Site philosophique de l'Académie de Lyon
La Grèce classique
Du Vème siècle à la mort d'Alexandre (- 323)
ÉCOLES SOCRATIQUES
Socrate
(autres images)
SOCRATE (~470 - ~399). On le considère comme le fondateur de la philosophie en se fondant sur le témoignage de Platon, comme un brave moraliste en se fiant à Xénophon, comme le père de la décadence et de l'irreligion en s'inspirant d'Aristophane : le personnage historique de Socrate est difficile à cerner. Mais pourquoi les athéniens aurait-il mis à mort le subtil et héroïque Socrate de Platon ? Comment le fallot Socrate de Xénophon aurait-il pu fasciner la jeunesse cultivée d'Athènes ? Comment comprendre l'estime dont jouissait l'insociable philosophe des Nuées ? Le Socrate réel est, sans aucun doute, plus insolent plus proche des cyniques, que Platon ne le laisse entendre, plus érudit et plus subtil, plus proche d'Anaxagore et d'Empédocle, que le portrait qu'en dressent les Mémorables, plus anti-dogmatique, plus réaliste et plus respectueux des lois de la cité que le sophiste des Nuées.
Originaire d'Athènes, Socrate y passe toute sa vie. Son père Sophronisque est sculpteur et sa mère Phénarète sage-femme, donc prêtresse d'Artémis. Il parcourait sans cesse la cité, fréquentant les gymnases et les banquets, pour dialoguer avec les jeunes et avec ceux qui prétendaient savoir. Ses relations d'amitié avec Phédon, Critias, Charmide, Alcibiade et Arristippe lui seront beaucoup reprochées. Son esprit critique et provocateur fascina et irrita ses compatriotes, il fut accusé d'introduire de nouveaux dieux et de corrompre la jeunesse et fut condamné pour cela à boire la ciguë en 399.
Il n'a jamais rien écrit : il préférait le dialogue pour aider ses interlocuteurs à accoucher des vérités (maïeutique). Il est avant tout un sage, "le plus sage de tous les hommes", car il est celui qui sait qu'il ne sait pas. Ni sophiste, ni politique, il n'a nulle doctrine, nulle législation à proposer ; il conduit simplement son interlocuteur à devenir son propre juge. Sa liberté critique le perdit : la tyrannie de Critias lui avait interdit la parole, la démocratie lui ôta la vie.
Portrait de Socrate par Alcibiade :
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"Mais écoutez-moi encore : vous verrez à quel point il est pareil (aux silènes) et combien est merveilleux le pouvoir qu'il possède. Car sachez bien que nul d'entre vous ne connaît le personnage ; moi cependant je le démasquerai puisqu'aussi bien j'ai déjà commencé. Vous constatez de vos yeux, par exemple, quelles dispositions amoureuses portent Socrate vers les beaux garçons, de quelles assiduités il les entoure, dans quels transports ils le jettent. Autre trait encore : son ignorance est générale et il n'y a rien qu'il sache ; du moins son apparence est telle! Cela n'est-il pas dans le genre silène ? Hé ! on ne peut plus ! En fait, ce sont là dehors dont le gaillard s'enveloppe, à la façon du silène sculpté. Mais le dedans, une fois le silène entr'ouvert, de quelle quantité de sagesse il regorge, vous en faites-vous une idée, Messieurs les banqueteurs ? Sachez-le : ni la beauté d'autrui ne l'intéresse en rien, mais il la méprise au contraire à un point dont on ne peut avoir idée; ni sa richesse ; ni la possession de tel ou tel autre de ces avantages qui sont aux yeux de la foule une enviable félicité ; mais il estime que tous ces biens n'ont aucune valeur, et que nous ne comptons nous-mêmes pour rien : tenez-vous pour avertis! D'autre part, avec les gens, il passe toute sa vie à faire le naïf et l'enfant. Mais, quand il se met à être sérieux et que le silène s'est entr'ouvert, y a-t-il quelqu'un qui alors ait vu les figurines qu'enferme l'intérieur ? Je ne sais. Mais à moi il m'est arrivé déjà de les voir, et je les ai trouvées tellement divines, d'une substance si précieuse, d'une beauté si complète, si extraordinaires enfin, qu'il n'y avait qu'à m'exécuter sur l'heure en tout ce que Socrate me commanderait !" Platon, Le Banquet, 216 c ; trad. de L. Robin, Paris, @ éd. Les Belles Lettres, 5' éd., 1951. |
Aristophane, Les Nuées
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Xénophon, Apologie de Socrate
LES CYNIQUES (de cynismus = chien)
Antisthène,
Musée du Vatican, Rome
ANTISTHÈNE (vers 445- 365) D'un père athéniens et d'une mère Thrace, Antisthène est considéré comme le fondateur de l'école des cyniques qui doit son nom au fait qu'Antisthène enseignait dans le Cynosarge (le mausolée du chien). Elève de Gorgias et de Socrate il pose que "la vertu peut-être enseignée" , qu'elle s'enseigne par le fait et qu'elle mène au bonheur. Son enseignement porte donc plus sur la morale que sur la connaissance intellectuelle. Il refuse tout pouvoir salvateur à la rhétorique (contre Gorgias), à la dialectique (contre Socrate) et aux sciences (contre Platon).
Diogène,
enluminure de J. Legrand, vers 1490, Musée Condé,
Chantilly. (Détail). Autres
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DIOGÈNE (413-327) dit de Sinope, surnommé par Platon "le Socrate furieux". Originaire de Sinope sur les bords méridionaux de la Mer noire, Diogène est le modèle (plus qu'Antisthène qui fut son maître) des cyniques qui méprisaient les honneurs et les richesses. Diogène prit pour demeure un tonneau vide qu'il trouva au Métroon (temple de la mère des dieux : Cybèle) écrit Diogène Laërce (vu l'époque le tonneau était sans doute une jarre). A la proposition d'Alexandre "Demande moi ce que tu veux, tu l'auras" ; Insolent, Diogène répond "Ote-toi de mon soleil". Alexandre impressionné et sans doute admiratif dit plus tard : "Si je n'étais pas Alexandre, je voudrais être Diogène !". Esclave, provocateur né, mais aussi philosophe et poète, sa pensée morale et politique est importante, sa réflexion sur la réalité des concept en fait un précurseur des stoïciens. Les idées de Platon ne sont pas pour lui des réalités en soi, mais seulement des êtres de raison, c'est-à-dire des abstractions, des concepts voire de simples noms. Suivre la raison est, pour Diogène, la condition même d'une libération des différentes perversions sociales que sont la recherche des honneurs, des richesses et des pouvoirs.
CRATÈS (vers 370- ? ) Originaire d'une riche famille de Thèbes, il vendit son patrimoine et le partagea entre ses concitoyens pour suivre Diogène. "Il disait qu'il fallait tant faire de philosophie, qu'on voit enfin que les généraux ne sont que des meneurs d'ânes" (Diogène Laërce). On le surnommait l'ouvreur-de-Portes, en raison de sa manie d'entrer partout pour admonester les gens. De son union avec Hipparchia il eut un fils : Pasiclès. Il disait que la philosophie lui avait donné : "Une mesure de fèves et l'absence de soucis". Il mourut très vieux et fut enterré en Boétie.
HIPPARCHIA Née à Maronée dans une riche famille, elle abandonna les honneurs et la richesse pour suivre Cratès dans son dénuement. Hipparchia n'hésitait pas, avec son "mari" Cratès, à mettre en scène sa sexualité comme pour un happening destiné aux passants (Sextus Empiricus).
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LES CYRÉNAÏQUES Cette école s'établit au IV° siècle à Cyrène (actuelle Libye) autour d'Aristippe, Anniceris et Hégésias.
Aristippe
ARISTIPPE (vers 435-350) Originaire de Cyrène, il vient à Athènes, attiré par la renommée de Socrate. Puis, il s'écarte de la philosophie de son maître trop ascétique. Il enseigne que la sagesse consiste à jouir de la félicité présente ; premier matérialiste hédoniste, il aimait les femmes, en particulier les filles de joie, la bonne table et les parfums. Il professe aussi que notre certitude se borne aux affections actuellement éprouvées et refuse, en conséquence, l'existence d'idées intelligibles.
L'ACADÉMIE
Platon
(autres images)
PLATON (427-348) Né à Athènes dans l'aristocratie, (il descend du roi Codros par son père et du législateur Solon par sa mère, soeur de Charmide et de Glaucon, cousine de Critias) ; sa famille est mêlée à la vie politique de la Cité. La jeunesse de Platon est imprégnée des crises qui secouent l'Athènes d'alors, où l'impuissance du gouvernement démocratique conduit à la parenthèse de la tyrannie des Trente, puis au rétablissement d'une démocratie affaiblie. En dépit de telles discordes, le jeune athénien reçoit l'éducation soignée qui sied à son rang, il cultive la lutte, les lettres et la poésie (avec Cratyle). En 407 ses oncles le présente à Socrate, il le suit jusqu'à sa condamnation à boire la ciguë en 399. Après la mort de Socrate en -399 (il n'y assiste pas), Platon se retira à Mégare où il apprend l'identité de l'Un au Bien, et la dialectique. Il quitte Mégare pour l'Egypte (la naissance d'Eros dans Le Banquet serait un mythe égyptien), se rend ensuite à Cyrène auprès d'Aristippe, puis en Italie du sud où il découvre le pythagorisme et la tradition éléate. En 388, il se trouve en Sicile auprès du tyran Denys I°, dont le beau-frère Dion est philosophe. Le séjour se termine mal, Platon doit fuir ; au retour, il est fait prisonnier à Egine, et vendu comme esclave ; il est racheté et libéré par un Cyrénaïque (Annicéris). Platon reviendra en Sicile : en 366, conseiller de Denys II°, il sera expulsé et Dion exilé ; en 361, il échoue dans sa défense de Dion. En 387, Platon fonda l'Académie (près du village de Colone), où il y enseignera pendant quarante ans jusqu'à sa mort. L'Académie fonctionnait comme une faculté (sciences, lettres et politique) ; son rayonnement sera considérable et elle poursuivra ses activité jusqu'au VIe siècle de notre ère (fermeture en 526 sur ordre de l'empereur chrétien Justinien). Il meurt en 348, pendant la guerre de Philippe contre les athéniens qui devait aboutir à la décadence politique définitive de la cité grecque.
On dit que Socrate entendant Platon lire son Lysis aurait dit : " Bons dieux, comme ce jeune homme me fait dire des choses qui ne sont pas de moi ! " (Diogène Laërce). Socrate a une double influence sur Platon : positive, Platon fait de Socrate un personnage conceptuel dont il retient les réflexions morales, politiques et éducatives ; négative dans la critique des sophistes.
L'uvre de Platon se construit sur un sol dramatique qui commence par une déroute, la guerre du Péloponèse, contre Sparte, se termine en 404 par l'écrasement d'Athènes et se prolonge avec l'expérience d'un désordre politique et moral : le spectacle scandaleux d'une cité qui accuse et met à mort le plus juste de ses citoyens : Socrate. Platon ne cessera de méditer cette injustice mise en scène dans l'Apologie de Socrate, le Phédon et le Criton. Aux échecs répétés de ses efforts pour construire une cité juste, à la cour de Denys de Syracuse en Sicile, s'oppose les succès de l'Académie. Elle met à l'honneur l'enseignement que pratiquait Socrate lui-même par le dialogue, style cher à Platon jusque dans ses écrits.
Les dialogues platoniciens ne mettent jamais en scène Platon lui-même, mais ils ont pour figures centrales le philosophe, le plus souvent Socrate, entouré de personnages divers : sophistes, rhéteurs, jeunes nobles d'Athènes, hommes politiques, ou poètes. Le philosophe, parmi eux, met à l'épreuve leurs savoirs et en dénonce les prétentions. Car, avant de savoir si l'on sait véritablement quelque chose, il faut savoir qu'on ne sait rien, et pour cela dissiper toutes nos illusions. Ainsi, le philosophe se définit comme celui qui accouche les esprits de la vérité (aléthéia), celui qui pratique ce que le Théétète nomme " la maïeutique ". Le sage accouche de la pensée, il critique les opinions pour révéler que les choses ne sont pas ce qu'elles paraissent, mais ont une réalité supérieure.
La théorie des Idées :
Platon se donne donc pour but la recherche du vrai. Si le monde est mouvement, changement (le mobilisme universel d'Héraclite) ou si "l'homme est la mesure de toute chose" ((Protagoras), alors le vrai, le bien sont impossibles à connaître. Platon établit donc une distinction entre l'intelligible (unique, stable, idéal, intemporel, éternel, absolu et simple) et le sensible. Les Idées forment la vraie réalité et les phénomènes sensibles, empirique, mouvants n'en sont que des images particulières, corrompues. Les Idées établissent deux ordres de réalités qui se dévoilent à deux sortes de connaissances : la science (épistémè) et l'opinion (doxa). Déçue par l'instabilité des choses extérieures et l'incertitude de l'opinion, l'âme (psyché), qui a faim de vérité, se détourne du monde des choses sensibles et découvre celui des Idées (idea, eïdos) comme la patrie perdue dont elle est issue. Toute pensée véritable devient ainsi l'expérience de cette mémoire oubliée, puis redécouverte (réminiscence = souvenir et retour à l'esprit des Idées contemplées autrefois par l'âme, avant son séjour sur cette terre, et durant une vie antérieure), grâce à un processus de connaissance qui cherche à s'élever des choses sensibles aux objets mathématiques, puis des objets mathématiques aux Idées. La dialectique est ce mouvement philosophique par lequel l'âme s'élève, progressivement, par degrés, des apparences sensibles aux Idées : dialectique ascendante comme rassemblement de la multiplicité éparse et mouvante dans l'unité de l'Idée, des principes, c'est-à-dire, aux essences, au Bien. Dans un deuxième temps le sage revient dans la cité, auprès de ses concitoyens pour les aider à sortir de la caverne des apparences et des illusions : dialectique descendante.
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Il faut en effet que l'homme arrive à saisir ce qu'on appelle "forme intelligible", en allant d'une pluralité de sensations vers l'unité qu'on embrasse au terme d'un raisonnement. Or, il s'agit là d'une réminiscence des réalités jadis contemplées par notre âme, quand elle accompagnait le dieu dans son périple, quand elle regardait de haut ce que, à présent, nous appelons " être " et qu'elle levait la tête pour contempler ce qui est réellement. Aussi est-il juste assurément que seule ait des ailes la pensée du philosophe, car les réalités auxquelles elle ne cesse, dans la mesure de ses forces, de s'attacher par le souvenir, ce sont justement celles qui, parce qu'il s'y attache, font qu'un dieu est un dieu. Et, bien sûr, l'homme qui fait un usage correct de ce genre de remémoration, est le seul qui puisse, parce qu'il est toujours initié aux mystères parfaits, devenir vraiment parfait. Mais, comme il s'est détaché de ce à quoi tiennent les hommes et qu'il s'attache à ce qui est divin, la foule le prend à partie en disant qu'il a perdu la tête, alors qu'il est possédé par un dieu, ce dont ne se rend pas compte la foule. Platon, Phèdre, 249b-249d, trad. L. Brisson, Paris, Éd. GF-Flammarion, 1989. |
L'allégorie de la caverne :
"Maintenant, repris-je, représente-toi de la façon que voici l'état de notre nature relativement à l'instruction et à l'ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière ; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu'ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête ; la lumière leur vient d'un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux ; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.
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Je vois cela, dit-il. Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d'hommes et d'animaux, en pierre, en bois, et en toute espèce de matière ; naturellement, parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent. Voilà, s'écria-t-il, un étrange tableau et d'étranges prisonniers. Ils nous ressemblent, répondis-je; et d'abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d'eux mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ? Et comment ? observa-t-il, s'ils sont forcés de rester la tête immobile durant toute leur vie ? Et pour les objets qui défilent n'en est-il pas de même ? Sans contredit. Si donc ils pouvaient s'entretenir ensemble ne penses-tu pas qu'ils prendraient pour des objets réels les ombres qu'ils verraient ? Il y a nécessité. Et si la paroi du fond de la prison avait un écho, chaque fois que l'un des porteurs parlerait, croiraient-ils entendre autre chose que l'ombre qui passerait devant eux ? Non par Zeus, dit-il. Assurément, repris-je, de tels hommes n'attribueront de réalité qu'aux ombres des objets fabriqués. C'est de toute nécessité. Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu'on les guérisse de leur ignorance. Qu'on détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements il souffrira, et l'éblouissement l'empêchera de distinguer ces objets dont tout à l'heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu'il répondra si quelqu'un lui vient dire qu'il n'a vu jusqu'alors que de vains fantômes, mais qu'à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ? si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l'oblige, à force de questions, à dire ce que c'est ? Ne penses-tu pas qu'il sera embarrassé, et que les ombres qu'il voyait tout à l'heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu'on lui montre maintenant ? Beaucoup plus vraies, reconnut-il. Et si on le force à regarder la lumière elle-même, ses yeux n'en seront-ils pas blessés ? n'en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu'il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu'un lui montre ? Assurément. Et si, reprise-je, on l'arrache de sa caverne, par force, qu'on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu'on ne lâche pas avant de l'avoir traîné jusqu'à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement, et ne se plaindra-t-il pas de ces violences ? Et lorsqu'il sera parvenu à la lumière, pourra-t-il, les yeux tout éblouis par son éclat, distinguer une seule des choses que maintenant nous appelons vraies ? Il ne le pourra pas, répondit-il; du moins dès l'abord. Il aura, je pense, besoin d'habitude pour voir les objets de la région supérieure. D'abord ce seront les ombres qu'il distinguera le plus facilement, puis les images des hommes et des autres objets qui se reflètent dans les eaux, ensuite les objets eux-mêmes. Après cela, il pourra, affrontant la clarté des astres et de la lune, contempler plus facilement pendant la nuit les corps célestes et le ciel lui-même, que pendant le jour le soleil et sa lumière. Sans doute. A la fin, j'imagine, ce sera le soleil - non ses vaines images réfléchies dans les eaux ou en quelque autre endroit -mais le soleil lui-même à sa vraie place, qu'il pourra voir et contempler tel qu'il est. Nécessairement, dit-il. Après cela il en viendra à conclure au sujet du soleil, que c'est lui qui fait les saisons et les années, qui gouverne tout dans le monde visible, et qui, d'une certaine manière, est la cause de tout ce qu'il voyait avec ses compagnons dans la caverne. Évidemment, c'est à cette conclusion qu'il arrivera. Or donc, se souvenant de sa première demeure, de la sagesse que l'on y professe, et de ceux qui y furent ses compagnons de captivité, ne crois-tu pas qu'il se réjouira du changement et plaindra ces derniers ? Si, certes. Et s'ils se décernaient alors entre aux honneurs et louanges, s'ils avaient des récompenses pour celui qui saisissait de l'oeil le plus vif le passage des ombres, qui se rappelait le mieux celles qui avaient coutume de venir les premières ou les dernières, ou de marcher ensemble, et qui par là était le plus habile à deviner leur apparition, penses-tu que notre homme fût jaloux de ces distinctions, et qu'il portât envie à ceux qui, parmi les prisonniers, sont honorés et puissants ? Ou bien, comme le héros d'Homère, ne préférera-t-il pas mille fois n'être qu'un valet de charrue, au service d'un pauvre laboureur, et de souffrir tout au monde plutôt que de revenir à ses anciennes illusions et vivre comme il vivait ? Je suis de ton avis, dit-il; il préférera tout souffrir plutôt que de vivre de cette façon là. Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s'asseoir à son ancienne place : n'aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil ? Assurément si, dit-il. Et s'il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n'ont point quitté leurs chaînes, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que ses yeux se soient remis (or l'accoutumance à l'obscurité demandera un temps assez long), n'apprêtera-t-il pas à rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu'étant allé là-haut il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n'est même pas la peine d'essayer d'y monter ? Et si quelqu'un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu'ils le puissent tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas ? Sans aucun doute, répondit-il. Maintenant, mon cher Glaucon, repris-je, il faut appliquer point par point cette image à ce que nous avons dit plus haut, comparer le monde que nous découvre la vue au séjour de la prison, et la lumière du feu qui l'éclaire à la puissance du soleil. Quant à la montée dans la région supérieure et à la contemplation de ses objets, si tu la considères comme l'ascension de l'âme vers le lieu intelligible, tu ne te tromperas pas sur ma pensée, puisque aussi bien tu désires la connaître. Dieu sait si elle est vraie. Pour moi, telle est mon opinion : dans le monde intelligible l'idée du bien est perçue la dernière et avec peine, mais on ne la peut percevoir sans conclure qu'elle est la cause de tout ce qu'il y a de croit et de beau en toutes choses; qu'elle a, dans le monde visible, engendré la lumière et le souverain de la lumière; que, dans le monde intelligible, c'est elle-même qui est souveraine et dispense la vérité et l'intelligence; et qu'il faut la voir pour se conduire avec sagesse dans la vie privée et dans la vie publique." Platon, La République, Livre VII, traduction de Robert Bacou, GF-Flammarion, 1966
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Le Mythe de la Caverne illustre ce mouvement de la connaissance en nous présentant, sous une forme concrète et imagée, l'itinéraire de celui qui parvient à se libérer de l'illusion, et à découvrir la vérité des choses : des prisonniers abusés par le monde des choses doivent s'en détourner, pour se tourner vers les Idées, qui en sont les modèles. Ces prisonniers sont à notre image et la caverne et les ombres représentent le monde sensible, le monde des apparences. Platon distingue par là l'opinion (les choses) et la connaissance (les Idées). L'opinion est irrationnelle, la connaissance rationnelle. C'est pourquoi la connaissance peut s'enseigner. Le sage sera celui qui, libéré de l'opinion, sortira de la Caverne pour contempler le monde véritable et, possédant les Idées, retournera ensuite dans la Caverne pour libérer les les prisonniers de leurs illusions.
Eros Philosophe :
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"SOCRATE. - De quel père, demandai-je, est-il né [Eros], et de quelle mère ? DIOTIME. - C'est bien long à raconter, répondit-elle ; je te le dirai pourtant. Sache donc que, le jour où naquit Aphrodite, les dieux banquetaient, et parmi eux était le fils de Sagesse, Expédient (Poros). Or, quand ils eurent fini de diner, arriva Pauvreté (Pénia), dans l'intention de mendier, car on avait fait grande chère, et elle se tenait contre la porte. Sur ces entrefaites, Expédient, qui s'était enivré de nectar (car le vin n'existait pas encore), pénétra dans le jardin de Zeus, et, appesanti par l'ivresse, il s'y endormit. Et voilà que Pauvreté, songeant que rien jamais n'est expédient pour elle, médite de se faire faire un enfant par Expédient lui-même. Elle s'étend donc auprès de lui, et c'est ainsi qu'elle devint grosse d'Amour. Voilà aussi la raison pour laquelle Amour est le suivant d'Aphrodite et son servant : parce qu'il a été engendré pendant la fête de naissance de celle-ci, et qu'en même temps l'objet dont il est par nature épris, c'est la beauté, et qu'Aphrodite est belle. Donc, en tant qu'il est fils d'Expédient et de Pauvreté, voici la condition où se trouve Amour. Premièrement, il est toujours pauvre ; et il s'en manque de beaucoup qu'il soit délicat aussi bien que beau, tel que se le figure le vulgaire ; tout au contraire il est rude, malpropre, va-nu-pieds, sans gîte, couchant toujours par terre et sur la dure, dormant à la belle étoile sur le pas des portes ou dans les chemins : c'est qu'il a la nature de sa mère, et qu'il partage à jamais la vie de l'indigence. Mais, comme en revanche il tient de son père, il est à l'affût de tout ce qui est beau et bon : car il est viril, il va de l'avant, tendu de toutes ses forces, chasseur hors ligne, sans cesse en train de tramer quelque ruse, passionné d'inventions et fertile en expédients ; employant à philosopher toute sa vie ; incomparable sorcier, magicien, sophiste. J'ajoute que sa nature n'est ni d'un immortel, ni d'un mortel. Mais tantôt, dans la même journée, il est en pleine fleur et bien vivant, tantôt il se meurt : puis il revit de nouveau, quand réussissent ses expédients grâce au naturel de son père. Sans cesse pourtant s'écoule entre ses doigts le profit de ces expédients ; si bien que jamais Amour n'est ni dans le dénuement, ni dans l'opulence. D'un autre côté, il est à mi-chemin et du savoir et de l'ignorance. Voici en effet ce qui en est. Il n'y a pas de dieu qui s'occupe à philosopher, ni qui ait envie d'acquérir le savoir (car il le possède), et pas davantage quiconque d'autre possédera le savoir ne s'occupera à philosopher. Mais, de leur côté, les ignorants ne s'occupent pas non plus à philosopher et ils n'ont pas envie d'acquérir le savoir ; car c'est essentiellement le malheur de l'ignorance, que tel qui n'est ni beau, ni bon, ni intelligent non plus, s'imagine l'être autant qu'il faut. Celui qui ne pense pas être dépourvu n'a donc pas le désir de ce dont il ne croit pas avoir besoin d'être pourvu. SOCRATE. - Dans ces conditions, quels sont, Diotime, ceux qui s'occupent à philosopher, puisque ce ne sont ni les savants, ni les ignorants ? DIOTIME. - Voilà qui est clair, répondit-elle, un enfant même à présent le verrait : ce sont les intermédiaires entre l'une et l'autre espèce, et l'Amour est l'un d'eux. Car la science, sans nul doute, est parmi les choses les plus belles ; or l'Amour a le beau pour objet de son amour ; par suite il est nécessaire que l'Amour soit philosophe et, en tant que philosophe, intermédiaire entre le savant et l'ignorant. Mais ce qui a fait aussi qu'il possède ces qualités, c'est sa naissance : son père est savant et riche d'expédients, tandis que sa mère, qui n'est point savante, en est dénuée. Voilà quelle est en somme, cher Socrate, la nature de ce démon." Platon, Le Banquet, 203 b; trad. de L. Robin, Paris, éd. Les Belles Lettres, 5° éd., 1951.
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Le Banquet décrit l'ascension qui conduit l'amoureux à la contemplation du Beau ; par là, l'amour est une image de la montée du philosophe, par la dialectique, vers l'Idée de Bien. Eros, c'est-à-dire l'Amour est manque, désir de quelque chose que nous n'avons pas, il est philosophe, celui qui désire la sagesse. Dès lors l'Amour, c'est la dialectique même, par laquelle nous montons jusqu'aux Idées. ; l'Amour, maîtrisé, pensé, conduit à la contemplation du Beau, comme la dialectique aboutit à la contemplation du Bien. Eros est philosophe en tant qu'il instaure le passage de la beauté du corps à celle de l'âme, puis au Beau lui-même.
La politique : la cité juste
Bouleversé par l'injuste mort de Socrate, par la défaite d'Athènes dans la guerre du Péloponèse, par la décadence de la cité, Platon cherche à définir la nature de la vertu dans le gouvernement sous sa forme politique et Ethique : la justice. La vertu est considérée sous l'angle de l'Idée.
Les rapports entre citoyens, dans la cité juste doivent se fonder, autant que possible sur des relations de type amicales. Il y a là une utopie politique : communisme intégral.
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"La cité qu'il faut placer au premier rang, la cité dont la constitu-tion et les lois sont les meilleures, est celle où régnera le plus com-plètement possible dans la vie sociale sous toutes ses formes l'antique maxime d'après laquelle tout doit être réellement commun entre amis. Ainsi, que cette cité existe actuellement quelque part ou qu'elle vienne à exister quelque part un jour, il faut qu'il y ait communauté des femmes, communauté des enfants, communauté de tous les biens sans exception ; tout doit être mis en uvre pour éli-miner de notre existence, sous toutes ses formes, ce qu'on appelle "propriété privée" ; on doit y travailler, autant que faire se peut, à rendre commun, d'une manière ou d'une autre, même ce qui est naturellement personnel à chacun de nous, si bien que, par exemple, tous les yeux, toutes les oreilles et toutes les mains croiront voir, entendre et faire les mêmes choses et que, dans l'éloge comme dans le blâme, tous ensemble soient comme un seul homme, tous joyeux ou tous affligés à propos des mêmes objets. Platon, Les Lois, V, 739 b-e. |
Platon établit une philosophie politique qui cherche à définir la cité juste. La République décrit cette cité idéale en distinguant trois castes d'hommes : l'ordre des dominants, l'ordre des gardiens, et l'ordre des producteurs (artisans et commerçants). Ces trois castes sont en adéquation avec la distinction platonicienne des trois parties de l'âme : la raison, le courage et l'appétit. Elles instaurent une hiérachie sociale dont le sommet est le philosophe-roi, qui est le seul habilité à bien gouverner la cité.
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"Voici que des gens puissants traînent devant les tribunaux ce même Socrate, notre ami, et portent contre lui une accusation des plus graves qu'il ne méritait certes point : c'est pour impiété que les uns l'assignèrent devant le tribunal et que les autres le condamnèrent, et ils firent mourir l'homme qui n'avait pas voulu participer à la criminelle arrestation d'un de leurs amis alors banni, lorsque, bannis eux-mêmes, ils étaient dans le malheur. Voyant cela et voyant les hommes qui menaient la politique, plus je considérais les lois et les murs, plus aussi j'avançais en âge, et plus il me parut difficile de bien administrer les affaires de l'État. D'une part, sans amis et sans collaborateurs fidèles, cela ne me semblait pas possible. - Or, parmi les citoyens actuels, il n'était pas commode d'en trouver, car ce n'était plus selon les us et coutumes de nos ancêtres que notre ville était régie. Quant à en acquérir de nouveaux, on ne pouvait compter le faire sans trop de peine. - De plus, la législation et la moralité étaient corrompues à un tel point que moi, d'abord plein d'ardeur pour travailler au bien public, considérant cette situation et voyant comment tout marchait à la dérive, je finis par en être étourdi. Je ne cessais pourtant d'épier les signes possibles d'une amélioration des événements, et spécialement dans le régime politique, mais j'attendais toujours, pour agir, le bon moment. Finalement, je compris que tous les États actuels sont mal gouvernés, car leur législation est à peu près incurable sans d'énergiques préparatifs joints à d'heureuses circonstances. Je fus alors irrésistiblement amené à louer la vraie philosophie et à proclamer que, à sa lumière seule, on peut reconnaître où est la justice dans la vie publique et dans la vie privée. Donc, les maux ne cesseront pas pour les humains avant que la race des purs et authentiques philosophes n'arrive au pouvoir ou que les chefs des cités, par une grâce divine, ne se mettent à philosopher véritablement." Platon, Lettre VII, Platon aux parents et aux amis de Dion, Ed. Belles-Lettres. |
Platon en vient finalement à la formation du gardien de la cité à la dialectique philosophique qui seule permet la montée vers le juste : seule la dialectique peut sauver l'Etat.
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"L'ATHÉNIEN - Il nous faut donc aborder quelque forme d'éducation plus exacte que la précédente. CLINIAS - Peut-être. L'ATHÉMEN - Celle que nous venons d'effleurer ne serait-elle pas, par hasard, celle même dont nous avons besoin ? CLINIAS - Parfaitement. L'ATHÉNIEN - Ne disions-nous pas que, pour être un artisan, un gardien parfait en quelque matière que ce soit, il faut être capable non seulement d'envisager le multiple, mais aussi de pousser jusqu'à la connaissance de l'un, et, l'ayant connu, d'y ordonner synoptiquement tout le reste ? CLINIAS - C'est exact. L'ATHÉNIEN - Y aurait-il donc, pour qui que ce soit et à propos de quoi que ce soit, une méthode plus exacte de recherche et d'observation, que de savoir porter son regard, de la diversité du multiple, sur l'unité de la forme ? CLINIAS - Peut-être. L'ATHÉNIEN - Non pas peut-être, mais en toute vérité, mon très cher, il n'y a, pour aucun homme, méthode plus précise que celle-là. CLINIAS - Je t'en crois sur parole, étranger; poursuivons donc en ce sens notre entretien. L'ATHÉNIEN. - Il faut donc, apparemment, contraindre les gardiens de notre divine constitution à voir, eux aussi, de façon précise, ce qu'il peut y avoir d'identique en ces quatre excellences et qui, présent comme unité à la fois dans le courage, dans la tempérance, dans la justice et la prudence, est digne, selon nous, d'être appelé de l'unique nom de vertu. Tel est, amis, l'objet qu'il nous faut désormais, si nous le voulons, serrer fortement et ne plus lâcher avant d'avoir suffisamment défini la nature de ce but que doivent fixer nos regards, unité, ou tout, ou les deux à la fois, ou quoi que ce soit d'autre. Si elle nous échappe, espérons-nous être jamais suffisamment instruits de ce qui concerne la vertu, incapables que nous serons de dire si elle est multiple ou quadruple ou une ? Non pas, du moins si nous nous fions à notre propre avis, et nous ferons tout pour que, de façon ou d'autre, se réalise en notre cité une telle connaissance." Platon, Lois, 965 b.
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Platon a profondement marqué la pensée occidentale. La théorie des Idées continue d'iinspirer les philosophies idéalistes et les mathématiciens tente encore de comprendre comment la pensée purement mathématique peut rendre compte du réel. La dialectique de l'Amour ou l'érotique de la connaissance nous fascine encore. L'Idée du Bien préfigur le Divin des grandes religions monothéistes ; Nietzsche ne s'y est pas trompé qui voyait dans le christianisme "un platonisme pour le peuple". Le communisme platonicien est à la source, de Thomas More à Marx, de nombreuses théories politiques. Quant à la cité juste...
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Platon : Les oeuvres complètes de Platon à l'exception des Lois, des Lettres et des dialogues suspects et apocryphes. É.Chambry et R. Bacou (Garnier-Flammarion).
Platon : Aux éditions GF-Flammarion plusieurs traductions nouvelles : Le Gorgias (M. Canto), Lettres (L. Brisson), Euthydème (M. Canto),Ion (M. Canto), Phèdre, suivi de la Pharmacie de Platon de Jacques Derrida (L. Brisson), Lachès et Eutyphron (L.-A. Dorion), le Ménon (M. Canto), le Parménide (L. Brisson), le Phédon (M. Dixsaut), le Sophiste (N. L. Cordero), le Théétète (M. Narcy), le Timée et le Critias (L. Brisson), l'Apologie de Socrate et le Criton (L. Brisson)
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SPEUSIPPE (393-339) Né à Athènes, neveu de Platon (sa mère Potoné était la soeur de Platon) et son successeur comme chef de l'Académie de 348 à 339. Irascible et dominé par ses plaisirs. Il a laissé un grand nombre de dialogues. Grâce au témoignage d'Aristote dans la Métaphysique (VII, XII et XIV), on peut reconstituer les grandes lignes de sa conception de la structure de la réalité, conception qui représente une des formes du système fondamental imaginé dans l'école de Platon: au principe, l'unité indifférenciée; la série transcendante des nombres mathématiques; puis les figures géométriques transcendantes; ensuite les figures en mouvement, c'est-à-dire les âmes; enfin, les corps sensibles. Chaque degré apporte une notion nouvelle: les nombres ajoutent à l'un la multiplicité, les figures géométriques introduisent l'extension, les âmes apportent le mouvement, les corps y adjoignent la matérialité. C'est pourquoi Aristote reprochera à Speusippe de concevoir un univers «épisodique», c'est-à-dire constitué de paliers qui présentent des caractères nouveaux par rapport aux paliers antérieurs. Dans cet univers, la beauté et la bonté n'apparaissent que postérieurement, avec «le progrès de la nature», dit Aristote (Métaphys. XIV, IV): en effet, la beauté ne fait son apparition qu'avec les proportions mathématiques et la bonté avec le mouvement de l'âme. On a souligné le caractère évolutionniste de ce système. Dans ses Homoia (Similitudes), Speusippe, conformément aux exercices de l'Académie, proposait une classification générale des plantes et des animaux qui mérite d'être comparée avec celle d'Aristote.
XÉNOCRATE (vers 400-315) Originaire de Chalcédoine, il succéda à Speusippe comme chef de l'Académie de 339 à 315. Il fut, très jeune, auditeur de Platon et l'accompagna en Sicile. Le comparant à Aristote, Platon aurait dit, d'après Diogène Laërce : " Quel cheval je soigne, mais aussi quel âne ! ". Homme grave, peu porté vers les plaisirs, on l'a comparé à une statue. Successeur de Speusippe à la tête de l'Académie platonicienne, Xénocrate propose une explication systématique de la réalité qui, connue uniquement par des témoignages doxographiques, présente des analogies avec celle de Speusippe: on y retrouve les idées-nombres, l'âme et les corps en une succession hiérarchique; mais Xénocrate ne fait pas du beau et du bien des termes ultérieurs du développement de la nature. La monade originelle est déjà le Bien en soi, Dieu, l'Intellect, qui contient en lui la totalité des idées-nombres, c'est-à-dire le modèle du monde. La dyade définie est l'âme, l'élément céleste (le nombre automoteur), mère des différents dieux. Elle est double, probablement parce qu'elle est tournée à la fois vers la monade et vers le monde sensible. Vient ensuite le monde des corps, constitué par les trois éléments autres que l'élément céleste. Enfin le quatrième terme est la dyade indéfinie, principe du mal, matière dont l'interaction avec la monade produit les corps du monde sensible.
Les systèmes de Xénocrate et de Speusippe ont fourni à toute la tradition de la philosophie grecque sa problématique physique et théologique. Pour résoudre les apories des Éléates concernant la notion de continu, Xénocrate introduit le concept de lignes insécables comme mesures fondamentales. On lui doit également une démonologie assez élaborée, dans laquelle apparaît la distinction entre bons et mauvais démons, qui jouera un grand rôle dans la vie psychologique et morale à la fin de l'Antiquité.
POLÉMON (vers 340- vers 270). Succéda en 315 à Xénocrate à la tête de l'académie.
CRATÈS d'Athènes (scolarque de 270 à 265) célèbre par un traité Sur le deuil où il oppose à l'absence de passions (apathie) leur modération et leur équilibre (métriopathie), rédigea également le premier commentaire du Timée de Platon où il soutint, comme Speusippe et Xénocrate, que le récit de la création du monde par un ouvrier divin (démiurge) n'était qu'une fiction descriptive, reflet d'un ordre logique et non chronologique.
ARCÉCILAS de Piutané devint scolarque en 268 avant J.-C., lorsque, après la mort de Cratès, Socratidès, plus ancien et normalement élu, s'effaça devant lui. Cet esprit brillant avait été d'abord au Lycée l'élève de Théophraste, puis à l'Académie le disciple de Polémon et de Cratès qu'il tenait pour des dieux ou des survivants de l'âge d'or. Il mourut à soixante-quinze ans, vers 240 avant notre ére),
Ensuite la direction de l'Académie revint successivement à BION de Boristhème, LACYDÈS de Cyrène, CARNÉADE de Cyrène (212-128 av. notre ère) et CLITOMAQUE de Carthage (sclarque de 140 à 128 av. notre ére).
LE LYCÉE (les péripatéticiens)
Aristote
(autres images)
ARISTOTE (384-322) Aristote est né à Stagire en Chalcidie, en Macédoine, ce qui lui vaudra parfois le surnom de "Stagirite" ; son père, Nicomaque, appartient à une longue famille de médecins, et était le médecin du roi de Macédoine, sa mère, Phestias, est de Chacis en Eubée, où il se retirera pour mourir. A la mort de son père, en 367, Aristote rentre à l'Académie, il y restera 19 ans : élève, assistant, puis maître de conférence. A trente-sept ans, à la mort de Platon, Aristote se trouvait avec d'autres élèves de l'Académie, dont Xénocrate, à Assos en Eolide auprès du tyran Hermias d'Atarnée. Il y vécu pendant trois ans et profita de l'expérience politique de Hermias qui devait manoeuvrer entre les puissances perse et macédonienne. En 345 à 343, Aristote voyage et se livre à des observations biologiques, en Mysie puis à Mytilène (île de Lesbos). Mais un philosophe grec de cette époque ne saurait demeurer longtemps en marge de la vie politique. A partir de 342, Aristote est à la cour de Philippe de Macédoine, à Pella. Il y demeure jusqu'à la mort de Philippe en 335-334. Ces années sont celles du préceptorat d'Alexandre, le futur Alexandre le Grand. A 49 ans, en 334, Aristote revient à Athènes et fonde le Lycée ou Péripatos, quittant la cité seulement pour accompagner Alexandre dans ses conquêtes. Le Lycée était, plus qu'une école, une association culturelle très libérale où le travail se faisait collectivement, Aristote y donne des cours les plus divers à un public savant, tantôt sur des sujets comme la physique, la logique ou la mathématique, tantôt s'entretenant avec tous de rhétorique, de politique et d'éthique. De tout cet enseignement oral, complété par la constitution d'une grande bibliothèque et d'un musée d'histoire naturelle, ne nous restent que des bribes ou de simples notes préparatoires rassemblées par ses élèves. Elles nous laissent imaginer la prolixité et la richesse de ses cours.. En 323, à la mort d'Alexandre, Aristote, accusé d'impiété, est contraint de quitter Athènes s'exiler pour éviter à ses concitoyens de " commettre un nouveau crime contre la philosophie ". Il s'enfuit à Chalcis où il meurt (sans doute par suicide à la ciguë) en 322 avant notre ère.
Les premiers textes d'Aristote, des dialogues rédigés pendant son séjour à l'Académie, sont célébrés unanimement, dans l'antiquité, pour leur beauté, mais, ils sont aujourd'hui perdus et nous n'en avons connaissance que par des citations. Nous ne possédons plus que les traités de la seconde (Assos, Mytilène, Pella) et de la troisième période, celle du Lycée.
La logique :
Aristote est l'inventeur de la logique formelle qui étudie la forme du raisonnement indépendamment de son contenu. Ses écrits logiques sont réunis sous le nom de Organon : Catégories (théorie des termes), De l'Interprétation (théorie des propositions), Premiers Analytiques (Théorie du Syllogisme), Seconds Analytiques (Théorie de la démonstration), Topiques (Théorie du raisonnement dialectique ou probable), Rhétorique (théorie du raisonnement oratoire ou persuasif). Ce système, ensuite figé par la tradition médiévale, est, chez Aristote, un travail inachevé et vivant. Si pour Platon la dialectique constituait le tout de la philosophie, Aristote abandonne très rapidement cet espoir ; la logique n'est que formelle, il y a de l'indémontrable (les axiomes par exemple).
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"Il faut d'abord établir quel est le sujet de notre enquête et de quelle discipline elle relève : son sujet, c'est la démonstration, et c'est la science démonstrative dont elle dépend. Ensuite nous devons définir ce qu'on entend par prémisse, par terme, par syllogisme [ ... 1 La prémisse est le discours qui affirme ou qui nie quelque chose de quelque chose, et ce discours est soit universel, soit particulier, soit indéfini. J'appelle universelle, l'attribution ou la non-attribution à un sujet pris universellement ; particulière, l'attribution ou la non-attribution à un sujet pris particulièrement ou non universellement ; indéfinie, l'attribution ou la non-attribution faite sans indication d'universalité ou de particularité: par exemple, les contraires rentrent dans la même science ou le plaisir n'est pas le bien. J'appelle terme ce en quoi se résout la prémisse, à savoir le prédicat et le sujet dont il est affirmé, soit que l'être s'y ajoute, soit que le non-être en soit séparé. Le syllogisme est un discours dans lequel, certaines choses étant posées, quelque chose d'autre que ces données en résulte nécessairement par le seul fait de ces données. Par le seul fait de ces données : je veux dire que c'est par elles que la conséquence est obtenue ; à son tour, l'expression c'est par elles que la conséquence est obtenue signifie qu'aucun terme étranger n'est en plus requis pour produire la conséquence nécessaire." Aristote, Organon, Livre III, Les Premiers Analytiques, trad. Jean Tricot, p. 1 sq, Paris, Vrin, 1992. |
La Métaphysique :
La métaphysique (le terme n'est pas d'Aristote) est "la science de l'être en tant qu'être", c'est-à-dire de la substance subsistant à travers les modifications. Elle est donc la science "des principes et causes de l'être et de ses attributs essentiels", c'est-à-dire, philosophie première, science au delà des sciences (Aristote développe une Physique et une Biologie), est pour Aristote, la véritable philosophie, la Sagesse. Pour Aristote, la philosophie est strictement spéculative (théorétique) ; elle vise le nécessaire, " ce qui ne peut pas ne pas être ", pas l'utile.
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"Il y a une science qui étudie l'Être en tant qu'être et les attributs qui lui appartiennent essentiellement. Elle ne se confond avec aucune autre des sciences dites. particulières, car aucune de ces autres sciences ne considère en général l'Être en tant qu'être; mais, découpant une certaine partie de l'Être, c'est seulement de cette partie qu'elles étudient l'attribut: tel est le cas des sciences mathématiques. Et, puisque nous recherchons les principes premiers et les causes les plus élevées, il est évident qu'il existe nécessairement quelque réalité à laquelle ces principes et ces causes appartiennent, en vertu de sa nature propre. Si donc ceux qui' cherchaient les éléments des êtres cherchaient, en fait, les principes absolument premiers, ces éléments qu'ils cherchaient étaient nécessairement aussi les éléments de l'Être en tant qu'être, et non pas de l'Être par accident. C'est pourquoi nous devons, nous aussi, appréhender les causes premières de l'Être en tant qu'être." Aristote, La Métaphysique, Tome 1, Lrvre F, p. 171, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1991. |
Ethique et politique :
En ce qui concerne les affaires humaines, les réflexions du philosophe doit être attentive aux services qu'elles peuvent rendre : il s'agit d'éclairer les responsables de ces affaires sur leurs propres actions. C'est pourquoi Aristote développe une morale (Ethique à Eudème et Ethique à Nicomaque) et une politique (Constitution d'Athènes et La Politique).
Aristote est eudémoniste, c'est-à-dire, que pour lui le bonheur est le but de la vie. Il s'agit donc d'accéder au bonheur le plus élevé en développant nos aptitudes à la vie raisonnable et en contemplant la vérité dans une existance de loisir. Le bonheur est inséparable de la vie contemplative car la contemplation est accès au divin.
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"Voyons quel est selon nous le bien où tend la Politique, autrement dit, quel est, de tous les biens réalisables, celui qui est le Bien suprême. Sur son nom, en tout cas, la plupart des hommes sont pratiquement d'accord : c'est le bonheur, au dire de la foule aussi bien que des gens cultivés ; tous assimilent le fait de bien vivre et de réussir au fait d'être heureux. Par contre, en ce qui conceme la nature du bonheur, on ne s'entend plus, et les réponses de la foule ne ressemblent pas à celle des sages. Les uns, en effet, identifient le bonheur à quelque chose d'apparent et de visible, comme le plaisir, la richesse ou l'honneur ; pour les uns c'est une chose et pour les autres, une autre chose [ ...]. Les hommes, et il ne faut pas s'en étonner, paraissent concevoir le bien et le bonheur d'après la vie qu'ils mènent, La foule et les gens les plus grossiers disent que c'est le plaisir: c'est la raison pour laquelle ils ont une préférence pour la vie de jouissance. C'est qu'en effet les principaux types de vie sont au nombre de trois : celle dont nous venons de parler, la vie politique, et en troisième lieu la vie contemplative. La foule se montre véritablement d'une bassesse d'esclave en optant pour une vie bestiale, mais elle trouve son excuse dans le fait que beaucoup de ceux qui appartiennent à la classe dirigeante ont les mêmes goûts qu'un Sardanapale. Les gens cultivés, et qui aiment la vie active, préfèrent l'honneur, car c'est là, à tout prendre, la fin de la vie politique. Mais l'honneur apparaît comme une chose trop superficielle pour être l'objet cherché, car, de l'avis général, il dépend plutôt de ceux qui honorent que de celui qui est honoré ; or nous savons d'instinct que le bien est quelque chose de personnel à chacun, et qu'on peut difficilement nous ravir. [ ... ] Quant à la vie d'homme d'affaires, c'est une vie de contrainte, et la richesse n'est évidemment pas le bien que nous cherchons ; cest seulement une chose utile, un moyen en vue d'une autre chose." Aristote, Ethique à Nicomaque, Lrvre 1, p. 40, 43, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1997. |
Mais l'ethique est inséparable de la politique car la cité permet à l'homme de se réaliser (il est "animal politique, social", un homme sans cité serait "une brute ou un dieu") et d'accéder aux plus hautes vertus. C'est pourquoi, Aristote prend la politique pour objet d'étude, il est le créateur de la science politique (on est bien loin des utopies platoniciennes).
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"... le gouvernement est l'autorité souveraine des États, autorité souveraine qui est nécessairement aux mains soit d'un seul, soit d'un petit nombre, soit de la masse des citoyens. Quand le détenteur unique de l'autorité, ou le petit nombre, ou la masse, gouvernent en vue de l'intérêt commun, ces constitutions sont nécessairement des constitutions correctes, tandis que les gouvernements qui ont en vue l'intérêt particulier, soit d'un seul, soit du petit nombre, soit de la masse, sont des déviations des types précédents. ( ... ) Parmi les formes de gouvernement de type monarchique, nous avons coutume de désigner du nom de royauté celle qui prend en considération l'intérêt commun; quand l'autorité est exercée par un petit nombre, dépassant toutefois l'unité, c'est une aristocratie (appelée ainsi, soit parce que ce sont les meilleurs qui gouvernent, soit parce qu'on y a en vue le plus grand bien pour la cité et ses membres) ; quand, enfin, c'est la multitude qui administre l'État en vue de l'utilité commune, le gouvernement est appelé ( ... ) une république ( ... ). Les formes dont nous venons de parler subissent des déviations : la tyrannie est une déviation de la royauté, l'oligarchie de l'aristocratie, et la démocratie de la république. La tyrannie, en effet, est une monarchie ayant en vue le seul intérêt du monarque, l'oligarchie a en vue l'intérêt des riches et la démocratie celui des indigents, et aucune de ces formes de gouvernement n'a égard à l'utilité commune." Aristote, Politique, 111, 7. |
Enfin, la philosophie d'Aristote se complète par la physique, la biologie, la cosmologie, la psychologie, bref, par l'examen de tous les registres de la vie, des crustacés jusqu'aux astres. Ainsi se forme la totalité du savoir humain, systématique et concret. Toute la modernité d'Aristote tient dans cet effort pour joindre savoir exhaustif et analyse expérimentale. . En cela, il est le premier penseur encyclopédique. Il approfondit les diverses branches du savoir tout en montrant l'unité du discours qu'elles mettent en uvre par l'énoncé des catégories qui sont les genres les plus généraux de l'Être.
L'influence d'Aristote est considérable, outre sur la scholastique et Thomas d'Aquin, il faut noter l'importance, pour la pensée occidentale, de ses travaux en politique, en logique, en physique et dans les sciences de la nature.
Aristote : Corpus des textes grecs attribués à Aristote a été édité par O. Gigon (5 volumes, Berlin, W. De Gruyter 1960-1987).
Aristote : Organon (Les Catégories ; De l'Interprétation ; Topiques ; Réfutations des Sophismes ; Premiers Analytiques et Seconds Analytiques) (Ed. Vrin).
Aristote : La Rhétorique (Ed. Belles Lettres).
Aristote : La Poétique (Ed. Belles Lettres).
Aristote : La Métaphysique (Ed. Belles Lettres et Vrin).
Aristote : La Physique, texte établi et traduit par H. Carteron, Paris, Ed. Belles Lettres, 1926.
Aristote : Du Ciel (Ed. Belles Lettres).
Aristote : Du Ciel suivi du Traité Pseudo-Aristotélicien du Monde (Ed. Vrin).
Aristote : Parva naturalia (Ed. Belles Lettres).
Aristote : Parva naturalia suivis du Traité Pseudo-Aristotélicien de Spiritu (Ed. Vrin).
Aristote : De la génération et de la Corruption (Ed. Belles Lettres et Vrin).
Aristote : Les Météorologiques (Ed. Belles Lettres et Vrin).
Aristote : Des Parties des Animaux (Ed. Belles Lettres).
Aristote : Génération des Animaux (Ed. Belles Lettres).
Aristote : Marche des Animaux et Mouvement des Animaux (Ed. Belles Lettres).
Aristote : Histoire des Animaux (Ed. Belles Lettres, Vrin et Folio).
Aristote : De l'Ame (Ed. Belles Lettres, Vrin et GF).
Aristote : Ethique à Eudème (Presse de l'Université de Montréal, trad. V. Décarie, 1978, Vrin).
Aristote : Ethique à Nicomaque (Ed. Vrin et GF).
Aristote : Les Economiques (Ed. Belles Lettres et Vrin).
Aristote : Constitution d'Athènes (Ed. Belles Lettres).
Aristote : La Politique, traduction J. Tricot, Vrin.
Aristote : La Politique, trad. Jean Aubonnet , Ed. Belles Lettres.
Aristote, Les Politiques, nouvelle traduction de P. Pellegrin, GF, 1990. (technique et précise mais peu élégante).
Aristote, La Politique, trad. Pierre Louis, Hermann (élégante, très lisible).
Aristote, Organon, trad. Jean Tricot, Paris, Vrin, 1992.
Nouvelles traductions (plus précises et généralement bien annotées) :
Aristote, Parties de animaux, livre I, trad. de J.M. Le Blond, introduction de P. Pellegrin, GF, 1945, 1995.
Aristote, Petits Traités d'histoire naturelle, nouvelle traduction de P.M. Morel, GF, 2000.
Aristote, Physique, nouvelle traduction de P. Pellegrin, GF, 2000.
Aristote, De l'âme, nouvelle traduction de R. Bodéüs, GF, 1993.
Aristote, Constitution d'Athènes, édition bilingue, Les Belles Lettres, coll. Classiques en poche.
Aristote, Rhétorique, trad. de C. E. Ruelle revue par P. Vanhemelryck, Le Livre de Poche, 1991.
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Théophraste,
Villa Albani, Rome. Autre image
THÉOPHRASTE d'Erèse. (vers ~ 372 - 288) Originaire d'Érèse, ville éolienne de l'île de Lesbos (aujourd'hui Éresso), héritier et successeur d'Aristote. Riche, il suivit les cours de Leucippe, puis fut disciple de Platon avant de suivre Aristote. La vie de l'école ne fut pas facile ; soupçonnée de macédonisme et d'impiété, elle fut plusieurs fois menacée et Théophraste dut quitter Athènes. Progressivement les disciples d'Aristote vont volontiers travailler dans Alexandrie, la ville de l'érudition.
STRATON Originaire de Lampsaque (ville d'Asie Mineure proche du Bosphore. Il était surnommé le Physicien car les disciples d'Aristote obéissant à l'impulsion donnée par le maître vers les recherches spéciales furent volontiers botanistes, zoologistes, historiens, astronomes, physiciens, médecins ...
Ensuite la direction du Lycée revint successivement à LYCON de Troade, DÉMÉTRIOS de Phalère, HÉRACLITE de Héraclée...
Nous vous invitons à compléter ce tableau :
Site philosophique de l'Académie de Lyon