|
Lyon est une ville pieuse; près de la
moitié de l'espace urbain dépend d'une abbaye. Les
principales sont le Chapitre de Saint-Jean, le couvent des
Cordeliers où l'argent des marchands qui en ont fait
leur lieu de dévotion permet de construire la belle
chapelle Saint-Bonaventure de style gothique, et
Notre-Dame de Confort, au débouché
de la rue des imprimeurs. Dans l'enclos de ce couvent se produisent
des prédicateurs exaltés qui ont grand
succès.
Ville d'imprimeurs et de
libraires souvent originaires d'Allemagne, ouverte très
tôt à l'humanisme, Lyon fut
sensible aux idées de la Réforme. Les
thèses de Luther et Calvin y trouvèrent bon accueil,
d'autant que la soeur du Roi, Marguerite
d'Alençon, qui séjournait souvent en la ville, y
était favorable.
La répression contre les
réformés ne se produira qu'après 1538 et
tournera, à partir de 1548, à la persécution :
plusieurs hérétiques furent brûlés place
de Confort. Étienne Dolet, imprimeur ami de Rabelais, avait
été condamné au bûcher à Paris en
1542 malgré la protection du Roi.
En 1562, alors qu'ont commencé les guerres de
religion, la ville est brièvement occupée par les
troupes protestantes. Les églises sont pillées,
plusieurs couvents sont détruits mais la ville n'est pas mise
à sac et on déplore peu de victimes.
En 1572, la Saint-Barthélémy de Lyon
n'aura heureusement pas la violence de son homologue parisienne. On
écrivit pourtant que des centaines de cadavres
flottèrent jusqu'à Avignon.
|