Berlin : une approche par le roman.
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On se propose ici « d’entrer » dans la ville de Berlin à travers la production romanesque.

Cela peut être un moyen d’appréhender Berlin comme un univers, comme un labyrinthe, comme un espace construit ou déconstruit, avec le soutien d’une narration, de lieux et de personnages donnant corps à cette réalité complexe.

Berlin : une ville « romanesque »

Le roman d’espionnage

L’imaginaire collectif associe particulièrement le Berlin de l’Après-guerre au monde du secret lié à l’espionnage, aux opérations clandestines, et à la tension Est-Ouest. La lecture de « romans d’espionnage », outre l’exploration d’un genre, ouvre des « portes » donnant sur Berlin, ville qui symbolise alors les enjeux de la guerre froide. Voici quatre romans d’espionnage publiés entre 1963 et 2011.

  • John LE CARRE, L’Espion qui venait du froid, 1963.
  • Ian MAC EWAN, L’Innocent, 1990, (adapté au cinéma par John Schlesinger en 1993)
  • Joseph KANON, The Good German (L’Ami allemand) (2001), (adapté au cinéma par Steven Soderbergh en 2006).
  • Alain ROBBE-GRILLET, La Reprise, 2001.
  • Douglas KENNEDY, The Moment, (Cet instant-là), 2011.

Enfin, un roman relevant plutôt du genre du polar et dont l’action débute pendant l’hiver 44, alors que Berlin, soumis aux bombardements aériens, se transforme en champ de ruines :

  • R. BIRKEFELD et G. HACHMEISTER, Deux dans Berlin (Le Masque, 2006).
  • Pour retrouver avec plaisir les codes du film d’espionnage, on pourra revoir Mes Funérailles à Berlin (Funeral in Berlin) (1969), film britannique de Guy Hamilton, (le réalisateur de plusieurs James Bond), avec Michael Caine dans le rôle de l’espion Harry Palmer. Plusieurs extraits sont visibles sur You Tube, notamment un extrait tiré d’un documentaire sur la réalisation du film à Berlin (Man at the wall, The Making of ’Funeral in Berlin’). Certains cadrages mettent particulièrement en valeur la dimension inquiétante du mur construit huit ans auparavant.

La Trümmerliteratur

Si les romans et le cinéma permettent une approche par le biais de la guerre froide et du récit d’espionnage, le cinéma permet aussi de revenir sur le Berlin en ruines de l’immédiat après-guerre.

  • Les assassins sont parmi nous (Die Mörder sind unter uns, 1946). Ce premier film allemand produit après la chute du régime hitlérien par la DEFA (Deutsche Film-Aktiengesellschaft qui sera l’organisme de production cinématographique d’État de la RDA) montre Berlin dévastée.
  • Berlin-Express de Jacques Tourneur (1948) : le film offre des plans en grand angle de Berlin en ruines (ainsi que de Francfort).
  • A foreign Affair (La scandaleuse de Berlin), comédie de Billy Wilder (1948), film tourné en décors naturels, dans le Berlin de 1948.
  • Allemagne, année zéro , Roberto Rosselini, (1948).

Die Mörder sind unter uns, 1946

Ces films qui montrent Berlin en ruines permettent d’introduire la notion de trümmerphotographie ou de trümmerlitteratur (photographie des ruines, littérature des ruines), que l’on peut explorer du point de vue romanesque à travers, par exemple, les romans de Heinrich Böll, Der Engel schwieg, (Le silence de l’ange) (écrit entre 1945 et 1949, inédit jusqu’en 1992) et Haus ohne Hüter, 1954 (Les Enfants des morts).

La « wendeliteratur »

La chute du Mur (9 novembre 1989) et la « réunification » (3 octobre 1990) ont donné naissance à un genre romanesque nouveau :

  • le « wenderoman », le roman du « tournant » qui rend compte des bouleversements provoqués par la fin de la RDA.
  • A ce sujet, lire Wenderoman, le roman de la RDA de Marie Hélène Queval, Presses Univeristé Paris-Sorbonne, 2011, étude à la fois littéraire et historique qui analyse les enjeux de ce nouveau genre.

On désigne aussi ce courant sous le nom de « Wendeliteratur » : « littérature du tournant ».

Pour appréhender la notion de « roman du tournant », voici cinq propositions de lecture :

Avant la chute du mur :

  • Christa Wolf : Der Geteilte Himmel, 1963, (Le Ciel divisé, Stock, 2011).
  • Peter Schneider : Der Mauerspringer, 1982, (Le sauteur de mur, Grasset 1983, Cahiers rouges, 2000)).
  • Le prolongement cinématographique peut se faire avec le film de Wim Wenders, Les Ailes du désir , (1987), dont le synopsis a été co-écrit avec l’écrivain Peter Handke.

Après la chute du mur : :

  • Christa Wolf : Was Bleibt, 1990, (Ce qui reste), Alinéa. (récit écrit en 1979 et retravaillé en 1989 et relatant la journée d’un écrivain surveillé par la Stasi).
  • Peter Schneider : Eduards Heimkel, 1999, (Chute libre à Berlin, Grasset, 2000).
  • Sven Regener, Herr Lehman, 2001, (Seuil, 2004).

Par ailleurs, le Goethe Institut de Bordeaux a mis en ligne une riche bibliographie commentée sur la chute du Mur et l’unification de l’Allemagne vues par les écrivains.

La littérature du tournant trouve son prolongement au cinéma avec Good Bye Lenin de Wolfgang Becker (2003), et La Vie des autres de Florian Henckel Von Donnersmarck (2007).

La génération « Trabant »

Pour découvrir enfin les écrivains nés dans les années soixante en RDA (la Génération Trabant) : voir l’article de Anne Lemonnier-Lemieux mis en ligne par l’Université de Lorraine (Nancy2) : « Le deuil de la RDA chez quelques jeunes auteurs des nouveaux Bundesländer : Annett Gröschner, Katrin Askan, Jana Hensel ».


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