Site philosophique de l'Académie de Lyon

ANTIQUITE

Les Présocratiques

VIème siècle - début Vème siècle (av. notre ère)

 

La Grèce philosophique

 

 

ECOLE DE MILET

Thalès (autre image de Thalès)

THALÈS (~617 ou 616 - ~548) Issu d'une famille thébaine, Thalès naît à Milet (?) en Ionie à la fin du VII siècle. Il est l'un des sept Sages. Il aurait fondé son école vers ~600. Mathématicien, il développe la géométrie : un cas d'égalité des triangles, la propriété d'un diamètre à diviser un cercle en deux demi-cercles égaux et la propriété pour des droites parallèles de déterminer sur des sécantes quelconques des segments proportionnels. Thalès serait ainsi parvenu à mesurer la hauteur des Pyramides et la distance d'un navire en mer. Thalès astronome aurait affirmé que la Lune est éclairée par le Soleil (Aétius le doxographe, Placita, II, XXVII, 5) et prévu l'éclipse du 28 mai 585 avant notre ère (Hérodote Histoires I, 74). Thalès aurait voyagé en Egypte où il aurait donné une explication des crus du Nil par effet des vents étésiens et où il aurait appris la géométrie, fondée par les prêtres égyptiens nous disent Hérodote (Histoires II, 109) et Aristote (Métaphysique Livre A). Aristote considère Thalès comme le premier des philosophes et précise que son premier principe serait l'eau (Métaphysique A, 3). Sa doctrine constitue un des premiers essais de philosophie de la nature. La tradition le présente comme le plus sage de tous les hommes (Diogène Laërce I).

 

Aristote, Métaphysique A, 3 (Vrin).

Bréhier Emile, Histoire de la Philosophie (PUF).

Caratini Roger, Vent de Philo, Ed. Michel Lafon, Paris, 1997

Diogène Laërce, Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres (GF).

Hérodote, Histoires.

Paquet L., Roussel M., Lafrance Y., Les Présocratiques. Bibliographie analytique (1879-1980), 2 t., Paris, Montréal, 1988, 610 et 555 p., Collection d'études anciennes, Noésis. Le tome I traite Des Milésiens à Héraclite, le tome II va D'Alcméon aux auteurs de la Collection hippocratique. Cette bibliographie compte 4.590 articles et constitue un "extraordinaire instrument de travail" pour les historiens de la philosophie grecque.

Les penseurs grecs avant Socrate de Thalès de Milet à Prodicos. (GF).

Les Présocratiques, J.-P. Dumont éd., bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1988.

Presocratic Philosophers, Kirk G. S., Raven J. E. & Schofield L., choix de textes, Oxford, 1957, 7e éd., 1983 (trad. franç.: Les Philosophes présocratiques, Fribourg-Paris, 1995).

 

ANAXIMANDRE (vers 610-545 avant notre ère) Ami, disciple et successeur de Thalès. On lui attribue, sans doute à tort, l'invention du cadran solaire et il aurait été le premier cartographe. IL fut chargé d'établir une colonie à Apollonia sur la mer Noire dont il fut le premier législateur. Ses concitoyens lui élevèrent une statue dont on a retrouvé le socle. Il aurait écrit un livre que Théophraste aurait lu. Pour lui, le principe est nommé "illimité" ou infini (apeiron), car il renferme une infinité de réalités et de mondes possibles (Aristote, Métaphysique A, 3). Le processus de formation de notre univers repose sur la physique des contraires. Les éléments (eau, terre, feu, air) sont dérivés de l'apeiron selon le principe des contraires.

 

Aristote, Métaphysique A, 3 (Vrin).

Bréhier Emile, Histoire de la Philosophie (PUF).

Caratini Roger, Vent de Philo, Ed. Michel Lafon, Paris, 1997.

Conche M. Anaximandre, Paris, PUF, 1991

Diogène Laërce, Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres (GF).

Paquet L., Roussel M., Lafrance Y., Les Présocratiques. Bibliographie analytique (1879-1980), 2 t., Paris, Montréal, 1988, 610 et 555 p., Collection d'études anciennes, Noésis. Le tome I traite Des Milésiens à Héraclite, le tome II va D'Alcméon aux auteurs de la Collection hippocratique. Cette bibliographie compte 4.590 articles et constitue un "extraordinaire instrument de travail" pour les historiens de la philosophie grecque.

Les penseurs grecs avant Socrate de Thalès de Milet à Prodicos. (GF).

Les Présocratiques, J.-P. Dumont éd., bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1988.

Presocratic Philosophers, Kirk G. S., Raven J. E. & Schofield L., choix de textes, Oxford, 1957, 7e éd., 1983 (trad. franç.: Les Philosophes présocratiques, Fribourg-Paris, 1995).

 

 

ANAXIMÈNE (vers ~600 - entre ~528 et ~525) Les anciens font d'Anaximène le successeur d'Anaximandre qui aurait été son maître. Il aurait écrit un livre en dialecte ionique qui ne nous est pas parvenu. Il pose comme principe l'air, mais il ne s'éloigne pas par là du principe d'Anaximandre, l'air illimité ne fait que préciser la nature de l'infini. Les idées d'Anaximène sur la voûte céleste devaient influencer pendant longtemps les astronomes : l'air en se comprimant aux limites du monde et sous l'influence du feu qui dessèche et solidifie, constitue une voûte de cristal.

 

Aristote, Métaphysique A, 3 (Vrin).

Bréhier Emile, Histoire de la Philosophie (PUF).

Caratini Roger, Vent de Philo, Ed. Michel Lafon, Paris, 1997.

Diogène Laërce, Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres (GF).

Paquet L., Roussel M., Lafrance Y., Les Présocratiques. Bibliographie analytique (1879-1980), 2 t., Paris, Montréal, 1988, 610 et 555 p., Collection d'études anciennes, Noésis. Le tome I traite Des Milésiens à Héraclite, le tome II va D'Alcméon aux auteurs de la Collection hippocratique. Cette bibliographie compte 4.590 articles et constitue un "extraordinaire instrument de travail" pour les historiens de la philosophie grecque.

Les penseurs grecs avant Socrate de Thalès de Milet à Prodicos. (GF).

Les Présocratiques, J.-P. Dumont éd., bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1988.

Presocratic Philosophers, Kirk G. S., Raven J. E. & Schofield L., choix de textes, Oxford, 1957, 7e éd., 1983 (trad. franç.: Les Philosophes présocratiques, Fribourg-Paris, 1995).

 

 

Héraclite Raphael (autres images de Héraclite)

HÉRACLITE D'EPHESE dit "L'obscur" (~540 - ~480) Philosophe grec, Héraclite est un ionien d'Éphèse sur les bords de la mer Egée. A cette époque, la guerre civile sévit dans la ville. Issu, selon la légende, d'une famille de prêtres et de rois, il aurait renoncé aux titres et aux honneurs de sa classe. Diogène Laërce le dit orgueilleux et méprisant parce qu'il disait n'être le disciple de personne. On lui attribue un livre, De l'Univers, dont ne nous sont parvenus que 130 fragments épars, écrits dans un style poétique. C'est dire toute la difficulté de la compréhension de sa pensée, qui a valu à Héraclite le surnom d'Obscur, attribué par Socrate puis Aristote. Trois thèmes se dégagent des multiples interprétations possibles :

&emdash; la recherche d'un fondement unique du monde comme totalité,

&emdash; l'unité des contraires,

&emdash; l'écoulement des choses.

Recherchant les principes matériels du monde, il considère les éléments premiers (la terre, l'eau, l'air, le feu) et fait du feu le principe parce que tout n'est que transformation du feu : à l'origine du Tout était le feu , le feu se transforma en mer, et la moitié de la mer devint la terre.

Au fondement du monde, l'opposition des contraires, le mouvement universel et le retour perpétuel des choses selon un cycle. Si tout s'oppose, l'amour et la haine, la guerre et la paix, le silence et la parole... les contraires, dans leur opposition même, sont toutefois embrassés par l'unité : " Jour et la Nuit ! Car Jour et Nuit c'est Un. ", " Ce qui est contraire est utile et c'est de ce qui est en lutte que naît la plus belle harmonie, tout se fait par discorde. (Fragment 8)"

L'Un se faisant multiple, le Tout est, quoique éternel, en perpétuel devenir. Ainsi, tout est mouvement : " Nous nous baignons et nous ne nous baignons pas dans le même fleuve (Fragment 12). " Dès lors la raison est à la fois mouvement et pensée du mouvement, elle est donc le lieu des contradictions et de leur dépassement en harmonie. On soutient alors le principe du même et de l'autre dans l'unité de leur opposition : principe fondamental de l'unité des contraires et du changement perpétuel. Ce principe est celui par lequel on oppose souvent Héraclite à Parménide et à sa théorie de l'Etre un, immuable, homogène, indivisible et éternel.

Ainsi, Héraclite est l'inventeur de la pensée dialectique. Dans une certaine mesure, les idées d'Héraclite ont influencé Platon et la philosophie stoïcienne. Après quelques siècles d'oubli, la pensée héraclitéenne a resurgi chez Hegel, qui prétend l'intégrer totalement à son propre système et chez Nietzsche.

 

Axelos K., Héraclite et la philosophie, Minuit, Paris, 1962

Bréhier Emile, Histoire de la Philosophie (PUF).

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Caratini Roger, Vent de Philo, Ed. Michel Lafon, Paris, 1997.

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Detienne M. Homère, Hésiode et Pythagore, Bruxelles, 1962.

Diels H. & Kranz W., éd., Die Fragmente der Vorsokratiker (en grec et en allemand), Weidmann, Berlin, 1922, nombreuses rééd.

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Guthrie W. K. G., A History of Greek Philosophy, Cambridge Univ. Press, t. I, 1962, t. II, 1965.

Heidegger M. & Fink E., Heraklit (séminaire 1966- 1967), Klastermann, Francfort, 1970.

Held K., Heraklit, Parmenides und der Anfang von Philosophie und Wissenschaft, De Gruyter, Berlin, 1980.

Jeannière A., La Pensée d'Héraclite d'Éphèse, Aubier, Paris, 1959, 3e éd. 1985.

Kirk G. S., Heraclitus. The Cosmic Fragments (en grec et anglais), 2e éd., Cambridge Univ. Press, 1957, rééd. 1963.

Marcovich M., Heraclitus (textes en grec et en anglais), Los Andes Univ. Press, Mérida (Venezuela), 1967.

Mondolfo R. & Taran L., Eraclito, La nuova Italia, Florence, 1972

Nietzsche, La Naissance de la philosophie à l'époque de la tragédie grecque, (Idées/Gallimard).

Nietzsche, Les philosophes préplatoniciens, (Ed. L'éclat).

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Pollack J. & Wismann H., Héraclite, ou la Séparation, ibid., 1972

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Ramnoux Clémence, Héraclite ou l'homme entre les choses et les mots , Les Belles Lettres, Paris, 1959, rééd. 1968.

Roussos E., Heraklit (bibl. complète), Darmstadt, 1971

Snell B., Die Entdeckung des Geistes, Claassen, Hambourg, 1955; Heraklit. Fragmente, 10e éd. Artemis, Munich, 1989

Sournia A., Héraclite ou l'Intuition de la science, Muséum nat. hist. natur., Paris, 1982

Walzer R., Eraclito, Sansoni, Florence, 1939.

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ÉCOLE PYTHAGORICIENNE Fondée par Pythagore cette école ressemble à une secte ; les disciples y mènent une vie de type monastique.

Pythagore (Autre image)

PYTHAGORE (570?- 490?) Il serait né à Samos (Ionie). Il aurait rencontré en Perse le sage Zaratas (Zoroastre ?) On ne sait pourquoi il vint en Italie. Il fonde, vers 530, une école à Crotone où la vie est de type monastique : on pourrait même parler d'une secte. Nous ne connaissons que fort peu de chose sur sa vie ; Diogène Laërce se contente de raconter sa légende avec beaucoup d'obscurités. La doctrine pythagoricienne lie mathématique et mystique : la réalité est formée par le nombre et l'Univers est gouverné par l'harmonie. Ainsi, pour Pythagore, le nombre est l'essence de toutes choses et toutes les choses sont des nombres. Des communautés pythagoriciennes vont se développer, jusqu'au premier siècle, en un mouvement religieux, moral et politique.

 

Bréhier Emile, Histoire de la Philosophie (PUF).

Burkert W., Weisheit und Wissenschaft. Studien zu Pythagoras, Philolaos und Platon, Nuremberg, 1962.

Caratini Roger, Vent de Philo, Ed. Michel Lafon, Paris, 1997.

CarcopinoJ., De Pythagore aux Apôtres, Flammarion, Paris, 1956.

Caveing M., La Constitution du type mathématique de l'idéalité dans la pensée grecque, Presses univ. de Lille, 1982

Delatte A., Études sur la littérature pythagoricienne, Paris, 1915, réimpr. Slatkine, Genève, 1974.

Delatte A., Essai sur la politique pythagoricienne, Paris-Liège, 1922, réimpr. Slatkine 1979

Delatte A. La vie de Pythagore de Diogène Laërce, Bruxelles, 1992.

Detienne M. Homère, Hésiode et Pythagore, Bruxelles, 1962.

Detienne M., "La Cuisine de Pythagore", in Archives de sociologie des religions, no 29, 1970; Les Jardins d'Adonis, Gallimard, Paris, 1972

Diogène Laërce, Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres (GF).

Von Fritz K., Dôrrie H. & Van Der Waerden M. L. B., «Pythagoras», «Pythagoreer», « Pythagorismus», in Real-Enzyklopädie der Altertumswissenschaft, Stuttgart, 1963.

Mattéi J.-F., Pythagore et les pythagoriciens, coll. Que sais-je?, P.U.F., Paris, 1993.

Michel.P-H., De Pythagore à Euclide, Les Belles Lettres, Paris, 1950.

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Raven J. E., Pythagoreans and Eleatics, Chicago, 1948.

Van Der Waerden B. L., Die Pythagoreer, Zurich, 1979

De Vogel C. J., Pythagoras and Early Pythagoreanism, Assen, 1966.

Les penseurs grecs avant Socrate de Thalès de Milet à Prodicos. (GF).

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Presocratic Philosophers, Kirk G. S., Raven J. E. & Schofield L., choix de textes, Oxford, 1957, 7e éd., 1983 (trad. franç.: Les Philosophes présocratiques, Fribourg-Paris, 1995).

 

 

PHILOLAOS (fin VIe-déb. Ve s. av. notre ère). Philolaos, originaire de la ville de Crotone en Italie du Sud (Diogène Laërce), fut l'un des élèves directs de Pythagore (catalogue de Jamblique « La Vie pythagorique. Après l'incendie de l'école pythagoricienne par les Cyloliens, Philolaos se rendit à Thèbes, où il eut Platon pour auditeurs. Il semble que Platon ait entendu Philolaos et Eurytos en Grande-Grèce où il séjourna et que, selon une tradition, il ait acheté, pour un prix très élevé (100 minos), le livre de Philolaos qui devait lui servir dans la rédaction du Timée.

Selon Jamblique, Philolaos aurait été le premier à classer les grandeurs géométriques selon le nombre de leurs dimensions en représentant le point par le nombre 1, la ligne par 2, la surface par 3 et le volume par 4. Dans cette même symbolique, 5 représentait les qualités et les couleurs ; 6 l'âme ; 7 l'esprit, la santé et la lumière ; 8 l'amitié et l'amour, tandis que 10 (la somme des nombres de la tétractys 1 + 2 + 3 + 4) était le nombre parfait par excellence. Ainsi, "tout est connaissable par le nombre et rien ne peut être connu ou même conçu sans lui" (Philolaos "Sur la nature", fragments)

Pour Philolaos le centre de l'Univers est le Feu central ; autour de ce dernier gravite d'abord l'Anti-Terre, puis la Terre. Une telle conception de la rotation de la Terre rendait compte du lever et du coucher des astres, mais Philolaos n'envisageait pas une rotation de la Terre sur son axe. Après la Terre, viennent pour lui la Lune, le Soleil et enfin les cinq planètes : Vénus, Mercure, Mars, Jupiter et Saturne. Il y avait donc en tout dix corps célestes complétant la tétractys.

 

 

Empédocle, Gravure sur bois,H.Schedel.

EMPÉDOCLE (484 ? -424) Empédocle d'Agrigente (Sicile) que Platon désigne par l'expression "les muses de Sicile" a été considéré comme un véritable mage, guérisseur des âmes et du corps. Aristote parlant de ses poèmes (Rhétorique III) emploie les expressions de "splendeur incantatoire et magique" et de "circonvolutions équivoques". Porte-parole des démocrates de sa cité, il lutte contre la tyrannie avant d'être exilé et de se réfugier dans le Péloponnèse. Une légende affirme qu'il se serait précipité dans le cratère de l'Etna. La philosophie d'Empédocle se trouve exposée en deux longs poèmes : De la nature et Les purifications. Inspirée par l'école pythagoricienne, sa doctrine articule les quatre racines des choses : le feu, l'air, l'eau et la terre. Toutes les choses sont un mélange adéquatement dosé de ces quatre éléments. Tout changement provient de la séparation ou de la combinaison des éléments par deux forces supramatérielles, l'Amour et la Haine. Son poème de la nature est riche en observations biologiques et médicales (en particulier sur le fœtus) et Galien en fera le fondateur de l'école italienne de médecine.

 

Empédocle, Poetarum philosophorum fragmenta, éd. H. Diels, Berlin, 1901.

Aristote, Physique, 250 b

Bignone E., Empedocle. Studio critico, traduzione e commento delle testimonianze e di frammenti, Turin, 1916

Bollack J., Empédocle, t. I : Introduction à l'ancienne physique, éd. de Minuit, Paris, 1965 ; t. II: Les Origines. Édition critique et traduction des fragments et des témoignages, Minuit, Paris, 1969 ; t. III: Les Origines. Commentaire, 2 vol., Paris, 1969, rééd. in extenso Gallimard 1992

Bréhier Emile, Histoire de la Philosophie (PUF).

Brien D. O., Empedocle's Cosmic Cycle, Cambridge Univ. Press, 1969; Pour interpréter Empédocle, Les Belles Lettres, Paris, 1981

Caratini Roger, Vent de Philo, Ed. Michel Lafon, Paris, 1997.

Brun Jean, Empédocle

Diogène Laërce, Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres (GF).

Kranz W., Empedokles. Antike Gestalt und romantische Neuschöpfung, Zurich, 1949.

Lucrèce, De Natura Rerum, I, v. 714 et suivants.

Luth J. C., Die Struktur des Wirklichen im empedokkischen system «Über die Natur», A. Hain, Meisenheim am Glan, 1970.

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Les Présocratiques, J.-P. Dumont éd., bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1988.

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ÉCOLE D'ELÉE (Élée est une colonie grecque de l'Italie du sud, en Lucanie, au bord de la Méditerranée. L'école fut fondée au VI° siècle par Xénophane.

 

Parménide

PARMÉNIDE (544 ?-450 ?) Né à Elée au Ve siècle avant notre ère, Parménide aurait été initié à la philosophie par un pythagoricien. La tradition le considéra également comme un disciple de Xénophane de Colophon. On croit qu'il fit partie d'une secte ou d'une communauté médicale, et qu'il rédigea les lois de sa ville natale. Les fragments de son œuvre philosophique dont nous ne possédons plus que cent soixante vers, De la nature, n'ont cessé de provoquer l'admiration : Platon, Aristote, Plotin, Simplicius et Heidegger plus récemment. Le principe de sa philosophie : l'être est, le non-être n'est pas (Fragment VI). Il enseigne la sphéricité de la terre et l'identité de l'étoile du soir et de l'étoile du matin.

 

Aubenque P. (sous la direction de), Etudes sur Parménide, 2 vol., Paris, Vrin, 1988.

Beauffret J., Le Poème de Parménide, P.U.F., Paris, 1955.

Bormann K., Parmenides. Untersuchungen zu den Fragmenten, F. Meiner, Hambourg, 1971

Bréhier Emile, Histoire de la Philosophie (PUF).

Brochard Victor, Etudes de philosophie ancienne et moderne (Les arguments de Zénon).

Caratini Roger, Vent de Philo, Ed. Michel Lafon, Paris, 1997.

Cleve F. M., The Giants of Presophistic Philosophy, Nijhoff, La Haye, 1965.

Collobert C., L'Être de Parménide, ou le Refus du temps, Kimé, Paris, 1993

Cordero N.-L. Les deux chemins de Parménide, Paris, Bruxelles, Vrin-Ousia, 1984.

Couloubaritsis L., Mythe et philosophie chez Parménide, Paris, Bruxelles, Vrin-Ousia, 1986.

Diels H. & Kranz W., Die Fragmente der Vorsokratiker (en grec et en allemand), Weidmann, Zurich-Berlin, 1964, Hambourg, 1967

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Heitsch E., Parmenides. Die Anfang der Ontologie. Logik und Naturwissenschaft, Beck, Munich, 1974

Held K., Heraklit, Parmenides und die Anfang von Philosophie und Wissenschaft, de Gruyter, Berlin-New York, 1980

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Luria S., Anfänge Griechischen Denkens, trad. du russe, Berlin Akademie Verlag, Berlin-Est, 1963

Mondolfo R., L'Infinito nell pensiero dell antichità classica, «La Nuova Italia», Florence, 1956

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Ramnoux C., Parménide et ses successeurs immédiats, éd. du Rocher, Paris-Monaco, 1979

Reinhardt K., Parmenides und die Geschichte der griechischen Philosophie, «Cohen», Bonn, 1916, rééd. 1959

Rosset C., Principes de sagesse et de folie, Minuit, Paris, 1991

Taran L., Parmenides, éd. critique en grec et en anglais, Princeton Univ. Press, 1965

Untersteineru M., Parmenide, Testimonienze e Fragmenti (en grec et en italien), «La Nuova Italia», 1958

Verdenius W. J., Parmenides, Some Comments on His Poem, Hakkut, Amsterdam, 1954-1969

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  Zénon d'Elée

ZÉNON D'ÉLÉE (490-430) Disciple de Parménide, Diogène Laërce dit qu'il fut aussi son fils adoptif et son mignon. D'après un témoignage de Platon, il serait venu à Athènes, avec son maître Parménide, et aurait rencontré Socrate jeune (vers 450). Il méprisait les puissants, se révolta contre la tyrannie et supporta avec vaillance la torture. Il ne nous reste de son œuvre que quelques fragments. Plus logicien que mathématicien, à la suite de Parménide, il fit une critique sévère de la conception des nombres dans la pensée pythagoricienne. Pour réfuter l'évidence sensible il s'attacha à démontrer par quatre arguments paradoxaux l'impossibilité du mouvement :

&emdash; Argument de la dichotomie ou de la division par deux : " Tu ne peux pas arriver à l'extrémité d'un stade. Tu ne peux pas franchir en un temps fini un nombre de point infini. Tu es obligé de franchir la moitié d'une distance donnée quelconque avant de franchir le tout, et la moitié de cette moitié avant de franchir celle-ci. Et ainsi de suite ad infinitum ; de sorte qu'il y a un nombre infini de points dans n'importe quel espace donné, et tu ne peux en toucher un nombre infini l'un après l'autre en un temps fini. "

&emdash; Argument d'Achille et de la tortue : " Achille ne rattrapera jamais la tortue. Il doit d'abord atteindre le lieu d'où la tortue est partie. Pendant ce temps la tortue aura pris une certaine avance. Achille doit alors la regagner, et la tortue à nouveau reprendra de l'avance. Il s'en rapproche toujours, mais ne la rattrape jamais. "

&emdash; Argument de la flèche immobile dans son mouvement : " La flèche qui vole est au repos. Car si chaque chose est en repos quand elle occupe un espace égal à elle-même, et si ce qui vole occupe toujours, à tout moment, un espace égal à lui-même, il ne peut se mouvoir. "

&emdash; Argument du stade où joueurs et spectateurs ne vivent pas dans le même temps : " La moitié du temps peut être égale au double du temps. Supposons trois rangées de corps dont l'une (A) est au repos tandis que les deux autres (B et C) se meuvent avec des vitesses égales dans des directions opposées. Lorsque les trois rangées sont au même niveau, B aura passé devant deux fois plus de corps de la rangée C que de la rangée A. C'est pourquoi le temps nécessaire pour passer devant C est deux fois plus long que celui qui est nécessaire pour passer devant A. Mais le temps nécessaire pour que B et C atteignent la position A est le même. Conclusion : le double du temps est égal à la moitié. "

Aristote (Physique, Livre VI) a montré que ces arguments n'étaient que des paralogismes (faux raisonnements) mais les crises des mathématiques et de la physique (XIXe et XXe) dont les origines viennent précisément de l'élaboration des concepts de continu et d'infini, de temps et d'espace et de la réflexion sur les fondements des principes des mathématiques et de la physique, manifestent la clairvoyance et la pertinence des conseils de Zénon.

 

Aristote, Physique, Livre VI,9 (traduction de Brunet).

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ECOLE D'ABDÈRE Les atomistes

 

LEUCIPPE (Début du V° siècle) Originaire de Milet. Disciple de Zénon d'Élée. De Leucippe et de sa vie, nous ne savons presque rien (Epicure nie qu'il ait existé) sinon qu'il enseignait que les principes qui permettent de rendre compte de la réalité sont les atomes (étymologiquement : insécable) et le vide. On pense qu'on peut voir là une transposition de l'être et du non-être des éléates. On le connaît surtout par le témoignage de Théophraste (Opinions).

 

Bréhier Emile, Histoire de la Philosophie (PUF).

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Démocrite, par Bramante, La Brera, Milan. (autre image)

DÉMOCRITE (vers ~460 - vers ~370). Elève de Leucippe (?) et originaire d'Abdère (une colonie grecque de la côte Thrace), il est la figure marquante de l'école des abdéritains qu'il fonde vers 420. Après une jeunesse distraite et voyageuse Démocrite revient se fixer à Abdère, entouré de l'estime que ses contemporains portaient à un grand savant. On retient de sa vie un séjour incognito à Athènes, à l'Académie de Platon et une visite que lui aurait rendue le médecin Hippocrate. Démocrite et Hippocrate auraient écrit un roman par lettres : cette littérature serait à l'origine de la légende qui dit que Démocrite riait de tout, alors qu'Héraclite pleurait. Il est de tous les présocratiques celui dont il subsiste le plus de fragments (il aurait composé une œuvre encyclopédique : une cinquantaine d'ouvrages). Sa célébrité dépassait celle de Platon et égalait celle d'Aristote. Il enseignait que les principes d'où toutes choses dérivent sont l'être et le non-être, c'est-à-dire, les atomes et le vide. Ils sont les seuls à exister réellement. Mais réellement signifie : pour la pensée qui les conçoit, ou encore qui leur assigne la fonction de cause. Epicure s'inspira, en le modifiant, de son atomisme.

 

Démocrite, Doctrines et réflexions morales, M. Solovine éd., Paris, 1928.

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LES IMMIGRÉS À ATHÈNES

 

Anaxagore, Gravure sur bois,H.Schedel.

ANAXAGORE (vers 500-428) Né à Clazomènes, une cité un peu au nord de Milet où il a été formé à la philosophie ionienne qu'il introduisit à Athènes. Admiré par Périclès, mais vivant à l'écart des préoccupations politiques, il subit la disgrâce de son ami : accusé de blasphémer contre les dieux de l'Olympe et, en particulier, d'enseigner que le Soleil était une pierre embrassée et que la Lune était une sorte de Terre habitée, il se réfugia à Lampsaque où il mourut. Sa philosophie est, avant la lettre, une physique et on le désigne souvent comme le maître naturaliste de Socrate (?). Il enseignait que "rien ne naît ni n'est détruit".

 

Anaxagore (textes d'), in H. Diels, Die Fragmente der Vorsokratiker, vol. II, 7e éd. revue par W. Kranz, Berlin, 1954.

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LES SOPHISTES A l'origine le mot sophiste désigne les sages. Les sophistes sont des contemporains de Socrate, au milieu du V° siècle avant notre ère. Ce sont des maîtres de rhétorique qui ont instruit les grecs en leur apportant l'art d'argumenter afin de persuader les autres et de pouvoir satisfaire ses besoins et intérêts dans la vie sociale. L'art oratoire vise à la production d'un discours efficace capable de triompher devant les tribunaux ou les assemblées. Cet art oratoire n'est pas aussi négatif que Platon voudrait nous le faire croire. La forme n'est-elle pas productrice de sens ?

Les Sophistes, Fragments et témoignages, trad. J.-P. Dumont, Paris, 1969

 

PROTAGORAS (vers 485-vers 410) Originaire d'Abdère. Il commença par être portefaix et simple journalier. La vie de Protagoras se déroule entre la Grande-Grèce et Athènes où, ami de Périclès, il fit de nombreux séjours. Vers 444, à Thurium (ancienne Sybaris en Italie du sud), il est chargé de rédiger la nouvelle constitution de la cité. Sa réflexion et son action politique s'opposent aux intentions conservatrices des pythagoriciens de Crotone. Son œuvre d'après Platon et Diogène Laërce semble avoir été fort abondante : De la république, Des mathématiques, De l'ambition, Des vertus, De la vérité et des dieux. Son Traité des dieux, agnostique, lui valut une accusation d'impiété : son livre fut brûlé et on le condamna à l'exil. Il mourut dans un naufrage dans son voyage d'exil vers la Sicile. Elève de Démocrite dont il reprend l'atomisme, Protagoras réduit la réalité au sensible : "L'homme est la mesure de toute chose", et l'âme n'est rien de plus que les sens.

 

Bréhier Emile, Histoire de la Philosophie (PUF).

Caratini Roger, Vent de Philo, Ed. Michel Lafon, Paris, 1997.

Diogène Laërce, Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres (GF).

Dupréel E., Les Sophistes, Neuchâtel, Griffon, 1948.

Paquet L., Roussel M., Lafrance Y., Les Présocratiques. Bibliographie analytique (1879-1980), 2 t., Paris, Montréal, 1988, 610 et 555 p., Collection d'études anciennes, Noésis. Le tome I traite Des Milésiens à Héraclite, le tome II va D'Alcméon aux auteurs de la Collection hippocratique. Cette bibliographie compte 4.590 articles et constitue un "extraordinaire instrument de travail" pour les historiens de la philosophie grecque.

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Platon, Protagoras (GF).

Les Présocratiques, J.-P. Dumont éd., bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1988.

Presocratic Philosophers, Kirk G. S., Raven J. E. & Schofield L., choix de textes, Oxford, 1957, 7e éd., 1983 (trad. franç.: Les Philosophes présocratiques, Fribourg-Paris, 1995).

Les Sophistes, Fragments et témoignages, trad. J.-P. Dumont, Paris, 1969

 

 

GORGIAS (v. 487-v. 380) Rhéteur, philosophe et ambassadeur, originaire de Léontium en Sicile (Près de Syracuse), il apprit d'Empédocle la rhétorique ; il fut le maître de l'historien Thucydide. Il est le plus glorieux, le plus célèbre et le plus riche des sophistes. Il vécut jusqu'à 109 ans. Les méchancetés proférées par Platon sur Gorgias ne doivent pas nous faire oublier que l'essor qu'il donne à la rhétorique se fonde sur une théorie du langage, elle-même dérivée d'une théorie de l'être, ou plutôt du non-être, qui libère le discours de toute contrainte et le rend maître de la réalité.

 

Diogène Laërce, Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres (GF).

Dupréel E., Les Sophistes, Neuchâtel, Griffon, 1948.

Paquet L., Roussel M., Lafrance Y., Les Présocratiques. Bibliographie analytique (1879-1980), 2 t., Paris, Montréal, 1988, 610 et 555 p., Collection d'études anciennes, Noésis. Le tome I traite Des Milésiens à Héraclite, le tome II va D'Alcméon aux auteurs de la Collection hippocratique. Cette bibliographie compte 4.590 articles et constitue un "extraordinaire instrument de travail" pour les historiens de la philosophie grecque.

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Platon, Gorgias (GF).

Vollgraff W., L'Oraison funèbre de Gorgias, Leyde, 1952.

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Les Sophistes, Fragments et témoignages, trad. J.-P. Dumont, Paris, 1969

 

 

Nous vous invitons à compléter ce tableau :

 

Site philosophique de l'Académie de Lyon