité à mieux organiser une seconde table ronde, à adapter leurs pratiques, à consolider les dynamiques pluridisciplinaires, voire d’établissement. Et un grand nombre de points ont été nettement plus efficaces : la logistique, la communication ou encore les mises en œuvres pédagogiques connexes (expositions notamment). D’autres points restent à travailler et c’est l’objectif de la 3e édition : la recherche des intervenants, la présence d’un chercheur à chaque table ronde, l’implication plus concrète des jeunes le jour de l’événement, l’utilisation du blog Villa Voice, des pratiques pédagogiques plus innovantes. Concernant l’anticipation du calendrier et la mutualisation, la journée de formation s’est déroulée dès le 15 juin (et non fin septembre) avec une grande diversité d’interventions afin de motiver les équipes et de susciter les envies.

Bilan 2014-2015

Cette année, l’évaluation a été menée plus simplement, au moyen d’un questionnaire adressé aux coordonnateurs des onze équipes. Cela a permis de mesurer un certain nombre d’acquis, un « indice de satisfaction » (auto-évalué) et des points à consolider.

Durée d’une table ronde : en moyenne 2h10 (entre 2h et 3h) dont environ 40 minutes de débat avec l’auditoire, pour une durée conseillée de 2h (questions comprises). Au-delà, il faut prévoir des intermèdes (non des pauses) et/ou des relances avec des interventions d’élèves, des sketches ou saynètes, des lectures ou tout autre type d’animation (visuelle, sonore). Indice de satisfaction de 0,7 (sur 1).

Déroulement. Toutes les débats étaient structurés autour d’axes annoncés aux intervenants en amont et explicitement présentés en début de table ronde. Les élèves sont davantage présents « sur scène » (7 tables rondes sur 11) pour lire un texte, introduire un axe, voire animer les discussions. Par contre, l’usage de la vidéoprojection pour illustrer les débats n’est pas encore systématique (6/11), la projection de documents sonores ou vidéo reste minoritaire (3/11) et la scénarisation reste exceptionnelle. Au lycée de Montravel, élèves et intervenants étaient disposés en rond autour des deux co-animateurs habillés en arbitres de football. À la Cité du Design, les posters réalisés par les élèves étaient projetés durant l’arrivée et l’installation du public, puis la remise des prix s’est faite après la table ronde, avec venue sur scène des élèves primés et des partenaires . Un petit clip a clos la séance.

Auditoire. Toutes les tables rondes sont ouvertes au public mais l’affluence n’est guère à « craindre » en raison de l’horaire de celles-ci. Au total, on a compté 130 auditeurs extérieurs (entre 5 et 40 selon les tables rondes) : généralement des « invités », parfois des parents ou des membres d’associations locales, également des représentants des partenaires (MGEN notamment). Sur un total de 1 620 auditeurs, les 1490 élèves et étudiants étaient issus de niveaux variés et de filières générales comme professionnelles : Seconde générale, Premières (ES, L, STI2D, STMG, MVA), Terminales (ES, L, S, STI2D, STMG et bac pro), BTS (AM, AG, SIO, CGO) et « classes prépas » (Lettres supérieures 1 et 2). Presque la moitié de ces classes ont été directement impliquées en amont tandis que les autres ont seulement assisté à la table ronde. L’idée – peut-être discutable – étant de faire profiter des débats au plus grand nombre de classes dont le thème faisait écho aux programmes en acceptant des degrés d’implication divers. Par contre, assez peu d’élèves ont concrètement été impliqués dans l’organisation ou l’animation de la table ronde (160 au total mais trop souvent aucun). Un point à travailler pour la 3e édition.

Animation. Le plus souvent la table ronde est animée par un à trois enseignants (8/11), en co-animation un élève/un professeur dans un cas (Montravel) et en animation par des élèves seuls dans deux cas (Baudelaire et l’Édit). Ici, l’indice de satisfaction de 0,6 (sur 1) révèle que les équipes ont fait les choix adaptés à leur conception de la table ronde et à l’autonomie qu’elles étaient prêtes à accorder aux élèves. L’animation par les élèves offre le grand avantage de faciliter les liens entre les intervenants et le public des jeunes. Cela contraint également les intervenants a des temps de parole courts car les élèves animateurs hésitent beaucoup moins à faire respecter les temps de parole ! Par contre, ils ont davantage de difficultés à relancer le débat en s’adaptant à ce qui est effectivement dit plutôt que de s’en tenir aux questions prévues. En définitive, comment concilier un haut niveau scientifique et l’implication des élèves ? Tout dépend des objectifs du projet, des classes et des intervenants. Mais d’autres possibilités que l’animation existent pour faire participer les élèves et même leur accorder collectivement le statut de co-intervenant.

Intervenants. Sur les 38 intervenants (3 ou 4 par table ronde), la majorité est issue du monde associatif ou professionnel (23) avec seulement sept chercheurs et huit élus. Ici, l’indice de satisfaction (0,8/1) ne tient pas compte du fait que le cahier des charges a moins bien été suivi que lors de la 1ère édition. La recherche des intervenants s’est faite plus tardivement et les contacts avec le monde de la recherche ont été moins fructueux. Ce à quoi la 3e édition devrait pallier.

Communication. Cette année, l’ensemble des équipes s’est emparé de ce temps événementiel et a informé plus largement le reste de la communauté éducative par affichage (11/11), le conseil d’administration (11/11), le conseil de la Vie lycéenne (7/11) ou encore les parents (7/11). La presse était présente à toutes les tables rondes qui ont donné lieu à une douzaine d’articles dans les journaux locaux et même à une émission radio (RCF Saint-Étienne). Les outils proposés (affichettes, cartes postales) ont été appréciés et utilisés. Des progrès restent à faire en terme de partenariat avec les médias. Pour la 3e édition, nous avons adhéré aux Clubs de la presse de Lyon et de Saint-Étienne et nous souhaitons développer un projet de citoyenneté active utilisant la radio comme outil participatif (cf. infra). Pensons également à utiliser massivement les réseaux sociaux !

Mise en œuvre pédagogique. Au total, 48 enseignants se sont engagés dans ce projet (en moyenne 4 à 5 par lycée). Le travail en équipe s’est avéré à la fois plus solide et interdisciplinaire avec, dans certains lycées, une occasion de faire travailler des équipes et des élèves de filière générale et de filière professionnelle, ou encore du secondaire et du supérieur (BTS ou « classes prépas »). C’est un point fort du dispositif qu’il convient d’approfondir. Davantage d’innovation pédagogique pourrait favoriser une plus grande implication des élèves. Certes, des expositions accompagnent désormais la plupart des tables rondes (8/11), voire des concours de photographies ou de posters. De même, sept lycées participent à la publication. Par ailleurs, les élèves ont réalisé des articles, des enquêtes, des sondages, des revues de presse ; certains sont allés sur le terrain ou ont rencontré les intervenants en amont (lycées de l’Édit et Xavier-Mallet par exemple). Des goûters ont même été organisés, avec la participation des élève (Arbez-Carme, Georges-Brassens, Claude-Lebois), pour faciliter des contacts plus directs et informels avec les intervenants à l’issue de la table ronde. Succès garanti !

Les effets ont été considérés comme positifs à l’échelle de l’établissement dans la grande majorité des cas (9/11) mais encore peu de lycées ont profité de ce temps événementiel pour véritablement l’intégrer dans un projet d’établissement (4/11). Les directions des lycées étaient pourtant beaucoup plus présentes cette année. En proposant de connecter le dispositif à d’autres projets (blog, radio, démarche participative et citoyenne, expérimentation, Amphis de Lyon 2), la 3e édition devrait participer à transformer des projets de classes en véritables projets d’établissement avec plus d’innovation et plus d’implication des jeunes.

Les « bonnes trouvailles » pédagogiques

Un temps de la journée de formation du 15 juin 2015 a été consacré au partage d’expériences pour amorcer une mutualisation des pratiques pédagogiques qui pourra se prolonger dans l’année grâce au blog (public) et à la newsletter (interne). Voici, arbitrairement classées par ordre alphabétique, quelques pistes sur ce qui a bien fonctionné…

Concours de photographies prises par les élèves illustrant le thème de la table ronde et diffusées toute l’année sur les écrans du lycée. Ces photos donnent lieu à une exposition et sont présentées le jour de la table ronde. L’ensemble de la communauté scolaire vote pour celle qui sera utilisée pour la réalisation du poster, de la carte postale et sur le site du lycée (Aragon).

Concours de posters. Plusieurs élèves travaillent ensemble à la réalisation d’un poster (un visuel, un slogan, un peu de créativité), ce qui permet de développer un aspect du sujet, de valoriser ceux qui ne sont pas très forts en rédaction. Le travail se fait en amont à la maison et/ou en accompagnement personnalisé. Les posters sont imprimés en format A2 et mis sous cadre. Avec possibilité de les exposer en ligne (site du lycée) et de réaliser une exposition dans l’établissement ou ailleurs (mairie, salle des fêtes) avant et/ou pendant la table ronde. Possibilité de faire participer plusieurs classes (toute la classe ou les volontaires), voire plusieurs lycées (Fauriel et Xavier-Mallet en 2013 et en 2014), l’exposition devenant ainsi « itinérante ». Enfin, l’organisation d’un petit concours permet de mobiliser les élèves mais aussi les parents d’élèves (FCPE, PEEP) et des partenaires (Ville, associations, etc.) qui votent, délibèrent et décernent un prix (diplôme accompagné d’un « lot »). Un diaporama peut permettre de faire défiler les posters en attendant le démarrage de la table ronde. La remise des prix peut se faire à l’issue de cette dernière.

Enquêtes et sondages sont réalisés auprès des élèves du lycée sur le thème de la table ronde et les résultats sont utilisés pour ouvrir la rencontre. Les graphiques produits peuvent être projetés ou encore publiés dans l’ouvrage collectif.

Expositions, le plus souvent d’affiches, réalisées par les élèves sur le thème de la table ronde et en lien avec les programmes. C’est un moyen de restituer des savoirs théoriques, des visites sur le terrain, des rencontres, mais aussi de valoriser des compétences (créativité, réalisation de graphiques, etc.). Cela peut donner lieu à des visites guidées par les élèves auprès d’autres classes, voire des intervenants (Baudelaire, Xavier-Mallet). Des supports vidéo ou informatiques peuvent compléter le dispositif. En lien avec les arts plastiques ou l’histoire des arts, cela peut aussi prendre la forme de maquettes, par exemple sur les « utopies urbaines » (Baudelaire en avril 2014).

Lecture de textes. Au lycée Aragon, par exemple, quatre élèves ont lu des extraits du livre de S. Hessel, Indignez-vous mais aussi de textes donnant leur propre vision de la politique aujourd’hui et défendant une cause qui pourrait leur donner envie de s’engager.

Rencontres de la classe ou d’un groupes d’élèves avec un intervenant ou un spécialiste du sujet, en amont de la table ronde, soit au lycée, soit dans le cadre d’une visite de la mairie, d’une entreprise (Arbez-Carme), d’un site patrimonial (X.-Mallet) ou par la rencontre d’une association (C.-Lebois)… Ou encore la veille de la table ronde (Baudelaire), le matin même (l’Édit), voire le lendemain pour approfondir un aspect (Aragon en mars 2014). Ce qui offre l’occasion d’une présentation de métiers ou du monde universitaire (Brassens en janvier 2014). Ces rencontres peuvent donner lieu à des articles (en ligne, dans le journal du lycée, sur le blog Villa Voice, etc.). La table ronde est alors un moyen de réactiver des acquis et des contacts établis préalablement.

Théâtre. Un intermède joué ou slamé peut ponctuer la table ronde (à l’Édit en mai 2014 sur l’égalité hommes/femmes). Une courte pièce de théâtre a préalablement été tournée dans les vignes, en lien avec le patrimoine antique et viticole, et projetée lors de la table ronde (X.-Mallet).

Twitter. La tentative pour poser des questions aux intervenants grâce à des tweets envoyés en direct par les auditeurs n’a pas véritablement bien fonctionné (Fauriel). Outre les difficultés techniques (affichage d’un « mur de tweets  », modération en directe par une équipe d’élèves), les élèves ont surtout communiqué vers l’extérieur pour faire état des débats plutôt que de poser des questions aux intervenants. Par contre, autoriser une petite équipe à twitter en direct est tout à fait possible (avec modération par retweets). Cela permet d’impliquer des élèves, de diffuser vers l’extérieur et de laisser une trace écrite de type Storify. Sur ces aspects, le potentiel est réel en termes d’innovation numérique.

Vidéo. La table ronde peut être filmée pour faciliter la trace écrite (dans la perspective de la publication) ou pour produire un petit montage qui sera diffusé en ligne. La diffusion d’un clip peut lancer ou relancer les débats : interviews des élèves sur le thème de la table ronde (Montravel en janvier 2014), clip promotionnel sur « Saint-Étienne ville créative » (Fauriel), pièce de théâtre (Xavier-Mallet). On peut également imaginer des interviews de spécialistes et de « personnalités » ou, au contraire, du grand public sous forme d’un « micro-trottoir » (filmé ou en simple prise de son illustrée de photos).

Une troisième édition plus ambitieuse

En 2015-2016, le dispositif change d’échelle avec 21 établissements dont un CFA et plus de 2 500 lycéens et étudiants Les 21 tables rondes publiques porteront sur cinq grandes thématiques afin de faciliter les contacts et les partenariats (établis en amont), mais aussi d’encourager les échanges inter-lycées (grâce au blog notamment) et les mutualisations pédagogiques. Ainsi, près de 70 intervenants et plus d’une centaine d’enseignants seront mobilisés !

À nouveau, toutes les filières seront représentées avec des lycées d’enseignement général, technologique, professionnel, des filières post-bac (BTS, CPGE) et d’apprentissage (CFA). Par contre, deux départements rhônalpins ne seront pas représentés – faute de réponse à de l’appel à candidatures – tandis que la Loire et le Rhône comptent chacun sept établissements. Certes, cette répartition reflète en partie la démographie régionale mais ce projet a bel et bien vocation à représenter tout le territoire rhônalpin. Sur 21 établissements engagés, 7 lycées poursuivent le projet pour la troisième année consécutive et 14 le rejoignent.

Rassembler autour de cinq thématiques

Les cinq grandes thématiques retenues pour 2015-2016 font à la fois écho aux programmes scolaires, aux objets d’étude scientifiques et aux priorités régionales, académiques et/ou nationales.

1. Laïcité et valeurs républicaines, en lien avec la « Mobilisation de l’École pour les valeurs de la République » lancée suite aux attentats de Paris en janvier 2015.
2. Médias et information : liberté de la presse, liberté d’expression, enjeux et usages du numérique, désinformation. En lien avec l’éducation aux médias et la « Mobilisation de l’École ».
3. Protection sociale et solidarité nationale, en lien avec le 70e anniversaire de la création de la Sécurité sociale.
4. Économie sociale et solidaire (ÉSS), en lien avec le développement de l’éducation et de la formation à l’ÉSS.
5. Climat, environnement et développement durable, en lien avec l’éducation au développement durable et avec la 21e Conférence Climat (COP 21) organisée à Paris en décembre 2015.

Afin de répondre au mieux aux besoins des élèves et des équipes pédagogiques, d’autres thèmes étaient possibles en lien avec l’appel à projets « Eurêka » de la Région Rhône-Alpes, avec le festival « Mode d’Emploi » organisé par la Villa Gillet en novembre 2015 (4e édition) ou encore avec les « Amphis de Lyon 2 ». Le but étant toujours de favoriser les partenariats et les connexions avec d’autres projets.

Mobiliser autour de quatre priorités

Lors de la journée inter-académique de rencontre et de formation du lundi 15 juin 2015, les équipes ont pu se réunir selon leurs thèmes et faire émerger des propositions concrètes, en lien avec les principaux objectifs de cette 3e édition. Ces réflexions , élaborées en ateliers, devront être reprises, adaptées, complétées et testées tout au long des projets.

1) Le continuum -3/+3 : renforcer les liens avec l’enseignement supérieur et la recherche. Organiser la journée de formation dans les locaux de l’Université de Lyon (UdL) était un moyen d’afficher concrètement cette priorité. Le Service Science et Société a ainsi pu présenter ses missions et propositions en termes d’accompagnement des équipes autour de la démarche participative et du réchauffement climatique notamment. Des connexions sont à établir avec les équipes de recherche et avec les « Amphis de Lyon 2 » . Voici quelques pistes : travailler avec les chercheurs en visioconférence et rendre compte de leurs publications via le blog Villa Voice ; les rencontrer sur leur lieu de travail ou les faire venir dans les classes (organiser un « café scientifique » par exemple) ; faire le lien avec les laboratoires de recherches ; travailler sur les compétences de l’enseignement supérieur ; faire le lien avec la préparation de concours type Sciences Po…

2) L’implication des jeunes (en amont, pendant ou après la table ronde) par la production de travaux, par des échanges avec d’autres lycées. Toutes les équipes devront s’emparer du blog Villa Voice pour apprendre à publier en ligne et pour réagir aux articles des autres lycéens engagés dans les Débats citoyens. Les classes volontaires pourront même se déplacer aux tables rondes des autres lycées ou encore s’appuyer sur d’autres temps forts : le festival Mode d’emploi (16-29 novembre 2015) ou encore la semaine de la presse à l’école (21-26 mars 2016). On pourrait également organiser des sorties culturelles ou « nature » en lien avec le thème de la table ronde ; réaliser des interviews, des recherches documentaires, des revues de presse ; rédiger des articles sur le blog, sur le site du lycée ; réaliser des enquêtes, etc.

L’autre pan de la réflexion tourne autour des moyens concrets pour faire participer les élèves à l’organisation de la table ronde : la communication autour de l’événement (préparer avec eux une plaquette de présentation) ; l’animation de la table ronde en présentant les intervenants ou des travaux créatifs (option théâtre ou audiovisuelle, slam) ; la logistique (prise son/vidéo, passages de micros pour les questions...) ; les moments conviviaux (goûters pour favoriser les échanges informels). La table ronde pourrait être l’occasion de faire interagir les élèves de différents niveaux ou filières. Enfin, pourquoi ne pas convier des « élèves ambassadeurs » au déjeuner d’accueil des invités ou les dépêcher auprès des autres classes pour présenter le projet ?

3) L’innovation pédagogique peut passer par un réel travail transversal ou interdisciplinaire, par la scénarisation des activités pédagogiques, par la pédagogie inversée, par la démarche participative, par le développement des compétences numériques et, plus globalement, par l’expérimentation. D’où la possibilité offerte par le Cardie d’accompagner les équipes des Débats citoyens qui en feraient le demande. Pour mener une pédagogie de projet, les équipes peuvent s’appuyer sur l’AP, l’ECJS ou l’EMC, les TPE , mais aussi les documentalistes, les équipes de Vie scolaire, les élèves élus au CA ou au CVL . Il est également suggéré d’utiliser le blog Villa Voice pour rendre compte de l’avancée des questionnements des élèves et pour transformer les jeunes en producteurs d’information (et non plus simples consommateurs). Autre idée : travailler sur les représentations des élèves avant (et après) la table ronde en réalisant des enquêtes.

4) La démarche citoyenne peut passer par l’élaboration de propositions concrètes qui seraient débattues au sein des classes, des lycées, voire entre lycées, dans la perspective d’une restitution auprès des élus (comités techniques ou jurys de démocratie participative). À nouveau, il est conseillé de s’appuyer sur les équipes de Vie scolaire de chaque établissement, le CVL et les élèves élus au CA. Point important : il est nécessaire d’avoir toujours à l’esprit de développer une image positive de la citoyenneté chez les élèves car, si le regard est exclusivement négatif ou critique sur les institutions, les médias, nous passons à côté de l’objectif du projet. L’apprentissage de la citoyenneté passe par la confrontation des points de vue ; la capacité à identifier les acteurs de la vie citoyenne ; le développement de l’autonomie des élèves ; la volonté de travailler en groupe et de mutualiser ; l’éveil à l’esprit critique et la formation de citoyens éclairés ; la capacité à distinguer information et désinformation ou manipulation . Il s’agit aussi de comprendre par l’expérience les valeurs républicaines, la laïcité, la pluralité, etc. On pourra, par exemple, s’appuyer sur la Charte de la laïcité disponible dans les lycées.

Vers un réseau d’établissements et un dispositif-interface ?

Outre la promotion des tables rondes comme « modélisation d’une situation de débat public » de nature à développer l’esprit critique et les compétences argumentatives des lycéens, le but de ce dispositif est aussi d’être un facilitateur de projets pluridisciplinaires et un accélérateur des synergies entre établissements à l’échelle inter-académique.

Le schéma (ci-après) montre que le dispositif évolue à partir de du projet initial (organiser des tables rondes publique dans les lycées). Il devient une interface entre des équipes pluridisciplinaires dynamiques et une « offre ouverte », constituée de projets, dispositifs et partenariats proposés par des institutions (académies, collectivités, universités), des associations ou des structures professionnelles. Le succès du dispositif reposant incontestablement sur le double principe du volontariat et de l’autonomie, tant au niveau des équipes pédagogiques que de celui des élèves ou étudiants (certaines activités étant proposées à toute la classe mais d’autres à des groupes plus motivés).

Ainsi, le dispositif pourrait continuer de se développer suivant une logique réticulaire (de réseau), voire de clusters (diffusion de l’innovation par grappes à partir de groupes de développement). Les équipes engagées dans les Débats citoyens bénéficient de facilités logistiques et budgétaires, mais aussi des apports de la recherche, de la mutualisation pédagogique et de toute sorte d’opportunités en termes de projets : blog Villa Voice, Amphis de Lyon 2, festival Mode d’Emploi, projet radio, publication, actions de démarche participative et citoyenne.

Les perspectives de développement sont donc réelles. Tout dépend des énergies et des soutiens qui pourront être mobilisés. Voici, par exemple, deux pistes : un projet radio déposé auprès de la Région Rhône-Alpes et une idée pour former les jeunes à l’art de maîtriser la parole et à débattre en public. Ce dernier pourrait faire l’objet de formation pour les enseignants – au niveau national ou académique – en partenariat avec les ESPE, la DAFOP ou la Dgesco . Un bon moyen de faire vivre la laïcité et les valeurs républicaines, non ?

« Jeunes citoyens reporters » est un projet de citoyenneté active utilisant la radio comme outil participatif et promouvant la rencontre des jeunes avec des représentants de société civile et des élus mais aussi les citoyens (micro-trottoirs). Lycéens et étudiants volontaires pourraient se former aux techniques d’interview radio et de prise de son. Ils deviendraient ainsi « journalistes en herbe » lors des tables rondes ou d’autres événements et leurs reportages pourraient être diffusés sur les sites Internet, sur l’ENT régional et sur les ondes des radios partenaires.

Ce projet permettrait à des jeunes issus de territoires ou d’horizons différents se rencontrer. Ainsi, des étudiants et des lycéens pourraient être associés : à Saint-Étienne, lycéens et étudiants de Lettres supérieures (Fauriel) ou de BTS (H. d’Urfé, A. Camus) ; à l’ICOF (Lyon), étudiants de BTS et lycéens des séries technologiques. Et d’autres jeunes pourraient être mobilisés à travers la région. Une fois formées et équipées d’un enregistreur, les équipes radio couvriraient d’autres débats et pourraient s’emparer de nouveaux sujets dans le cadre de la Maison des Lycéens, d’un club ou d’une association.

Promouvoir l’art du débat public à travers des clubs de « débats réglés » fonctionnant au sein des lycées puis entre établissements pour favoriser l’essaimage des problématiques. Certains débats pourraient avoir lieu en amont des tables rondes pour rendre les élèves plus actifs, les autres en aval pour approfondir les réflexions. Plusieurs pratiques de débats existent au-delà du seul « débat argumenté » utilisé lors des séances d’ECJS : le « débat parlementaire » et la tradition très vivace des debating societies dans un grand nombre de pays ; ou encore le format « Karl Popper », sans doute plus exigeant, qui favorise la coopération en équipe, la progression rapide et rythmée de la réflexion. Un sujet est posé sous la forme d’une assertion contestable ; deux équipes (partisans et opposants) ont cinq minutes pour se préparer selon un tour de parole rigoureusement fixé (présentation d’un point de vue, écoute aiguë, formulation de questions, réfutation de la contre-argumentation) ; le tout sur un tempo soutenu et un temps de parole minuté et décompté. C’est une sorte de « match de football intellectuel », où partisans et opposants sont amenés à défendre une position qui n’est pas nécessairement la leur.

Cette pratique du débat vise des compétences plus larges que l’argumentation : c’est une école de l’estime de soi, du plaisir de l’interaction, du travail en équipe, de l’intelligence collective et donc une démonstration en acte de la démocratie. Avec cette nouvelle orientation, les Débats citoyens offriraient ainsi un levier puissant pour incarner la thématique « Laïcité et valeurs républicaines » et pour travailler concrètement la méthodologie et les compétences indispensables au continuum -3/+3.

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Déjà la deuxième publication des Débats citoyens en Rhône-Alpes, un an après la première… L’ouvrage est à nouveau le fruit d’un vaste travail collectif : celui des élèves et enseignants volontaires, de la petite équipe éditoriale constituée de six étudiantes de Lettres supérieures du lycée Fauriel et des bénévoles des Éditions Adapt. Tiré à 1 500 exemplaires, l’ouvrage est destiné à laisser une trace écrite des débats et à valoriser les travaux des élèves. La plupart des exemplaires est destinée aux lycées participants et aux partenaires du projet ; quelques-uns sont réservés à la vente par Adapt pour une diffusion nationale par correspondance ou dans les librairies spécialisées.

Chaque table ronde fait l’objet d’un chapitre rédigé à partir des notes ou enregistrements réalisés lors des débats et enrichis par des recherches ou travaux complémentaires (interviews, comptes rendus, articles, affiches, etc.). Si le contenu est du ressort de chaque équipe, un cahier des charges commun permet d’assurer un minimum de cohérence à l’ouvrage. Aussi trouve-t-on à chaque chapitre les mêmes rubriques : les enjeux du débat (problématiques, glossaire, dates ou chiffres clés, programmes scolaires) ; la présentation des intervenants et des principaux axes de discussion ; des pistes pour approfondir la réflexion (gros plans, textes clés, références bibliographiques, sitographie).

Cet ouvrage n’est que la partie émergée d’un vaste projet qui a mobilisé et continue de mobiliser des milliers d’élèves et étudiants, des centaines d’enseignants et d’intervenants. Projet qui se veut la preuve en actions de la réelle capacité de mobilisation de notre École pour peu qu’on ouvre les portes et qu’on facilite les réseaux.

Bonne lecture et à très bientôt pour de nouveaux débats !

Franck Thénard-Duvivier
Professeur d’histoire en CPGE au lycée Fauriel (Saint-Étienne)
Initiateur et coordonnateur des Débats citoyens en Rhône-Alpes
Chercheur associé au GRHIS (Université de Rouen)

La 4e de couverture :



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