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II O beaus yeus bruns, ô regars destournez, O tristes pleins, ô
desirs obstinez, O ris, ô front,
cheveus, bras, mains et doits : De toy me plein, que tant
de feus portant,
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2 Ô beaux yeux bruns, ô regards
détournés, Ô tristes plaintes, ô désirs
obstinés, Ô rires, ô front, cheveux, bras, mains et
doigts ! Je me plains de ce que, alors que tu portais tant de feux,
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Ce poème est le second de la page
112 des Oeuvres de 1555.
Versification
Quatrains : Notez la confusion énonciative. Qui soupire ? Qui pleure ?, etc. L'indécidabilité, signe de l'aliénation ou d'une fusion amoureuse rêvée, se redouble du fait que l'on ne sait pas qui a écrit les quatrains. Voir sonnet XVII. Vers 9 : Louise épelle le corps de l'aimé. Ce trait est rare dans la littérature féminine. Vers 11 : Le mot « femelle » n'a pas le sens péjoratif d'aujourd'hui. Le suffixe est un diminutif, qui s'oppose au nombre de feux allumés par le séducteur. Vers 11 : « Quelque étincelle » est sujet du verbe « est volé ». Vers 11-14 : Le feu d'amour est un thème pétrarquiste classique. Second tercet : Autre traduction possible : « Je me plains de ce que "quelque étincelle" n'ait point volé sur toi alors que je porte, moi, tant de feux et que je peux sentir (en ?) mon coeur tant d'endroits où ces feux apparaissent. » (Magnard, Textes et contextes XVIe-XVIIe siècle, p. 194) Vous pouvez lire une parodie de ce texte sous la plume de du Bellay. | |