Jean Zay (1904-1944) est un homme politique français, qui fut député radical-socialiste de 1932 à 1940. Il fut ministre de l'éducation nationale de 1936 à 1939. Il contribua à l'adoption des principales réformes scolaires pour le gouvernement de Front Populaire. Partisan de la Résistance dès la signature de l'armistice, il s'embarqua sur le Massilia, fut arrêté au Maroc sur les ordres du gouvernement de Vichy et fut interné. En 1944, il fut enlevé de la prison de Riom et assassiné par des miliciens.

 

Son oeuvre dans le domaine de l'éducation est unanimement reconnue : organisation du premier et second degré, rénovation du certificat d'études, harmonisation des programmes primaires, secondaires et techniques, prolongation jusqu'à 14 ans de l'obligation scolaire, dédoublement des classes au-delà de 35 élèves, mise en place de moyens pédagogiques nouveaux : cinéma, radio...

 

Ces réformes suscitèrent de nombreuses oppositions : la droite à l'époque dénonçant un "danger autoritaire", et entendant "protéger les droits du père de famille et les disciplines gréco-latines contre l'école totalitaire et athée", la gauche craignant une absorption du primaire supérieur par le secondaire, comme le craignait le Syndicat National des Instituteurs.

 

Jean Zay procéda habilement par l'expérimentation et par la voie réglementaire. Il fut l'artisan de l'une des plus profondes mutations du système éducatif français.