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Témoignages d'anciens élèves

 

blebul1d.gif (1048 octets)Septième  témoignage
D'Adrien Boucher, étudiant de
l'École Centrale de Lyon, en stage à Moscou (mars 2005)

Bonjour !

Vous vous rappelez sûrement de Loïc Salles et moi, qui sommes en ce moment en double-diplôme à l'Université Technique d'État de Moscou (Bauman). Cela fait environ 10 mois que nous sommes arrivés, et je m'excuse donc du temps que j'ai mis à écrire. Voici donc les grandes lignes et quelques impressions...

* L'arrivée

Nous sommes arrivés début juin 2004, avec une dizaine de Centraliens de Lyon et autant de l'E.C.P. Au programme, vie en obchejitie (malheureusement, séparés des Russes, pour des "raisons de sécurité"), découverte de Moscou et des environs. Et bien sur, 12h de cours de russe par semaine, ainsi qu'un projet scientifique (qui a été un bon moyen pour Loïc et moi de faire connaissance avec, d'une part, nos professeurs, d'autre part, avec le vocabulaire technique). Les cours avaient lieu par groupes de niveau de 5-6 élèves. On a repris au départ les "fondamentaux", et le résultat paie maintenant (on me dit que je fais peu de fautes de grammaire quand je parle...certes, mais ça aura été long!). A l'arrivée, on pouvait suivre en ce qui concerne la grammaire et le vocabulaire simple des exercices. Par contre, ils nous a fallu un peu de temps pour réussir à tout comprendre dans les magasins ou à la cantine.

...L'Université se basant sur l'expérience de l'année précédente (un élève de l'E.C Paris termine en ce moment sa 2eme année ici) avait en effet décidé de nous faire suivre des cours plus intensifs en août (25h/semaine, à trois avec une professeur !). Et cela a été je pense, déterminant. Nous avons à ce moment là laissé un peu la grammaire de côté pour lire des textes et les commenter oralement. Au final, je suis arrivé le 1er septembre en cours, et j'ai eu l'agréable surprise de pouvoir dialoguer sans trop de problèmes avec mes camarades russes, et decomprendre à peu près le sujet des cours.


* Les cours

Je suis dans la chaire "Physique de la chaleur" de la faculté de "Construction de machines énergétiques", en 5ème année. Dès le premier jour, mes camarades m'ont accueilli très amicalement et avec intérêt. De plus, comme je suivait l'intégralité des cours avec eux, cela m'a permis de faire plus vite connaissance. Le premier mois a été un peu délicat, mais au bout d'un certain temps, ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent, et cela s'arrange. C'est d'autant plus facile lorsqu'on peut s'aider d'un livre. Ensuite, au cours du semestre, le plus dur a été de prendre des notes à la même vitesse que les autres étudiants, ce qui parfois n'est pas évident (quand on hésite sur l'orthographe d'un mot, quand le professeur parle trop vite ou qu'il y a du bruit).

Dans l'ensemble cependant, je trouve que suivre les cours et plus facile que d'avoir des conversations en dehors : en effet, le vocabulaire est certes spécifique, mais restreint. Et d'autre part, le sujet (physique, maths...) nous est connu. On "retombe donc sur ses pattes" en reconnaissant tel ou tel graphique, telle ou telle équation (les sciences ont le bon goût d'être assez universelles). Au bout de 10 mois, j'ai l'impression d'arriver à suivre sans trop de problèmes les cours ou la télévision. Quand mes camarades parlent entre eux un peu vite, les choses se corsent, et je pense que ma prononciation mérite encore du travail. Surtout, le fait de vivre entre Français (même si ça a d'autres avantages) retarde à mon avis l'acquisition de réflexes et d'une partie du vocabulaire (notamment, les tournures idiomatiques, les proverbes, etc...), et constitue un obstacle à la pratique active orale du russe parlé (que l'on s'efforce en étant le plus souvent possible avec des Russes, et lorsque ça arrive, à parler le plus possible!).

J'ai passé les examens et les "zatchiot" en même temps que les Russes, à priori sans traitement de faveur. Les résultats ont étés bons, et j'espère continuer comme cela lors des 2 autres semestres. Le volume horaire est comparable à la France (15h/semaine de cours scientifiques, 8h/semaine de russe). L'organisation et le principe de l'enseignement m'ont surpris tant ils présentent de similitudes avec la France sur certains points : dans cette université, ils ont également décidé de donner un caractère généraliste à la formation (mathématiques, physique théorique, sciences humaines et russe lors des premières années, puis arrivée des sciences de gestion et des spécialités lors de la deuxième moitié du cursus de 6 ans). Des travaux pratiques et des stages sont aussi régulièrement prévus. De loin, ça pourrait donc ressembler à une formation "prépa PT + École Centrale + 1 an de spécialité en DEA" par exemple.


* La vie en dehors

Outre les cours, l'université met à la disposition de ses étudiants un bon complexe sportif. Je fais donc régulièrement de la natation (quoique l'obtention du certificat médical nécessaire pourrait fournir moult anecdotes...). L'hiver a été l'occasion de patiner au Parc Gorki, et pour Loïc, de faire du ski. Les relations avec les étudiant(e)s de mon groupe sont très bonnes, et nous fêtons régulièrement ensemble les divers anniversaires et fêtes (Nouvel An, 23/02, 8/03...), soit chez des gens, soit dehors (chachliks cet été par exemple).
Nous sommes allé à Mourmansk, et récemment, à Yaroslav, Kostroma, et Rostov Veliki. Cela a été l'occasion de vérifier qu'effectivement, les choses ne sont pas exactement pareilles suivant que l'on soit dans la capitale (ou à St-Petersbourg) ou en province... Actuellement, une caissière dans le métro gagne 7000 roubles, sachant que le kilo de viande en coûte 100 à 300 (et nous ne parlerons pas des loyers). Les retraités ont plus de mal encore, et il n'est pas rare de les voir soit mendier, soit travailler à des ages qui inspire le respect.
Les Russes que j'ai rencontrés ont un avis plus ou moins pessimiste sur l'avenir de leur pays. Tous sont d'accord que les choses vont mieux qu'il y a quelques années (1990-2000), mais que la situation politique et économique pourrait être meilleure. Les jeunes étudiant(e)s autour de moi ont cependant l'air motivé et travailleurs. S'ils avouent avoir songé quitter leur pays étant plus jeunes, ils pensent maintenant s'atteler à le relever (notamment en remettant l'industrie sur les rails).
J'espère qu'ils pourront profiter à plein des échanges culturels avec l'Occident : cela permettrait sûrement d'éliminer certains vieux réflexes hérités des anciens régimes (entre autres : manque d'initiative, société sous surveillance, réglementations/procédures lourdes et désuètes). Ceci dit, je suis malgré tout optimiste , même si je ne pense pas encore avoir compris ce pays (pourquoi, par exemple, d'un côté ils sont capables d'assurer un métro toutes les minutes aux heures de pointe, et de l'autre le salaire moyen est de 200 dollars ?).

Je vous souhaites une très bonne fin d'année universitaire, j'espère que vos étudiants vous donnent satisfaction. Je tiens à vous remercier pour vos cours en première et deuxième année, qui m'ont fait aimé cette langue et donné envie de découvrir le pays.
Amicalement,
Adrien Boucher (promo 2005)

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