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Une journaliste d’Azerbaïdjan en visite au lycée

Publié le mercredi 27 mars 2013 par Luc Channelliere
Modifié le 30 mars 2016


Renvoyé spécial

 

Opération "renvoyé spécial" au lycée Carnot

Ulker Suleymanova, Azerbaïdjanaise, est venue parler de son pays

La Maison des journalistes à Paris (MDJ) et le CLEMI, organisent dans les lycées volontaires, grâce au soutien financier de Presstalis, des rencontres avec des journalistes exilés. Le mardi 19 mars à Roanne a eu lieu l'une de ces rencontres, dans le but de sensibiliser des élèves du Lycée Carnot à la liberté d'expression et au pluralisme dans les médias.

Mme Ulker Suleymanova , journaliste et enseignante, réfugiée politique azerbaïdjanaise, a échangé avec des élèves de Première SVT. Mme Suleymanova s'est présentée, a expliqué son parcours professionnel, parlé de son pays et de ses difficultés intérieures et extérieures et a répondu volontiers aux questions des élèves, dont voici quelques extraits.

Quelle est la principale raison qui vous a amenée à fuir votre pays ?

Si on peut voir, entendre et réfléchir, on représente un  danger pour le régime au pouvoir. J'ai dû quitter mon pays en raison de mes activités avec plusieurs partis de la  jeunesse et à cause de mes activités dans les médias. Je travaillais  dans un lycée classé dans les cinq premiers lycées du pays où mes paroles concernant l'économie sociale en Azerbaïdjan ont été mal perçues, car j'avais pour élèves des enfants des dirigeants.

U. Suleymanova durant son exposé

Pourquoi avez vous choisi la France pour votre exil ? Qu'est-ce qui vous y attirait ?

La France m'a toujours fait rêver. Grâce à mes parents, tous deux ingénieurs et ouverts sur la culture occidentale, j'ai pu étudier très tôt des œuvres de grands écrivains français. Grâce la lecture je voyageais déjà. Au fil de ces lectures, je devins amoureuse de La France… Mais quand j'y suis arrivée il y a trois ans, je ne disais que "bonjour" et "merci" ! Vous imaginez les progrès rapides que j'ai dû faire pour vous parler ainsi aujourd'hui !

Quels sont vos objectifs professionnels en France ?

Aujourd'hui, je ne peux pas travailler comme journaliste en France. Je ne maîtrise pas suffisamment la langue. J'apprends le Français et en parallèle j'écris un livre sur ce que j'ai vécu et sur ce qui se passe dans mon pays. Je ne peux pas rester silencieuse sur les conditions de vie et de travail en Azerbaïdjan.

Des élèves attentifs au propos de la journaliste

Espérez-vous retourner dans votre pays, où résident encore des proches ?

Non, je ne pense pas pouvoir rentrer en Azerbaïdjan tant que la mentalité des gens ne change pas. Mon livre apportera un éclairage sur l'emprise du pouvoir et des traditions sur la population de mon pays. J'espère qu'il fera réagir et ainsi, faire évoluer des choses.

Pourquoi avez-vous souhaité nous rencontrer ?

Vous êtes mon carburant ! Lorsque je rencontre des jeunes comme vous, je repars remplie d'énergie positive. Vous avez un œil critique parce que vous vivez dans un pays démocratique. Mais vous n'imaginez pas ce qui se passe dans certains pays. Pour moi, c'est important si mes propos vous font réagir.

Une classe à l'écoute
 

Lors de cet entretien, bien préparé au préalable avec M. Hubert Nouvel, leur professeur d'histoire-géographie, on a effectivement senti les lycéens très attentifs au propos de Mme Suleymanova .

Après la séance avec les 1res SVT et M. Nouvel, Mme Brivet (CPE) et Mlle Patruno, (professeur-documentaliste), organisatrices de l'opération, ont animé une deuxième rencontre avec des élèves volontaires de Terminale SVT au CDI du lycée. M. Gallant, professeur d'histoire-géographie, et Mme Hustache, CPE, ont participé à ces échanges particulièrement chaleureux et intenses parce qu'ils ont la force du témoignage vécu.

Les volontaires présents au CDI


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