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Bien que la Noël orthodoxe ne soit qu'en janvier,
nous prenons les devants du fait de la durée des vacances scolaires

 

TOUT SUR NOËL EN RUSSIE


Noël- Souzdal - XVIe

  

La veille de Noël porte le nom de «Sotchelnik » ou encore «Sotchevnik ». Ce nom provient d’un mets rituel que l’on mangeait ce jour là : la «sotchiva » ou «poliva». C’était une kacha (bouillie) de blé ou d’orge, de seigle, de pois ou de lentilles mélangée à du miel avec des amandes et du jus de pavot. En fait c’est une «koutia» plat rituel de funérailles ou de commémoration du défunt.

 Le nombre de plats lui aussi était rituel - 12 - comme les apôtres. La table se devait d’être abondante : blini, poissons, pieds de porc et de veau en gelée, cochon de lait farci de kacha, tête de porc au raifort, saucisson maison, rôti, pains d’épice au miel et, bien sûr l’oie rôtie.

Il était interdit de manger avant l’apparition de la première étoile en hommage à celle de Bethléem qui avait annoncé la Nativité aux rois mages.
Quand l’obscurité était tombée, à la première étoile, on se mettait à table et partageait des petites galettes de pain azyme en échangeant des souhaits de bonheur et de joie.

 Le sapin de Noël

Sur un oukase de Pierre le Grand on se mit à célébrer Noël en Russie le premier janvier 1700. Avant cette date il était fêté le premier septembre. Cette fête avec ce sapin (bien que sous Pierre le Grand on n’utilisât que des branches) décoré et des masques plut tout de suite au peuple russe. Avant les Russes décoraient toutes sortes d’arbres. Il y avait des cerisiers spécialement cultivés dans des caisses. Les gens croyaient que tous les arbres étaient porteurs de forces bénéfiques et qu’y vivaient de bons esprits. En accrochant aux branches des présents et des friandises on essayait de s’attirer les bonnes grâces des esprits. Bien sûr, le sapin éternellement vert, occupait une place particulière parmi les arbres. Il était le centre sacré, «l’arbre universel » qui symbolisait la vie, la sortie des ténèbres et la résurrection. On accrochait aux arbres différents fruits : des pommes symbole de la fertilité, des noix symbole de l’impénétrabilité des voies du Seigneur, des œufs symbole de la vie en gestation, de l’harmonie et de l’abondance.

L’habitude de décorer les habitations avec des branches de sapin commença avec Pierre le Grand. Dans les années 30 du XIXème siècle seuls les Allemands de Peterbourg employaient des sapins décorés. Et ce n’est qu’en 1852 que la pratique se généralisa. A la fin de ce siècle même les maisons des villages se mirent à l’imiter. En 1918, du fait de l’assimilation de cette pratique avec la fête religieuse de Noël les sapins furent interdits par le nouveau régime pendant 17 ans (jusqu’en 1935). En 1949 le premier janvier devint jour férié et ce jour pendant longtemps supplanta l’ancien Noël.

 Croyances et superstitions

De nombreux dictons et prédictions sont depuis des temps immémoriaux liés
à l’hiver, Noël et le nouvel an ;

Pour le repas de Noël il ne faut pas boire d’eau. Si vous n’en buvez pas vous n’en serez pas privé quand vous en aurez besoin et qu’il n’y en a pas ; en voyage ou au travail.

Hiver neigeux - été pluvieux.
Ciel étoilé pour le nouvel an - la moisson sera abondante.
Hiver glacé - été torride.
Tempêtes de neige en hiver - été pourri.
Si en janvier le son porte loin, l’hiver se renforce.
Les nuages vont contre le vent - la neige approche.
Si le soleil brille à la saint Spiridon - le ciel est clair et lumineux - le nouvel an sera froid et ensoleillé. Si ce jour est maussade et que les arbres sont givrés - le nouvel an sera doux, mais gris.

On pourrait en citer bien d’autres encore…

 Prédictions et divinations

L’espace de temps entre la Noël le baptême de Christ s’appelle «sviatki». Traditionnellement les jeunes filles lisaient l’avenir la veille de ce jour. Elles cherchaient, bien sûr à tout savoir sur leur promis et sur la réalisation de leurs souhaits. Le plus favorable était la nuit dans la «bania » ou dans tout autre coin bien sombre. Les jeunes filles s’enfermaient, plaçaient un miroir, une bougie et attendaient… des signes.

Quelques divinations

Les cartes

Elles mettaient avant de s’endormir un roi de carreau ou autre sous l’oreiller.
Elles pensaient à tous les fiancés possibles.
Celui dont elles rêvaient dans la nuit serait l’élu.

Les oignons :

Elles prenaient quelques oignons et les marquaient.
Ensuite elles les mettaient en terre.
Celle dont l’oignon poussait le premier se marierait la première.

L’anneau, le pain et le crochet

La jeune fille posait sur le sol l’anneau, un crochet fait de paille et un morceau de pain.
Après les avoir couverts d’un mouchoir elle tirait un objet.  L’anneau signifiait que le fiancé serait un dandy, le pain qu’il serait riche et le crochet - misérable.

La chaussure

La veille de Noël la jeune fille doit jeter du perron de sa maison une chaussure dans le jardin. Si la pointe de la chaussure est dirigée vers la barrière, la fille quittera bientôt la maison paternelle. Si c’est le talon, elle restera vieille fille.

Les souhaits

On remplissait une cuvette d’eau. Sur les bords on fixait des petits papiers sur lesquels étaient écrits les vœux. Une petite chandelle était fixée sur une demi-coquille de noix qui flottait sur l’eau.
Le papier qui se mettait à brûler voyait le vœu inscrit réalisé.

 

Et maintenant une recette de fête peu compliquée à préparer
mais délicieuse de Michel Guérard