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Publié : 4 mars 2012

La ville, lieu de fracture sociale et spatiale

Préambule

Dans le Thème 2 du programme de géographie de première générale, la leçon intitulée "La France en ville" invite à s’intéresser aux phénomènes de différenciation spatiale et sociale qui se manifestent au sein des agglomérations urbaines.

Pourquoi ne pas le faire à partir d’un exemple concret ? L’agglomération lyonnaise s’y prête bien.
Mon propos est de fournir ici un jeu de données actualisées et facilement utilisables pouvant permettre une utilisation pédagogique.

Démarche pédagogique

Plusieurs démarches sont envisageables. Pour ma part, faute de temps, j’ai utilisé ces données en classe entière à l’aide d’un vidéoprojecteur. Après un dialogue avec la classe, les élèves devaient produire un schéma des contrastes sociaux au sein de l’agglomération lyonnaise. On pourrait également proposer aux élèves de travailler en salle informatique. Le fichier est alors sur le réseau pédagogique. Guidés par un questionnaire, ils doivent également aboutir à un schéma. Après avoir donné une demi-heure aux élève pour produire un schéma des contrastes sociaux dans l’agglomération lyonnaise, on numérise rapidement (avec un téléphone portable ou un appareil photo numérique) quelques productions d’élèves que l’on discute ensuite avec la classe au vidéo projecteur. C’est l’occasion de travailler le fond comme la forme du schéma en géographie. Ensuite, il est possible de proposer une correction aux élèves. (Voir proposition jointe)

Spontanément nous savons que les catégories sociales ne sont pas uniformément réparties dans l’espace urbain : il y a des quartiers pauvres et des quartiers riches...
- peut-on mesurer ces inégalités sociales ?
- pour cela il faut des indicateurs quantifiables. Lesquels ?
- il en existe de nombreux, nous allons en choisir un certain nombre :

  • les revenus
  • niveau de diplômes (en général plus une personne est diplômée plus elle a des revenus élevés)
  • la PCS du chef de famille

Avec ces indicateurs, on va s’intéresser à l’agglomération lyonnaise.

Quelles sont les limites de l’agglomération lyonnaise ?

L’INSEE propose deux définitions :

  • une définition qui repose sur la continuité de l’habitat : est considérée comme agglomération un ensemble d’une ou plusieurs communes présentant une continuité du tissu bâti (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. La condition est que chaque commune de l’unité urbaine possède plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
  • une définition qui repose sur l’emploi : est considérée comme aire urbaine un ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

L’exemple de l’agglomération lyonnaise permet de constater un contraste dans la répartition des populations selon leur revenu. Ce contraste est double :
- un contraste Est/Ouest : les populations les plus pauvres étant localisées à l’Est
- un contraste centre/périphérie : on observe une couronne entre 5 et 25 km autour de Lyon qui abrite des populations plus aisées. Au-delà de 30 km les communes abritent des populations plus pauvres

Comment expliquer cet inégale répartition selon les revenus ?
- l’Est lyonnais est composée de communes où se sont installées des nombreuses entreprises industrielles et où ont été construits dans les années 1960-70 de grands ensembles d’habitations à loyers modérés => elles abritent aujourd’hui encore des populations à faible revenus => contraste E/O
- le contraste centre/périphérie reflète l’augmentation du prix du logement plus on se rapproche du centre. L’auréole constituée par les communes entre 5 et 30 km du centre de Lyon abritent essentiellement des populations qui ont les moyens d’acheter ou louer un logement relativement cher. Au-delà des 30 km du centre on voit réapparaître des communes où la part des ménages non-imposables augmente.

Contrairement à une idée reçue, souvent véhiculée par les médias, les populations les plus pauvres ne se trouvent pas seulement dans les grands ensembles de certaines communes de la proche banlieue mais aussi dans les communes rurales de plus en plus éloignées du centre des grandes agglomérations.

Mise en œuvre

1) Utiliser Quantum GIS

Cette séquence peut être l’occasion d’un travail des élèves en salle informatique avec un logiciel SIG. Cela suppose :

  • que Quantum GIS ai été installé sur le réseau pédagogique de l’établissement
  • que le dossier contenant les données ait été déposé dans un répertoire du réseau
  • que les élèves disposent d’une fiche de consignes

Vous pouvez également utiliser Quantum GIS en classe entière avec un vidéoprojecteur. L’intérêt est

  • de familiariser les élèves avec les fonctionnalités d’un SIG
  • de pouvoir faire des requêtes attributaires ou spatiales en temps réel

Si vous souhaitez adopter cette approche, il vous faut télécharger et installer Quantum GIS (voir la page du site dédiée à ce logiciel) et télécharger les données nécessaires sur le site académique.

2) Utiliser un fichier PDF

Les données se présentent sous forme d’un fichier au format PDF produit avec le logiciel SIG ArcGIS 9. Ce fichier est à l’échelle de la région Rhône-Alpes et contient différentes couches de données. Il peut être lu avec le lecteur Acrobat Reader distribué gratuitement. En utilisant la barre latérale gauche du lecteur Acrobat Reader, il est possible d’afficher ou non les couches en les cochant ou décochant. L’outil "zoom" du lecteur permet d’aller voir de plus près telle ou telle zone de la région Rhône-Alpes et notamment de se focaliser sur l’agglomération lyonnaise.

Les différentes couches de données contenues dans le fichier sont les suivantes :
- pourcentage de cadres et professions intellectuelles supérieures par commune en 2008
- pourcentage de titulaires d’un diplôme supérieur à bac + 2 par commune en 2008
- pourcentage de foyers fiscaux non-imposables par communes en 2008
- communes dont le revenu moyen des foyers fiscaux imposables est supérieur au revenu moyen régional des foyers fiscaux imposables
- communes dont le revenu moyen des foyers fiscaux imposables est supérieur de 25 % au revenu moyen régional des foyers fiscaux imposables
- limites des départements de la région Rhône-Alpes
- noms des départements de la région Rhône-Alpes
- cours d’eau
- contour de l’agglomération de Lyon en 2012 selon la définition de l’INSEE
- contour de l’aire urbaine de Lyon en 2012 selon la définition de l’INSEE
- contour de la commune de Lyon
- localisation sous forme de points des principales villes de la région Rhône-Alpes
- noms des principales villes de la région Rhône-Alpes