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[...] Le procureur du Roi disait que depuis trois ou quatre mois en ça, lesdits compagnons imprimeurs se seraient débauchés et auraient laissé et discontinuer ledit train d'imprimerie, et par manière de monopole tous ensemble auraient laissé leur besogne et débauché grand nombre des autres compagnons et apprentis, les menaçant de battre et mutiler s'ils besognaient et ne laissaient ladite oeuvre et imprimerie comme eux ; tellement que ledit art d'imprimerie serait laissé et discontinué puis quatre mois en çà, et est en doute d'être du tout aboli, au grand dommage et détriment de la chose publique, attendu que c'était un des beaux trains et manufactures de ce royaume, voire de chrétienté, qui a coûté beaucoup à l'attirer et faire venir en cette dite ville. Et seraient lesdits compagnons imprimeurs et apprentis vagants et comme vagabonds en cette dite ville de Lyon jour et nuit, la plupart d'eux portant épées et bâtons invisibles et faisant plusieurs excès contre lesdits maîtres et autres ainsi que disait et maintenait et disait monsieur le procureur du roi qui disait davantage que lesdits compagnons sont monopolés et font serments et promesses illicites, entre autres de cesser oeuvre quand l'un d'eux veut cesser, et ne besogner si tous ne sont pas d'accord -, et que pis, souvent se sont rebellés contre justice et les sergents et officiers d'icelle, ont battu le prévôt et sergents jusques à mutilation et effusion de sang [...] Extrait de la sentence de la Sénéchaussée ; Archives municipales de Lyon. Cité in Histoire du Lyonnais par les textes, p. 70-71 |