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B2i et CDI : où en est-on dans l'Académie ?

Journées de regroupement des documentalistes juin 2007
Compte rendu des ateliers B2i

L'atelier s'est déroulé de la même façon pour l'ensemble des quatre journées :

  • dans un premier temps, une présentation générale du B2i par Danielle Folliet, personne ressource pour la mise en place du B2i dans l'académie,
  • témoignages de documentalistes de l'académie sur les expériences autour du B2i dans leurs établissements.

Ces témoignages étaient souvent similaires, et plutôt que faire un compte rendu de ceux ci, il nous a semblé plus intéressant d'essayer de dresser une typologie des expériences passées ou en cours.

Plan du compte rendu :

  1. Rappel des fondamentaux du B2i
  2. Quelle place pour le professeur documentaliste dans la mise en place du B2i ?
  3. Les activités les plus fréquentes : la communication et la validation
  4. Quelles pistes pour la mise en place du B2i dans votre établissement
  5. Sitographie
  6. Documents : tableau synoptique du B2i école, collège et lycée par domaine - Fiche d'activités DP3H - questionnaire pour les valider les items du domaine 2

1-Rappel des fondamentaux du B2i :

  • Le B2i repose sur l'utilisation raisonnée et autonome des TICE.
  • Le B2i a pour philosophie :
    • d'élever le niveau général de l'utilisation des TICE, d'éviter la fracture numérique
    • d'inciter à utiliser les TICE dans les enseignements, conformément aux programmes. Les TICE sont mentionnées dans toutes les disciplines
    • de favoriser une approche pédagogique modifiée tant au plan matériel que conceptuel dans par exemple un travail par projet
    • d'instaurer un véritable travail d'équipe. Tous les membres de l'équipe éducative sont concernés par la validation.
  • Les TICE sont un outil au service des apprentissages et non une «discipline informatique » en plus des enseignements.
  • Le B2i fait partie du nouveau brevet national des collèges (J.O. n ° 113 du 16 mai 2007).
  • Le B2i n'est pas un diplôme mais une attestation. Il n'y a donc ni épreuve ni examen organisé.
  • La validation se fait sur les 5 années de l'école primaire pour le B2i école, sur les quatre années du collège pour le B2i collège et sur les trois années du lycée pour le B2i lycée.
  • Pour obtenir le B2i l'élève doit valider 80% des items répartis dans chacun des cinq domaines de compétences.
  • L'élève participe à son évaluation en appréciant lui-même son degré de maîtrise des compétences : « je suis capable de », principe nouveau et intéressant à mettre en place.

Il est rappelé que les connaissances, les capacités et les attitudes attestées pour le B2i collège sont au service du socle commun.
La présentation complète du B2i faite par Danielle Folliet est disponible sur le site pédagogique de l'académie.
Ci joint, un tableau synoptique du B2i école collège et lycée domaine par domaine.

2-Quelle place pour le professeur documentaliste dans la mise en place du B2i?

Les documentalistes qui ont témoignés se positionnent de deux manières :

  • ils sont acteurs principaux de cette mise en place et participent ou ont participé à des groupes de travail au sein de l'établissement pour réfléchir à ce B2i. Il s'agit souvent d'initiative personnelle, de documentalistes qui considèrent qu'il est important de s'occuper de ce sujet. Ces documentalistes sont souvent bien impliqués au niveau informatique dans leur établissement, sinon le documentaliste s'associe à un groupe de travail dynamique sur le sujet alors qu'il a des compétences informatiques limitées mais il peut apporter son expérience de l'interdisciplinarité à ces collègues.
  • le documentaliste n'intervient qu'après la première phase de mise en place, lorsque les questions de modalités pratiques ont été réglés et que le groupe de travail (les responsables B2i de chaque classe avec le chef d'établissement) demande aux autres professeurs de s'impliquer dans la validation des compétences du B2i. Le documentaliste prend alors en charge la validation des items qui le concernent le plus fréquemment, à savoir « Adopter une attitude responsable » (domaine 2) et « S'informer, se documenter » (domaine 4).

Cette distinction entre deux types de positionnement est importante parce que l'idée qui circule souvent est que les documentalistes impliqués dans le B2i sont des « pionniers », des « doués en informatique », alors que dans la réalité, beaucoup de documentalistes n'interviennent dans le B2i qu'au même titre que les autres professeurs.

3-Les activités les plus fréquentes : la communication et la validation
la communication

Le témoignage des documentalistes est donc différent selon la manière dont ils interviennent. Vu le développement encore limité du B2i dans les établissements scolaires, il ne faut pas négliger le travail des documentalistes qui participent à la phase de mise en place, en communiquant autour du B2i par la réalisation d'affiches avec présentation des items à valider, par exemple, ou encore en diffusant le livret de compétence à l'ensemble des professeurs et en le faisant reproduire dans le carnet de correspondance afin que les élèves comme leurs familles sachent ce que l'on attend d'eux.

La communication est essentielle parce que beaucoup de professeurs ne se sentent encore pas concernés par le B2i, voire même, n'ont pas les compétences pour valider le B2I, ce qui parfois conduit à des situations paradoxales. Exemple, une collègue de lycée a accueilli dans son établissement une stagiaire en informatique. Il lui a été demandé de réaliser un QCM pour les élèves, afin qu'ils prennent connaissance du B2i et qu'ils évaluent leurs compétences. Chaque question se rapportant à un item du B2i, si l'élève obtient 80% de bonnes réponses il obtient un « B2i virtuel ». Si ce n'est pas le cas, le programme lui indique les domaines où il a échoué. Lorsque ce QCM a été proposé aux professeurs, la grande majorité n'a pas obtenu son « B2i virtuel... », ce qui en soit n'est pas très grave, un professeur peut au départ choisir de ne valider que les compétences qu'il domine bien.

Enfin, la communication est essentielle pour que les élèves arrivent à prendre conscience de la nécessité de ce brevet et surtout des compétences qu'ils ont à acquérir. Une trop grande majorité d'élèves pense avoir les compétences et n'avoir rien à apprendre au niveau de l'utilisation de l'informatique et d'Internet. Là encore, une collègue documentaliste relate l'expérience suivante : un questionnaire a été distribué à des élèves de 3e qui leur présentait les items du B2i collège et leurs demandait s'ils les maîtrisaient : 90% ont répondu oui à tous les items !
La réalité est bien autre puisque s'il est vrai qu'il existe, autant au collège qu'en lycée, des élèves experts, il y en a beaucoup (la majorité ?) qui possèdent des connaissances fragmentaires, souvent incomplètes. Incomplètes et surtout ne leur permettant pas d' avoir «  un usage sûr et critique des techniques de la société de l'informatique », objectif que porte le B2i dans la « volonté de donner du sens à la culture scolaire fondamentale » comme indiqué dans la mise en oeuvre du socle commun.

Le questionnaire semble interessant lorsqu'il ne pose pas de questions directes (du type : savez vous utiliser les moteurs de recherche) mais lorsqu'il permet d'évaluer l'état des connaissances (par exemple : citez deux moteurs de recherche) et plus encore, lorsqu'il permet de faire prendre conscience des pratiques (par exemple, la question permet de prendre conscience à l'élève qu'il n'utilise toujours qu'un seul moteur de recherche). Une façon de faire et d'imaginer ces questions en fonction des items à valider (une question = un item). Cela permet de rendre efficace l'auto évaluation et de simplifier l'évaluation finale. Voici un exemple de questionnaire pour le domaine 2 : "Adopter une attitude respoonsable" (7 items à valider) : avec questionnaire soumis aux élèves et tableau de correspondance entre les questions et la feuille de positionnement.

Pour ce qui est de la validation, là aussi il faut distinguer :
les collègues qui n'interviennent que pour valider 1 ou 2 items, généralement dans le cas d'une séance au CDI déjà existante,
les collègues qui participent à la validation de plusieurs items en utilisant le livret de compétence version papier ou le logiciel GIBII.

Voici un exemple de situation:
Une collègue de collège fait réaliser un dossier documentaire à tous les élèves de 3e en liaison avec le professeur de SVT. Pour cela, les élèves doivent se rendre plusieurs fois au CDI pour écouter les consignes autour du dossier documentaire, puis pour faire leur recherche en utilisant les ressources du CDI et d'Internet. Tout au long de leur venue au CDI, la documentaliste observe leurs compétences en informatique. Elle doit valider pour chaque élève le domaine 4 « s'informer, se documenter ». Tout au long du travail des élèves, elle garde sous les yeux une fiche de suivi pour noter ses impressions sur les élèves puis au moment de la correction des dossiers, en même temps qu'elle valide les compétences documentaires des élèves, elle attribue ou non la certification pour les items dont elle a la validation.

Autre exemple :
Dans un collège de l'Ain le livret papier est distribué à chaque élève. L'élève doit garder celui-ci durant l'ensemble de sa scolarité. S'il le perd, il doit en racheter un et perd les items validés. C'est à l'élève de penser à sa validation et de demander aux professeurs de le valider durant les séances de travail. En pratique, certains items sont plus accessibles pour les 6e et les 5e et d'autres à des 4e ou des 3e, mais si l'élève fait la preuve de sa maîtrise, alors il peut faire valider l'item qu'il veut.
La documentaliste valide donc des items au coup par coup lorsque les élèves viennent travailler en autonomie au CDI ou par groupe lors d'une séance spécifique.


4-Quelles pistes pour la mise en place du B2i dans votre établissement :

Le partage des expériences permet de dégager quelques pistes pour les documentalistes qui se sentent démunis face à la tâche et surtout pour ceux qui exercent dans des établissements où il n'existe aucune mise en place du B2i.

A-Ce qui paraît essentiel, c'est d'abord qu'il y ait un groupe de travail autour de ce B2i. Celui-ci doit être constitué de représentants de l'administration et de quelques professeurs, et non exclusivement du documentaliste et du professeur de technologie.

B- chaque professeur de l'établissement doit étudier l'ensemble des items à valider et se demander lesquels il est prêt à valider, pour lesquels il croit avoir les compétences de validation. Chaque professeur doit s'attribuer au moins deux items.

C-Après avoir choisi les items qu'il veut valider, le professeur doit regarder quand il pourrait les mettre en situation pédagogique. L'important est de partir de l'existant. Pour les professeurs documentalistes c'est là un travail plus simple que pour d'autres professeurs puisque ils sont habitués à valider plusieurs compétences en même temps. Par exemple, lors d'une recherche documentaire, ils valident des compétences disciplinaires, et des compétences documentaires. Dans le cadre du B2i, il faut alors valider des compétences informatiques. Les documentalistes doivent donc avoir des grilles d'analyses à deux ou trois entrées.

Exemple : Des élèves font une recherche sur Athema au CDI :
1-je valide l'information trouvée,
2-je valide la méthodologie de la recherche employée par l'élève (il a utilisé correctement le dictionnaire, BCDI, Internet...)
3- je valide sa capacité à utiliser une base de données ce qui correspond à l'item...

Exemple pour une recherche dans le cadre de l'option DP3H

D-Ce qui paraît essentiel pour que le B2i soit validé pour l'ensemble des élèves c'est que cela se fasse en situation d'apprentissage. Ce qui paraît essentiel pour que cela ne fasse pas un surcroît de travail pour les documentalistes c'est qu'avant toute chose ceux ci fassent l'état des lieux des items qu'ils valident « à leur issue » actuellement lors des séances pédagogiques, que ce soit lors de l'initiation en 6e ou en 2nde, ou durant des séances de travail autour de la presse, la lecture, la recherche documentaire, etc.

E-Enfin, il paraît essentiel de penser, dès le début, aux moyens à mettre en oeuvre pour la validation. D'après le témoignage des uns et des autres, la validation sur livret papier a des avantages (facilité de transport, détachement de l'outil informatique) et des inconvénients (perte, dégradation...). Le logiciel GIBII (Gestion Informatisée du Brevet Informatique et Internet) développé par l'académie de Bordeaux a été présenté lors de cet atelier. Il permet de valider le B2i (individuellement ou collectivement) mais permet aussi la répartition des items par professeur. Enfin, il permet de constituer une base académique et le dossier B2i de l'élève suit lorsqu'il change d'établissement. Actuellement, les établissements qui désirent utiliser GIBII doivent en faire la demande.

Enfin pour finir voici un témoignage complet d'une documentaliste de l'académie:

« Au sein du collège, nous avons mis en place la validation du B2i depuis sa création, cela n’a pas été sans mal mais  nous avons beaucoup évolué afin de coller au plus près au texte officiel. Au départ, seuls les professeurs de technologie et moi-même validions les compétences,  nous avons même, il y a deux ans, installé le logiciel CAP B2i pour pallier au manque de temps en fin d’année. Mais depuis deux ans nous avons pris l’initiative de donner les carnets de compétences niveau 1 et 2 à tous les élèves, dès leur arrivée en 6ème. Ils conservent le livret dans leur carnet de correspondance et le présentent aux professeurs quand ils estiment savoir faire l’une des compétences mentionnées. Parfois nous fonctionnons différemment, les activités proposées par tel ou tel professeur permettent  de valider différentes compétences. Ca marche plutôt bien, et petit à petit de plus en plus de de collègues se sentent concernés. Je crois qu’il faut parfois « forcer la main », par exemple nous avons demandé aux professeurs principaux de recopier sur le livret la nouvelle version des compétences acquises et notées sur l’ancien livret, nous avions préparé un tableau de correspondance. Chaque fin d’année les livrets sont ramassés. Si un élève perd son livret, il en rachète un  et recommence la validation. Il faut tout de même souligner que nous avons à disposition des locaux adaptés et des ordinateurs en nombre suffisant (16 dans la salle multimédia et autant dans la salle de technologie, 5 au CDI) ».

5- Sitographie :

Educnet : Mise en oeuvre du B2i pour le secondaire : ressources disciplinaires, expérimentation, outils de gestion, textes officiels, ...
Educnet : Attestation, référentiels, mise en oeuvre pour le B2i école, collège et lycée

Savoirscdi : référentiels de compétences
Le B2i dans l'académie de Lyon :nouveautés, principes, bases de ressources dont B2i & CDI
B2i collège dans l'académie de Dijon : des repères, des ressources, des outils
CRDP de l'académie de Nice : B2i et exercices au collège
Aide à la mise en oeuvre du B2i : livret à disposition des enseignants réalisé dans l'académie d'Aix Marseille
Attestations officielles : modèles d'attestation de compétences (Educscol)

vendredi 8/01/10

 

 
 

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