Série ES
1/ Qu'est-ce que comprendre autrui ?
2/ Toute vérité est-elle démontrable ?
3/ Expliquer le texte suivant.
" Il y a une vérité dont !a connaissance me semble fort utile : qui est
que, bien que chacun de nous soit une personne séparée des autres, et dont, par
conséquent, les intérêts sont en quelque façon distincts de ceux du reste du
monde, on doit toutefois penser qu'on ne saurait subsister seul, et qu'on est,
en effet, l'une des parties de l'univers, et plus particulièrement encore l'une
des parties de cette terre, l'une des parties de cet État, de cette société, de
cette famille, à laquelle on est joint par sa demeure, par son serment, par sa
naissance. Et il faut toujours préférer les intérêts du tout, dont on est
partie, à ceux de sa personne en particulier ; toutefois avec mesure et
discrétion (1), car on aurait tort de s'exposer à un grand mal, pour procurer
seulement un petit bien à ses parents ou à son pays ; et si un homme vaut plus;
lui seul, que tout le reste de sa ville, il n'aurait pas raison de se vouloir
perdre pour la sauver. Mais si on rapportait tout à soi-même, on ne craindrait
pas de nuire beaucoup aux autres hommes, lorsqu'on croirait en retirer quelque
petite commodité, et on n'aurait aucune vraie amitié, ni aucune fidélité, ni
généralement aucune vertu ; au lieu qu'en se considérant comme une partie du
public, on prend plaisir à faire du bien à tout le monde, et même on ne craint
pas d'exposer sa vie pour !e service d'autrui, lorsque l'occasion s'en présente
; voire on voudrait perdre son âme, s'il se pouvait, pour sauver les autres."
DESCARTES, Lettre à
Elisabeth
1 ici : discernement
La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas
requise. II faut et il suffit que l'explication rende compte, par la
compréhension précise du texte, du problème dont il est question
1/ Doit-on tout attendre de l'État ?
2/ La notion d'inconscient psychique est-elle contradictoire ?
3/ Expliquer le texte suivant.
"L’origine de toutes les erreurs est, en un certain sens, la même que
celle des erreurs de calcul, qui arrivent aux arithméticiens. En effet, il
arrive souvent qu’à défaut d’attention ou de mémoire, nous faisons ce qu’il ne
faut pas faire ou que nous omettons ce qu’il faut faire, ou bien que nous
croyons avoir fait ce que nous n’avons pas fait, ou que nous avons fait ce que
nous croyons n’avoir pas fait. Ainsi, il arrive que, dans le calcul (auquel
correspond le raisonnement dans l’esprit), on oublie de poser certains signes
nécessaires, ou qu’on en mette qu’il ne faut pas ; qu’on néglige un des
éléments du calcul en les rassemblant, ou qu’on opère contre la règle. Lorsque
notre esprit est fatigué ou distrait, il ne fait pas suffisamment attention aux
opérations qu’il est en train de faire, ou bien, par une erreur de mémoire, il
accepte comme déjà prouvé ce qui s’est seulement profondément enraciné en nous
par l’effet de répétitions fréquentes, ou d’un examen prolongé, ou d’un désir
ardent. Le remède à nos erreurs est également le même que le remède aux erreurs
de calcul : faire attention à la matière et à la forme , avancer lentement,
répéter et varier l’opération, recourir à des vérifications et à des preuves,
découper les raisonnements étendus, pour permettre à l’esprit de reprendre
haleine, et vérifier chaque partie par des preuves particulières. Et puisque
dans l’action on est quelquefois pressé, il est important de s’habituer à
garder le sang-froid et la présence d’esprit, à l’exemple de ceux qui, même au
milieu du bruit et sans calculer par écrit, savent exécuter des opérations sur
des nombres très élevés. Ainsi l’esprit s’habitue à ne pas se laisser
facilement distraire par les sensations externes ou par ses imaginations et ses
affections propres, mais à rester maître de ce qu’il est en train de faire, à
conserver sa faculté critique ou, comme on dit communément, son pouvoir de
faire retour sur lui-même, de manière à pouvoir, tel un moniteur étranger, se
dire sans cesse à lui-même : vois ce que tu fais, pourquoi le fais-tu
actuellement ?"
LEIBNIZ, Remarques sur Descartes
La connaissance de la doctrine de
l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende
compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est
question.
1/ Les hommes ont-ils besoin d'être gouvernés ?
2/ Faut-il chercher à tout démontrer ?
3/ Expliquer le texte suivant.
"Le fait que l'ami est autre que le
flatteur semble montrer, clairement que plaisir n'est pas un bien, ou qu'il y a
des plaisirs spécifiquement différents. L'ami, en effet, paraît rechercher
notre compagnie pour notre bien, et le flatteur pour notre plaisir, et à ce
dernier on adresse des reproches et à l'autre des éloges, en raison des fins
différentes pour lesquelles ils nous fréquentent. En outre, nul homme ne
choisirait de vivre en conservant durant toute son existence l'intelligence
d'un petit enfant, même s'il continuait à jouir le plus possible des plaisirs
de l’enfance, nul ne choisirait non plus de ressentir du plaisir en
accomplissant un acte particulièrement déshonorant, même s’il ne devait jamais
en résulter pour lui de conséquence pénible. Et il y a aussi bien des avantages
que nous mettrions tout notre empressement a obtenir, même s'ils ne nous
apportaient aucun plaisir, comme voir, se souvenir, savoir, posséder les
vertus, fait des plaisirs accompagnent nécessairement ces avantages ne fait
pour nous aucune différence, puisque nous les choisirions quand bien même ils
ne seraient pour nous la source d'aucun plaisir. Qu'ainsi donc le plaisir ne
soit pas le bien, ni que tout plaisir soit désirable, c'est la une chose,
semble-t-il, bien évidente."
ARISTOTE, Ethique à Nicomaque
Séries STT, STI, STL, SMS (sauf STI arts
appliqués)
1/ L'artiste ne cherche-t-il qu'à divertir ?
2/ Peut-on être esclave d'un objet technique ?
3/ Les enfants ne sont doués d'aucune raison avant d'avoir acquis l'usage de la
parole; mais on les appelle des créatures raisonnables à cause de la
possibilité qui apparaît chez eux d'avoir l'usage de la raison dans l'avenir.
Et la plupart des hommes, encore qu'ils aient assez d'usage du raisonnement
pour faire quelques pas dans ce domaine (pour ce qui est, par exemple, de
manier les nombres jusqu'à un certain point), n'en font guère d'usage dans la
vie courante: dans celle-ci, en effet, ils se gouvernent, les uns mieux, les
autres plus mal, selon la différence de leurs expériences, la promptitude de
leur mémoire, et la façon dont ils sont inclinés vers des buts différents; mais
surtout selon leur bonne ou mauvaise fortune, et les uns d'après les erreurs
des autres. Car pour ce qui est de la science, et de règles de conduite
certaines, ils en sont éloignés au point de ne pas savoir ce que c'est.
Thomas HOBBES
.Questions
1) Dégagez la thèse du texte et la progression du raisonnement.
2) Expliquez : a) « on les appelle des créatures raisonnables à cause de la
possibilité qui apparaît chez eux d'avoir l'usage de la raison dans l'avenir »;
3) Quels peuvent être les usages de la raison dans la vie courante ?
1/ La discussion est-elle source de vérité ?
2/ Que respecte-t-on en obéissant au droit : la force ou la justice ?