Lycée Claude FAURIEL
notre ambition : votre réussite !

Site du Lycee Claude Fauriel, Saint Etienne , prepas, ingenieur, enseignant, chercheur, veterinaire, ECE, ECS, Lettres-Sup, CPGE, BCPST, Veto, MPSI, PCSI, MP, PC, PSI, Fauriel, seconde, premiere, terminale, ES, L, S, seconde generale

Lycée Claude-Fauriel - 22 novembre 2013
LES PHOTOS de la remise des prix du concours de posters et de la table ronde "Histoire et mémoire(s) : témoins, lieux, débats"
Manifestation organisée dans le cadre des "Débats citoyens en Rhône-Alpes" 2013-2014

Compte rendu en images de la table ronde "Histoire et mémoire(s)" et de la remise des prix (copncours de posters) organisées le 22 novembre 2013 au lycée Claude-Fauriel.

Article mis en ligne le 4 janvier 2014
dernière modification le 5 janvier 2014

par F. Thénard-Duvivier
Imprimer logo imprimer

Page mise à jour le 4 janvier 2014.

Sommaire :
- Rapide synthèse de la table ronde (un compte rendu plus détaillé sera publié dans l’ouvrage collectif final des Débats citoyens en Rhône-Alpes).
- Résultats du concours de posters et remise des prix.
- Présentation et programme des Débats citoyens en Rhône-Alpes

***

La table ronde était initialement prévue dans la salle Jeanne d’Arc pour un auditoire de plus de 300 personnes... Voir le programme. Mais les fortes chutes de neige des jours précédents et la prudence ont perturbé le déroulement de la manifestation.

Cette manifestation est la seconde d’une série de 14 tables rondes organisées dans les lycées des 8 départements rhônalpins dans le cadre des "Débats citoyens en Rhône-Alpes" 2013-2014, projet initié et coordonné par le lycée Claude-Fauriel, avec le soutien de la Région Rhône-Alpes, des académies de Lyon et Grenoble, de la Ville de Saint-Étienne, de la Villa Gillet et de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN).

La centaine d’élèves qui devait venir à la fois du lycée Georges-Brassens de Rive-de-Gier (Loire) et du lycée Xavier-Mallet du Teil (Ardèche) n’ont pu se déplacer en raison de l’interdiction des transports scolaires dans la Loire. De même, de nombreux étudiants non ligériens ont dû rentrer chez eux de manière anticipée... Mais tous les intervenants étaient présents ! Même ceux venant de Paris. Il était donc plus facile de venir à Saint-Étienne depuis Paris que depuis Lyon ce 22 novembre...

La table ronde a finalement eu lieu au CDI du lycée Claude-Fauriel, dans un environnement de livres et avec un accueil chaleureux préparé par l’intendante, Mme Sandrine Bès, par les agents du lycée Fauriel et par les professeurs documentalistes. Les débats ont ainsi pu se prolonger autour d’une boisson chaude et de petits fours...

Ci-dessus, les intervenants et les animateurs du débat :
- debout, à gauche, Georges Collin (professeur d’histoire-géographie) ;
- puis, assis, Olivier Le Trocquer (historien, CVUH) ;
- Olivier Lalieu (historien, Mémorial de la Shoah) ;
- tenant le micro, Jean-Louis Gagnaire (député de la Loire, vice-président de Rhône-Alpes) ;
- puis Michel Depeyre (historien, Université Jean-Monnet, membre du conseil scientifique du Mémorial de la Résistance et de la Déportation de la Loire) ;
- Franck Thénard-Duvivier (professeur d’histoire en CPGE, coordonnateur des Débats citoyens) ;
- hors photographie, Philippe Thiolière (professeur d’histoire-géographie).

AXE 1 : LES MÉMOIRES STÉPHANOISES DE LA GUERRE

Les réflexions ont tout d’abord porté sur les « mémoires stéphanoises de la Seconde Guerre mondiale » à travers les lieux de mémoire (de souffrance, d’espoir), à partir d’un diaporama conçu par les élèves de Terminale et du témoignage vidéo, recueilli par des lycéens, de M. Fernandez, ancien déporté.

Georges Collin , professeur d’histoire-géographie au lycée Claude-Fauriel, présente les travaux réalisés par ses élèves de Terminal et lance le premier axe de la table ronde. Photographie ci-dessous.

AXE 2 : LES LIEUX DE MÉMOIRE : LIEUX DE SOUVENIR, DE COMMÉMORATION ET D’HISTOIRE

Puis, nous avons changé d’échelle en évoquant le cas du village martyr d’Oradour-sur-Glane. Les discussions ont également porté sur le cas alsacien et notamment la situation des "Malgré-nous".

Philippe Thiolière , professeur d’histoire-géographie au lycée Claude-Fauriel, présente lance le second axe de la table ronde à partir d’un diaporama sur Oradour-sur-Glane, réalisé avec ses élèves. Photographie ci-dessous.

Olivier Lalieu, historien, auteur de La Zone gris ? La Résistance française à Buchenwald (Tallandier, 2005, rééd. 2012), présente certains lieux de mémoire qu’il a accompagné pour le Mémorial de la Shoah.

Selon le Mémorial de la Shoah, les lieux de mémoire sont des « lieux où s’ancre la mémoire des étapes de l’entreprise de destruction des Juifs d’Europe. Ils recouvrent différents aspects : l’internement par les autorités françaises (le Vel d’Hiv ou Drancy), la traque des enfants (Izieu), le sauvetage des Juifs par les justes (Le Chambon sur Lignon) ou encore la résistance juive (le camp de Lautrec) » (définition en ligne).

Marc Boyer , conseiller municipal délégué aux actions culturelles dans l’éducation, prend la parole pour répondre à une question de l’auditoire concernant la place des commémorations dans la vie publique. Photographie ci-dessous.

AXE 3 : LOIS MÉMORIELLES ET « DEVOIR D’HISTOIRE »

Enfin, le débat a porté sur les lois dites "mémorielles" et sur le "devoir de mémoire". Les historiens et le député présents ont fait valoir leurs arguments avec une unanimité à considérer que toutes ces lois n’étaient pas de même nature et que la "loi Gayssot" du 13 juillet 1990 avait permis de faire cesser l’expression publique des propos négationnistes ou révisionnistes. Les trois autres lois ont fait l’objet d’explications plus nuancées : loi sur la reconnaissance du génocide arménien du 29 janvier 2001, "loi Taubira" du 23 mai 2001 et "loi Mekechera" du 23 février 2005.

Franck Thénard-Duvivier, professeur d’histoire en Lettres supérieures, organisateur de la table ronde, lance le débat.

Olivier Le Trocquer (à droite sur la photo), historien, membre du Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire, rappelle les circonstances de création du CVUH en juin 2005. Photographie ci-dessous.

Deux précisions d’Olivier Le Trocquer.
- 1) Du point de vue du CVUH - comme l’avaient exprimé Gérard Noiriel, avec Michel Giraud, sociologue antillais, et Michèle Riot-Sarcey ou Nicolas Offenstadt dans une tribune en 2005 (voir, en ligne, les « textes de références » du CVUH) - il n’existe pas à proprement parler de lois mémorielles, mais chaque loi pose un problème spécifique.
- 2) Contrairement à « Liberté pour l’histoire », le CVUH n’a jamais considéré que les législateurs ne devaient en aucun cas intervenir dans le rapport à l’histoire. La question étant les modalités et les circonstances spécifiques de cette intervention.
- Autrement dit, l’histoire n’appartient pas aux historiens : parce qu’elle est d’abord l’histoire faite par les acteurs eux-mêmes avant d’être une discipline savante, et ensuite parce qu’ils n’ont pas le monopole de son écriture, même s’ils jouent un rôle spécifique irremplaçable. Gérard Noiriel et Michèle Riot-Sarcey, grands lecteurs de Foucault, sont assez d’accord sur l’idée de l’intellectuel spécifique, différent de l’intellectuel à la Sartre, et qui ne se confond pas non plus avec la position de l’expert.

Le CVUH dégage, dans son « Manifeste » du 17 juin 2005, deux domaines prioritaires pour la réflexion et l’action. Tout d’abord, « l’enseignement de l’histoire » en privilégiant notamment « une élaboration plus démocratique et transparente des programmes ». Également, « les usages de l’histoire dans l’espace public » en ouvrant notamment « une vaste réflexion sur les usages publics de l’histoire, et proposer des solutions qui permettront de résister plus efficacement aux tentatives d’instrumentalisation du passé ». Voir le manifeste du CVUH en ligne.

Michel Depeyre , historien, maître de conférences à l’université Jean-Monnet de Saint-Étienne), expose sa conception du rôle de l’historien et indique son opposition, à titre personnel, au principe même de "devoir de mémoire". Photographie ci-dessous.

Jean-Louis Gagnaire (député de la Loire, vice-président de Rhône-Alpes), reconnaît que ce n’est pas au législateur de dire l’histoire mais de veiller au respect des principes républicains. Il prend l’exemple des propos révisionnistes et négationnistes qui ont pu être proférés au nom de la liberté historienne et contre lesquels la loi Gayssot de 1990 s’est révélée efficace. Photographie ci-dessous.

QUELQUES PISTES POUR PROLONGER LA RÉFLEXION

Olivier Lalieu, dans un article de 2001, rappelle que « Le devoir de mémoire est le titre français donné en 1995 à un ouvrage posthume de Primo Levi, reprenant un entretien accordé en 1983 à deux historiens italiens. Cette publication, comme la redécouverte de l’œuvre de cet auteur, popularise l’expression, dans le contexte du 50e anniversaire de la libération des camps. Or ce titre en forme de formule n’est pas de Primo Levi. Il a été choisi par l’éditeur parce qu’il est dans l’air du temps, détournant le contenu même d’un entretien où Primo Levi fait part de ses interrogations sur la postérité d’Auschwitz. »
- Référence : Olivier Lalieu, « L’invention du "devoir de mémoire", Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2001/1 n°69, p. 83 [en ligne].

Philippe Joutard dénonce, dans une tribune publiée en 1998, « la tyrannie de la mémoire » car elle « fait parler l’émotion, elle exprime l’indicible. [...] elle est extrêmement sélective, l’oubli étant constitutif de sa création ; elle est simplificatrice ; elle a une tendance au manichéisme. Surtout, devenue nationale, quasi officielle, elle ne donne plus la parole aux silencieux ni aux minoritaires. [...]
En revanche, il est nécessaire de promouvoir un véritable devoir d’histoire, qui parte de la mémoire, s’en nourrisse, mais qui sache prendre avec elle la distance nécessaire. Un devoir d’histoire fondé sur quatre idées simples [...] établir d’abord les faits [...]. Sortir ensuite de l’ombre les phénomènes oubliés ou pire occultés [...]. Mettre en contexte et ici éviter le péché majeur pour l’historien, l’anachronisme [...]. Enfin connaître ses limites, pas seulement individuelles ou même collectives : l’histoire n’épuise jamais le réel et n’es pas la résurrection intégrale du passé.
Ce devoir d’histoire peut être impopulaire, car nous préférons souvent les certitudes. Il remplace le blanc et noir par le grisé et les demi-teintes [...].
En tout état de cause, nous n’avons pas le choix : dans un État de droit et une nation démocratique, c’est le devoir d’histoire et non le devoir de mémoire qui forme le citoyen. Car l’histoire, si elle est fidèle à sa vocation, implique distance, remise en cause des stéréotypes et surtout débat et diversité de points de vue. Elle préserve du simplisme et du manichéisme, générateurs de haine et d’intolérance. Elle apprend la lucidité et l’esprit critique qui mettent à l’abri des illusionnistes. »
- Référence : Philippe Joutard, « La tyrannie de la mémoire », revue L’Histoire, n°221, mai 1998, p. 98.

Laurent Wirth suggère : « Ne vaudrait-il pas mieux parler de devoir d’histoire et de droit à la mémoire ? N’est-ce pas le meilleur moyen de promouvoir la procédure de vérité que doit être l’histoire ?
N’est-ce pas aussi le moyen de fonder cette politique de la juste mémoire dont Paul Ricoeur fait un de ses thèmes civiques avoués. »
- Référence : Laurent Wirth, « Histoire et mémoire », Bulletin de Liaison des Professeurs d’Histoire-Géographie de l’Académie de Reims, n°26, 2002 [en ligne].

Jean-Pierre Rioux, dans un article de 2002, oppose "devoir de mémoire" et "devoir d’intelligence". Selon lui, « le "devoir de mémoire" a déjà une histoire sociale et le débat entre mémoire et histoire a pris une telle force médiatique et scientifique que l’un et l’autre ne peuvent pas être ignorés à l’école, et d’abord au collège et au lycée. Leur exposé est certes, aujourd’hui, de précieux secours pédagogique et civique. Mais il s’agit aussi de ne pas instrumentaliser l’histoire ; de ne pas faire des jeunes de nouveaux "témoins" ; de ne sacraliser aucun "devoir de mémoire". Dire la mémoire en classe devrait aider, au contraire, à produire du sens, à privilégier l’intelligence sur le souvenir, à affirmer des vérités encore plus probantes : à mieux connaître et apprendre de l’histoire, par conséquent, pour armer au passage tous les nouveaux citoyens. »
- Référence : Jean-Pierre Rioux, « Devoir de mémoire, devoir d’intelligence », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2002/1 no 73, p. 157-167 [en ligne].

Dans un colloque de 2002, Jean-Pierre Rioux et Annette Wievorka précisent que « L’ancienne confrontation entre "histoire" et "mémoire", naguère dominée par l’opposition entre Lavisse et Péguy, a resurgi dans le débat historiographique et civique depuis vingt ans. La mémoire est devenue un objet d’histoire ; il n’appartient donc pas à l’Assemblée nationale de décider si le massacre des Arméniens est un génocide. Cette tâche incombe aux historiens. Il existe donc un devoir d’histoire qui respecte les règles du métier d’historien et qui se distingue du devoir de mémoire. La présence de cette mémoire à des effets induits en classe, elle fait partie de nos sociétés, c’est un fait d’histoire, un fait réel mais elle soulève aussi la question des commémorations. N’y a t-il pas danger à multiplier les commémorations ? »
- Référence : colloque Apprendre l’histoire et la géographie à l’École organisé par le Ministère de l’Éducation nationale à Paris en décembre 2002 [en ligne].

LA REMISE DES PRIX

Comme prévu, la table ronde s’est achevée par la remise des prix, suite au concours de posters sur le thème "Histoire et mémoires" avec 75 posters réalisés par les élèves des lycées Claude-Fauriel et du Teil, par les étudiants d’Hypokhâgne de Claude-Fauriel.

Les 75 posters sont visibles en ligne.

Voici les lauréats. Malheureusement, certains n’étaient pas présents en raison des conditions climatiques.

Prix des Amis du Musée d’Art moderne de Saint-Étienne Métropole (partenaires de nombreux projets avec les Lettres supérieures du lycée Claude-Fauriel), remis à Sawsan Alaïlou par André Champailler (ci-dessous). Site de l’AAMAM.

Voir aussi les actions menées dans le cadre du partenariat AAMAM-Fauriel et l’extrait du Bulletin de l’AAMAM (n°3, janvier 2014, p. 3) relatif à la remise du prix.

Prix de l’Association Khâgne 42 (qui regroupe étudiants et professeurs de Lettres supérieures du lycée Claude-Fauriel), remis à Héloïse Faure, par Manon Radosta, présidente de l’AK42. En photo, ci-dessous. Site de l’AK42.

Prix des Clionautes (association rassemblant des enseignants d’histoire et de géographie), remis en leur nom à Estelle Barou par Franck Thénard-Duvivier. Site des Clionauteset de Clio-Prépas.

Prix des Éditions ADAPT (co-éditeur de la publication finale des Débats citoyens en Rhône-Alpes), remis en leur nom à Héloïse Chysclain, par Franck Thénard-Duvivier. En photo, ci-dessous. Site des Éditions ADAPT.

Prix du Lycée Claude-Fauriel (Saint-Étienne, Loire), décerné à Elise Négrini, Johana Curtet et Rebecca Gautier, élèves du lycée Xavier-Mallet. Le prix leur sera envoyé.

Prix du Lycée Xavier-Mallet (Le Teil, Ardèche), décerné aux élèves du lycée Claude-Fauriel.

Prix du Mémorial de la Shoah (Paris), remis à Gabrielle Giraudier par Olivier Lalieu, historien, responsable des projets « Lieux de mémoire » au Mémorial de la Shoah. En photo, ci-dessous.

Prix de la Ville de Saint-Étienne (partenaire des Débats citoyens en Rhône-Alpes), remis à Sihem Bensala par François Mehl, conseiller municipal représentant Françoise Gourbeyre, adjointe au maire, en charge de la culture. En photo ci-dessous.

LES DÉBATS CITOYENS EN RHÔNE-ALPES 2013-2014

- Chaque lycée organise une table ronde publique portant sur un enjeu de citoyenneté. (entrée gratuite dans la limite des places disponibles, sur inscription à certaines dates).
- Près d’une soixantaine d’intervenants sont prévus : chercheurs, acteurs du monde associatif et professionnel, élus.
- Les 13 lycées participants sont issus des 8 départements rhônalpins et représentent l’enseignement général, technologique, professionnel,
agricole et privé.
- Plus de 1400 lycéens participent à ces tables rondes dans leurs établissements et plus de 300 d’entre eux se déplacent aussi dans un autre lycée pour une autre table ronde et pour construire un travail commun autour d’une thématique citoyenne.
- Plus d’une cinquantaine d’enseignants sont mobilisés. Ils se sont rencontrés au cours d’une journée inter-académique de formation, échangent sur un blog et mutualisent leurs travaux.
- Une publication finale est prévue pour conserver la trace des débats, pour valoriser les travaux des lycéens et pour permettre à certains une première expérience éditoriale.

Page de présentation des Débats citoyens en Rhône-Alpes.

Programme ci-dessous et en téléchargement.

Coordination/contact : Franck Thénard-Duvivier, lycée Claude-Fauriel.

Téléchargements Fichier à télécharger :
  • Programme des Débats citoyens en Rhône-Alpes
  • 620.1 ko / PDF


puce Plan du site puce Contact puce Mentions légales puce Espace rédacteurs puce

RSS Valid XHTML 1.0 Strict

2008-2016 © Lycée Claude FAURIEL - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.78.66