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 Le Napoléon

La première fois que j'ai entendu ce nom pour désigner un gâteau c'était à Odessa où j'habitais non loin du célèbre, à l'époque, restaurant "Morié" (La mer).
Intrigué, le samedi et le dimanche, par de véritables processions de gens qui portaient des dizaines de cartons à gâteau, je remontais ces files et arrivais à ce restaurant qui faisait également pâtisserie. Et là je lisais un écriteau qui me faisait douter de ma connaissance de la langue : "Le dimanche nous ne pouvons pas donner plus de 50 napoléons par personnes".
Profitant d'une moindre affluence j'achetais modestement 4 napoléons et à la maison ce fut un véritable régal. C'était des millefeuilles individuels délicieux et je compris alors la passion des Odessites pour cette "délicatesse".

Mais pourquoi Napoléon ?
Voici ce qu'on en écrit dans les milieux bien informés :
En 1912 en Russie on a largement commémoré le centenaire de la guerre "Patriotique" de 1812. On a élevé des statues, à Moscou, dans le quartier des Tchistyé Proudy a été inauguré le panorama de Roubeau "La bataille de Borodino". Notons qu'à cette cérémonie étaient présents 27 participants ou témoins de cette bataille - ils avaient de 118 à 131 ans !
A l'occasion de cette fête on a créé différents objets, des boissons et des mets, on a fait beaucoup de publicité. Mais le plus étrange est que le principal personnage de ces manifestations n'a pas été un quelconque héros russe mais bien l'empereur français vaincu ! 
Jusqu'à ce jour s'est conservée l'invention des pâtissiers russes : le millefeuille "Napoléon". Il est vrai qu'à l'origine il avait la forme triangulaire du tricorne de l'empereur popularisé, entre autre, par les vers de Lermontov :
"Il portait un chapeau tricorne
Et une redingote de campagne grise..."  

Mais, comme on peut le penser, la forme n'est pas l'essentiel pour un gâteau. Dommage que ne soit pas venue jusqu'à nous une pâtisserie "Joséphine" dont le charme n'eût pas été moindre que celui de l'austère empereur.

LA RECETTE

Ingrédients 

Pour la pâte :

1 kg de farine tamisée

500 g de beurre

 1 cuillère à café de sel

 25 centilitres d'eau froide

 

Pour la crème :

  125 g de farine
   3/4 de verre de sucre
 
1 cuillère à café de fécule
 
6 jaunes d'œuf
 
3 verres de lait
 1 cuillère à café de sucre vanille
 
1 verre de blanc d'œuf battu

 

Préparation de la pâte

Mélangez la farine au sel et ajoutez-y 2 cuillères à café de beurre amolli. Pétrissez la pâte en y ajoutant progressivement l'eau froide jusqu'à obtenir une boule. Pétrissez encore pendant 5 minutes.

Sur une surface farinée étalez la pâte au rouleau en forme de carré d'une épaisseur de 1,5 cm.

Mettez au centre le beurre. Celui-ci doit être froid et avoir la forme d'un carré de 1,5 cm d'épaisseur.

Repliez les bords vers le milieu afin qu'ils couvrent le beurre.

Mettez cette pâte au réfrigérateur pendant 20 minutes.

Roulez cette pâte en éloignant le rouleau vers l'avant en s'efforçant de ne pas faire sortir le beurre de la pâte. Pliez-la en trois.

Faites pivoter le carré et roulez encore de la même façon. Pliez-la encore en trois et remettez-la encore 20 minutes au réfrigérateur.

Répétez encore une fois cette opération.

Partagez la pâte obtenue en trois parties et étalez-les sur une épaisseur de 0,5-0,7 cm.

Coupez des carrés de 7,5- 8 cm de côté.

Mettez-les au four très chaud (230-250°) pendant 10 minutes. Puis diminuez la température à 190-200° pour les faire dorer.

Quand ils seront refroidis vous pourrez les couvrir de  la crème ou d'œufs battus ou encore de confiture (fraise ou framboise). Empilez-les sur trois couches.