Jean le Rond d'ALEMBERT
1717-1783

Enfant naturel d'un commissaire d'artillerie, le chevalier Destouches, né le 16 novembre 1717, abandonné par sa mère, la marquise de Tencin, sur les marches de la chapelle parisienne de Saint Jean Le Rond d'Alembert, d'où son nom, le futur grand philosophe, mathématicien et physicien est recueilli par la femme d'un vitrier, Mme Rousseau, qui recevra secrètement une pension pour subvenir à l'éducation du jeune garçon qui étudiera brillamment le droit, la médecine et les mathématiques.

Suite à la publication de divers mémoires (sur le calcul intégral , sur la réfraction des corps solides), d'Alembert entre à l'Académie des sciences (1741). On lui doit le célèbre principe de la quantité de mouvement, dit principe de d'Alembert dans son Traité de dynamique (1743). En astronomie, il est l'auteur (1749) d'un traité sur la précession des équinoxes qu'il explique au moyen de la théorie de la gravitation universelle de Newton et d'une solution partielle au problème des trois corps. D'Alembert établit aussi une théorie mathématique des cordes vibrantes en étudiant la nature composite du son (harmoniques). Son oeuvre représente une étape décisive avec celles de Lagrange et de Laplace.

Cofondateur, en 1751, avec Diderot, de l'Encyclopédie, appelé aussi "Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers", synthèse des connaissances philosophiques, littéraires et scientifiques de ce siècle fertile, appelé "siècle des lumières". Il fut un des protagonistes les plus éminents de la lutte des Lumières contre l'absolutisme religieux et politique. La rédaction de cette oeuvre monumentale s'achèvera en 1772. On y trouve, pour les mathématiques, l'introduction officielle de termes nouveaux qui étaient en gestation dans les travaux des mathématiciens de l'époque : le grand théorème de l'algèbre, dit théorème d'Alembert, toute équation polynomiale a au moins une solution, et sa  conséquence immédiate et toute équation polynomiale de degré n a n solutions (réelles ou imaginaires). Membre de l'Académie française (1754), il en devint le secrétaire perpétuel (1772). Il y donna de nombreux éloges historiques, qui constituent une véritable histoire de l'Académie française de 1679 à 1687. Traducteur de Tacite, il donna aussi d'autres contributions littéraires de moindre importance.

Il mourut le 29 octobre 1783, au faîte de sa gloire, d'une maladie de la vessie.

Source : Encyclopédie Universalis